8 septembre 2015

Temps de lecture : 4 min

F**k Brands : la marque qui vous  » nique  » tous…

Jeune marque de casquettes fraîchement lancée cherche à faire parler d’elle… Et le pari de F**k Brands est réussi avec un film audacieux signé BETC, même si…

Jeune marque de casquettes fraîchement lancée cherche à faire parler d’elle… Et le pari de F**k Brands est réussi avec un film audacieux signé BETC, même si…

Non le titre de cet article n’est pas provocateur. Il résume bien la première campagne d’une jeune griffe de street wear prête à croquer Paris pour exister. Et pour se faire, F**k Brands, qui  » nique ton style, ta mode, ta marque  » dézingue à tout va, dans un film, les communautés «  fashion »  ou  « lifestyle » de la capitale et de la banlieue parisienne. Et n’hésite pas à les regrouper dans une seule et même catégorie baptisée : «  les Pourrisiens ». Car tous y passent !  De la petite «  zouze » du neuvième aux gangs de pétasses de Chatelet en passant par les «  connards »  des écoles de commerce ou les hipsters coqueluches. Pas un qui ne soit pas «  gentiment » invité à aller se faire «  niquer » !

Le film est, comme le présente BETC,  » un hybride  » entre création publicitaire et clip vidéo. Un format intelligent et qui a de l’avenir. La réalisation est propre et animée par le rappeur Guizmo qui livre un texte impeccable. Un défouloir sur ces fameuses communautés qui devrait parler à beaucoup de nos semblables fatigués de voir une jeunesse se «  gentrifier ». Le tout est enrobé d’un son percutant et entrainant.  » Etant titulaire d’un diplôme en design et communication visuelle, créer cette « marque » fut pour moi la chance d’exprimer ma créativité sans être cloisonné et bridé comme l’on peut souvent l’être lors de nos études ou pendant nos différentes expériences professionnelles en entreprise. Pouvoir s’exprimer pleinement est un réel plaisir. Mais étant très artiste dans l’âme, je me suis vite rendu compte que je ne pourrais pas promouvoir seul F**K BRANDS. J’ai alors été mis en relation avec l’agence BETC par une amie et mon projet leur a plu. Nous avons donc décidé de collaborer afin de produire cet objet hybride que vous avez pu découvrir aujourd’hui. Cette campagne est bien pensée et parfaitement dans le sujet. Je tiens d’ailleurs a remercier toutes les personnes qui ont contribué à ce que ce projet vois le jour, notamment Catherine Emprin, Cyrielle Debrun et Antoine Clemenceau de l’agence BETC, les réalisateurs Quentin et Julien et sans oublier bien sur GUIZMO ainsi que ces managers Yoni et Willy qui ont aussi cru en mon projet. » explique le fondateur de la marque Mamoun Laraqui

Tout est réuni pour faire de cette création une belle campagne et c’est le cas. Le ton irrévérencieux cache une vraie réalité sociologique qui donne une épaisseur à ce film publicitaire produit par Y&W et Rita Productions. Clairement, cette vidéo orchestré par BETC va fonctionner et faire parler d’elle. Car ce type de campagne audacieuse et impertinente amène une vraie bouffée d’oxygène dans un monde publicitaire, qui malgré les nouvelles technologies et les nouveaux canaux de communication, s’aseptise avec force et sans honneur.

Un discours tronqué

Pourtant derrière la bonne communication de la marque, la réalité est un peu différente. Et là on se retrouve un brin déçu par ce que propose la jeune griffe sur son site  qui est bien loin de se différencier des communautés qu’elle étrille et du discours fort qu’elle prodigue. On constate dans la galerie photos, des clichés de ce qui pourrait ressembler à des petites «  zouz » du neuvième dans une soirée au fameux club du Queen à Paris. Ou bien encore une soirée évènementielle au Maroc où on peut voir fièrement des membres de Sexion D’assault ou du groupe H-ill Tal afficher des casquettes avec en gros le logo de F**k Brands. Pourtant c’est cette même marque qui invite dans le film : «  à  faire niquer tous ceux qui portent des logos pour exister ». A cela on rajoute des casquettes à 50 euros l’unité que seuls un hipster ou un « plouc qui pue le bouc » de skater pourraient payer. Certes les casquettes qui sont made in France ont surtout pour mission d’afficher des « lyrics » percutants tirés du rap US.  » Aujourd’hui, les marques n’existent aux yeux des gens qu’à travers leur logo, le logo peut être considéré comme l’élément le plus important de l’identité d’une marque. Ceci étant dit, on peut donc considérer que F**K BRANDS serait une sorte de « non-marque ». En effet, les textes mis en page sur mes casquettes sont des phrases tellement fortes qu’elles pourraient chacune devenir une marque, le concept est qu’elle puisse être reconnaissable uniquement grâce à la puissance de ces phrases ainsi que la manière dont ces dernières sont mises en espace  » précise M. Laraqui.

Un concept sympathique sans pour autant être innovant et qui pourrait être porté par les personnes décriées. L’idée qui est louable, est de dénoncer les jeunes obsédés par leurs codes vestimentaires et communautaires. F**k Brands veut être comme elle se présente « l’anti-marque, celle qui ne fait pas sa propre pub en utilisant ses clients comme des espaces media gratuits ». Mais quand on a le courage de s’engager avec un discours percutant on fait attention à sa vitrine. L’intention est louable mais c’est raté…  » je ne décrie rien ni personne, tout le monde à sa place et je respecte le travail de chacun, j’ai simplement pointé du doigt certaines différences qui peuvent exister sur le fond, je parle bien du fond, avec les autres marques dites « conventionnelles ». Mon site n’est qu’une vitrine pour mon travail, c’est la forme, il a été fait avec les moyens du bord. C’est évidemment une réflexion que je dois avoir pour l’avenir, comment le faire évoluer et le démarquer des autres tout en collant parfaitement au discours de F**K BRANDS, mais pour l’instant le seul sujet qui compte vraiment ce sont les casquettes, l’artistique.  » rétorque le fondateur.

On peut donc regretter que les faits ne reflètent pas exactement la pertinence de la communication. Surtout quand on a le courage de taper très fort pour se faire connaitre et que cela soit au premier, deuxième ou troisième degré. On a envie de croire Guizmo, soutenir F**k Brands mais la réalité nous rattrape et on constate une fois de plus qu’il n’y a pas de rébellion en vue… Au final, on vous confirme bien que le titre de cet article n’est pas provocateur mais plutôt révélateur…

Clouzard Gaël

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