8 avril 2020

Temps de lecture : 2 min

Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre…

Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens bizarre. Pas à cause de ma santé, merci. Jusqu’à maintenant, ça va, je reste confinée (j’espère que vous aussi) et j’applique tous les gestes barrière. Je me sens bizarre, à cause bien sûr de mon inquiétude pour la santé de ceux que j’aime. Mais aussi parce que je suis totalement dégoûtée devant certains comportements et terrifiée devant l’arrivée d’un monde orwellien, où plus personne ne se touche, ne se parle et où la plupart de nos libertés seraient réduites - peut-être avec raison hélas - pour vaincre ce f.. virus.

Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens bizarre. Pas à cause de ma santé, merci. Jusqu’à maintenant, ça va, je reste confinée (j’espère que vous aussi) et j’applique tous les gestes barrière. Je me sens bizarre, à cause bien sûr de mon inquiétude pour la santé de ceux que j’aime. Mais aussi parce que je suis totalement dégoûtée devant certains comportements et terrifiée devant l’arrivée d’un monde orwellien, où plus personne ne se touche, ne se parle et où la plupart de nos libertés seraient réduites – peut-être avec raison hélas – pour vaincre ce f.. virus.

Cette drôle d’impression a démarré l’autre jour quand je suis sortie, munie de mon autorisation en poche, de mes gants et de mon masque en tissu fait par une amie (désolée, je ne sais pas coudre), et quand j’ai brusquement constaté que la personne qui arrivait en face de moi changeait de trottoir pour ne pas me croiser. Résultat, j’en ai fait autant quelques minutes plus tard. Et nous voilà tous en train de jouer au jeu du « cache-toi, j’arrive ». Drôle de monde où chacun regarde les autres avec méfiance !

Et puis ça a continué quand on m’a dit que le nombre de voisins dénonçant ceux qui sortaient trop souvent, était en train d’exploser.

J’ai ensuite appris que le jour où le déconfinement démarrerait, nous pourrions – peut-être – mettre le nez dehors en portant des badges. L’idée n’est pas stupide, loin de là, mais ça m’a rappelé une période noire de notre histoire…

Et puis il y a eu cette tribune dans le Journal du Dimanche, signée par une dizaine de médecins qui proposaient de développer une IA baptisée CovidIA qui mettrait en oeuvre « des modèles d’intelligence artificielle à partir d’hypothèses de départ sur la maladie, combinées à la fois aux résultats de tests déjà réalisés en France et à des données issues de la géolocalisation contenue dans les téléphones mobiles, de manière contrôlée, anonyme et agrégée ». Les signataires demandaient donc aux autorités que « de manière temporaire et contrôlée, des données de santé et certaines données des opérateurs mobiles soient mises à disposition, après anonymisation et cryptage, sur la base du volontariat, le tout contrôlé par la CNIL et les autorités compétentes ».

« Tous les moyens doivent être engagés pour gagner la guerre contre le virus », affirment les médecins et je suis d’accord avec eux. Mais on le sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions et les périodes de crise sont souvent propices pour écorner nos libertés publiques et individuelles. Certes, il ne s’agit pas chez nous, comme dans plusieurs pays asiatiques de tracer les personnes malades et celles qu’elles ont fréquentées. Mais les Français auront-ils envie de partager leurs données avec le gouvernement pour triompher du Covid-19 ? Aurai-je envie de le faire ? Je me sens de plus en plus bizarre. Et vous ?

 

Musnik Isabelle

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