18 décembre 2023

Temps de lecture : 4 min

Batzair : « Je regrette les amalgames entre les influenceurs et les influ-voleurs »

6,6 millions d’abonnés sur TikTok, 2,35 millions sur YouTube, 1 million sur Instagram... Batzair est un acteur majeur de l’influence aujourd’hui en France. Ces vidéos potaches et bon enfant plaisent aux internautes et aux annonceurs. Ce créateur de contenus, qui préfère se définir comme un vidéaste plutôt qu’un influenceur, nous explique les raisons de son succès en toute franchise. Une qualité plutôt rare dans ce secteur...

INfluencia : Pourquoi et comment vous êtes-vous lancé sur les réseaux sociaux.

Batzair : j’ai toujours été passionné par les vidéos. C’est un réel kif pour moi. J’ai commencé par en faire pour moi-même avant de continuer durant mes études à la Burgundy School of Business de Dijon. Pour pouvoir se consacrer à plein temps à cette activité, il est toutefois nécessaire de générer des revenus mais quand je me suis lancé, il existait de grosses barrières à l’entrée sur YouTube. De gros créateurs avaient déjà d’importantes communautés et sur ce réseau, il est nécessaire d’avoir beaucoup d’abonnés pour être vu. Les vidéos diffusées étaient également de super qualité et il était difficile pour un inconnu comme moi de se faire repérer sur cette plateforme. Deux coups de pouce du destin m’ont néanmoins permis de passer ces handicaps et de me faire une place sur le net.

IN : Pouvez-vous nous en dire plus ?

B. : L’arrivée de TikTok a tout changé car ce réseau est basé sur la découverte et non pas sur des communautés d’abonnés. Beaucoup de gens peuvent ainsi visionner vos vidéos sans vous connaître au préalable. Je me suis lancé sur cette plateforme en 2019 quand elle commençait à peine en France. A la fin de mes études en école de commerce, je me suis donné 6 mois pour voir si je parviendrai à gagner ma vie sur les réseaux. C’est à ce moment-là qu’un deuxième coup du destin m’a souri : le confinement

IN : la pandémie a donné un sérieux coup de pouce aux créateurs de contenu sur la Toile…

B. : et comment… Durant le confinement, tout le monde s’est retrouvé sur TikTok. J’ai tout de suite compris que cette période représentait une véritable aubaine pour moi. Pour bâtir ma communauté, j’ai donc publié une vidéo par jour en contenu vertical. Mon nombre de vues a progressé crescendo. J’étais en apnée complète pendant cette période car je n’arrêtais pas de produire mais six mois après la fin de mes études, j’avais déjà 250.000 abonnés sur TikTok. C’est à ce moment-là que j’ai décroché mes premiers contrats avec des annonceurs.

IN : quelles ont été les premières marques à vous faire confiance ?

B. : j’ai commencé avec des marques assez stylées comme Samsung et Playstation. J’étais plutôt content. Mes premiers contrats ont été décrochés par l’agence qui me représentait à l’époque mais avec laquelle je ne travaille plus aujourd’hui. J’en ai essayé deux autres avant de rejoindre Webedia l’été dernier.

IN : avez-vous accepté toutes les offres de collaboration que l’on vous a proposé ?

B. : loin de là. J’ai refusé beaucoup d’offres. Les annonceurs les moins honnêtes visent tout particulièrement les plus petits créateurs de contenu car ils savent qu’ils recherchent des financements pour subsister. Vous ne vous imaginez pas toutes les propositions louches qu’on vous propose. Du name-dropping aux sociétés qui ne vous enverront jamais les produits que vous avez commandé en passant par les soi-disant entreprises qui n’ont même pas d’existence juridique… Les arnaques sont nombreuses. Je passais beaucoup de temps à faire des vérifications avant d’accepter une collaboration. Maintenant, ce sont les équipes de Webedia qui font ce travail pour moi.

IN : la nouvelle loi censée réguler le marketing d’influence va donc plutôt dans le bon sens, selon vous…

B. : clairement. Cette loi a permis de donner un coup de pied dans la fourmilière en filtrant les créateurs qui acceptaient toutes les dérives et les abus. Je regrette néanmoins toujours les amalgames que certaines personnes font entre les influenceurs et les influ-voleurs. C’est pour cette raison que je préfère me définir comme vidéaste plutôt qu’influenceur.

IN : avez-vous ressenti un recul de l‘intérêt des marques suite aux scandales qui ont frappé ce secteur ?

B. : pas vraiment. Je reçois toujours pas mal d’offres.

IN : quels sont les critères que les annonceurs prennent en compte pour choisir un créateur plutôt qu’un autre ?

B. : au début, le nombre d’abonnés était le critère de référence mais la communauté n’est plus aujourd’hui l’unique indicateur de notoriété. Les marques analysent aussi beaucoup le nombre de vues et la qualité des vidéos mises en ligne.

IN : comme certains gros créateurs, avez vous réuni autour du vous toute une équipe qui vous aide à produire et à diffuser vos vidéos ?

B. : pas vraiment. Webedia m’aide pour gérer mes relations avec les annonceurs. Il me fournit aussi une aide technique pour produire mes vidéos plus longues que je poste sur YouTube. Après mes débuts en autoentrepreneuriat, j’ai fondé une SARL il y a deux ans mais je n’emploie personne à temps plein. Pour préparer les nouvelles vidéos courtes et verticales que je diffuse tous les deux jours et ma vidéo plus longue hebdomadaire sur YouTube, j’utilise parfois des freelances comme un monteur ou un beatmaker.

IN : est-il important d’être présent sur tous les principaux réseaux sociaux comme vous l’êtes depuis vos débuts ?

B. : c’est même primordial car cela vous permet de diversifier votre public et de toucher davantage de communautés. Lorsque je demande aux internautes les plateformes sur lesquelles ils visionnent mes vidéos, ils me répondent généralement TikTok ou YouTube mais pas TikTok et YouTube. Cela montre bien que les gens ont leur réseau préféré qu’ils quittent rarement. Les vidéos verticales sont également du pain béni pour nous car elles nous permettent, en quelques clics, de diffuser les mêmes contenus sur plusieurs réseaux et donc de toucher davantage de communautés sans rien avoir à faire en plus.

IN : comment peut-on « vieillir » sur les réseaux et rester dans le coup année après année ?

B. : : j’ai tout juste 27 ans donc je suis encore jeune. Au fil des années, je m’aperçois toutefois que mes objectifs évoluent. Au début pendant le confinement, je cherchais seulement à produire et à produire encore. Aujourd’hui, je tente de me diversifier davantage. Cela passe par les vidéos plus longues que je propose sur YouTube. J’ai aussi lancé des formats physiques comme un agenda ou un jeu et je prépare actuellement une bande-dessinée. Je ne me ferme aucune porte. J’ai tenté le stand-up mais cela ne m’a pas plu. Si demain, on me propose de l’acting ou du doublage, j’essaierai et je garderai ce qui me fera kiffer.

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