20 novembre 2011

Temps de lecture : 3 min

Barclays investit dans la télé-réalité

Avec l’aide de la chaîne anglaise Channel 4, la banque vient de lancer une compétition doublée d’un divertissement. Une émission qui pourrait redorer le blason du secteur bancaire auprès de l’opinion publique…

Et avec 20 000 livres (23 350€) vous feriez quoi ? Non,  encore mieux, vous avez une bonne idée? Ca tombe bien, Barclays a 20 000 livres à dépenser!

La banque britannique fondée en 1896 vient de lancer avec Channel 4 «The Stake» (l’enjeu), une émission de télé-réalité, dans laquelle des jeunes âgés entre 16 et 21 ans ont la possibilité de proposer des idées susceptibles de devenir un business florissant.

Tout projet est recevable! Depuis un élevage de lions en Europe pour les vendre ensuite, à un transmetteur qui indique aux aveugles les commerces londoniens, aucune idée n’est pour l’instant mise en côté. Les concurrents peuvent s’inscrire via la page Facebook ou directement sur le site. Ils devront respecter un parcours simple et intuitif qui les aidera à expliquer et développer leur idée avant qu’elle ne soit acceptée par les organisateurs.

Le site de l’opération est rempli d’informations et de conseils ayant pour but la réflexion autour de son idée. L’interface aide les concurrents à se poser les bonnes questions pour construire son projet en évitant une forme d’optimisme aveuglant.

Cette graine d’entrepreneurs a jusqu’au 23 décembre pour déposer son dossier et aussi fédérer sa communauté qui pourra l’encourager via un vote pris en compte lors du choix final. Une shortlist désignera les 20 meilleures idées sélectionnées par un jury d’experts issus de Barclays et Channel 4. On imagine aisément, la vingtaine de jeunes sélectionnés passer un Noël paré d’un sourire plein d’espoir.

Et au final, il n’en restera plus que six! Six jeunes et leurs projets qui seront dévoilés mi-janvier 2012. Chacun d’entre eux recevra 20 000 livres et les conseils avisés de la banque pour lancer leur petite entreprise qui, on l’espère, ne connaîtra pas la crise… Channel 4 lors de la présentation du programme estimait que: «Stake est une bonne façon de montrer aux adolescents anglais qu’il est possible de monter son entreprise sans laisser de côté le volet social et surtout la bonne humeur et la passion».

Pour Barclays c’est une aussi une belle opération qui reprend les ficelles sociales, communautaires et économiques développées par d’autres marques comme Pepsi et son «Pepsi Refresh Project » ou encore Starbucks et son «Jobs for USA» qui fait actuellement grand bruit aux Etats-Unis. La banque qui fait partie du «Big Five» anglais voit en ce projet une belle opération de reconquête d’une cible jeune et désenchantée par le système bancaire, et qui à ses yeux est la cause de tous les problèmes des sujets de sa Majesté.

Mais avec un volet participatif et communautaire, une présence ludique et pédagogique sur Internet et un show télé à la Secret Story, la marque Barclays devrait voir sa côte de popularité augmentée auprès d’une génération jeune et qui commence à se frotter aux réalités économiques.  «The Stake» est le dernier né et le plus médiatique des projets issus du programme d’aide de la banque intitulé «Barclays Money Skills programm» qui a pour vocation d’être un tremplin pour les jeunes entrepreneurs.

«The Stake» est une recette intéressante pour les banques du monde entier. Ce type de programme montre surtout qu’un institut bancaire peut aussi être à l’écoute, et amener le meilleur de lui-même qui se traduit par de l’écoute, des conseils et une main tendue à une génération en manque de repère mais aussi de mentor… Une banque peut-elle devenir incontournable dans l’éducation économique d’un pays? C’est du moins ce que croit le co-fondateur de Livity, une des entités du groupe en charge de «The Stake», Sam Connif, qui dans le Guardian affirmait : «Nous essayons de sauver le monde avec le marketing».

Des propos qui auront une réelle signification quand le concept de «The Stake » deviendra un standard à la portée de tous et non pas uniquement une  opération intelligente de communication…

Gaël Clouzard
Source: group.barclays.com / Reuters.com

La rédaction

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