9 novembre 2010

Temps de lecture : 2 min

Une balle dans le papier

INfluencia croit dans les vertus de la presse. Papier, électronique… Les mots ne sont pas des maux. Plus les media sont nombreux, plus ils éveillent des consciences. Mais leur nécessité doit être une évidence. Xavier Dordor, délégué général publicité et marketing du SPM, ne mâche pas ses mots.

INfluencia croit dans les vertus de la presse. Papier, électronique… Les mots ne sont pas des maux. Plus les media sont nombreux, plus ils éveillent des consciences. Mais leur nécessité doit être une évidence. Xavier Dordor, délégué général publicité et marketing du SPM. ne mâche pas ses mots.

Il est parfois surprenant de voir les journalistes professionnels des media déjà naturellement pessimistes sur l’avenir des media traditionnels et tout particulièrement de la presse, se tirer une balle dans le pied dans un comportement assassin voire suicidaire. Ainsi cette semaine, Stratégies Newsletter reprend une carte nécrologique déjà assez caricaturale de la presse publiée par l’institut Future Exploration Network. La newsletter titre sa brève, “Feue la presse écrite” et annonce la mort de la presse pour 2019 en France. Lisons la source et constatons: l’étude évoque la mort de la presse quotidienne en France pour 2029. Editeurs, journalistes, vous venez de gagner dix ans. Ouf!
REtrouvez l’intégralité de l’étude:  newspaper_extinction_timeline.pdf “Etats Unis, la presse sera “morte” d’ici dix ans”, titrait cette semaine la Correspondance de la Presse. Chronique d’une mort annoncée. Est-ce contagieux? Ou se sont-ils donné le mot? Au choix. Ici, la bévue est différente: le journaliste reprend une étude Harris Interactive US qui pose la question suivante à quelque 2095 internautes (nous nous sommes procurés l’étude): face à l’assertion “Les médias traditionnels tels que nous les connaissons n’existeront plus dans 10 ans”, 55 % des Américains partagent cette opinion. Le journaliste de commenter le sondage par cette phrase: “55 % des Américains estiment que la presse écrite sera morte d’ici dix ans”. L’étude parle d’existence des media tels que nous les connaissons, (“as we currently know”) et la question ne focuse nullement la presse: le sondage porte sur les media traditionnels, en citant la presse et la TV. Tout d’abord vous aussi, auriez-vous sans doute pu répondre ainsi, compte tenu de l’évolution du panorama média et de la nécessité pour les médias de se réinventer, ce que TV et presse ont largement compris. Sans pour autant évoquer une mort inéluctable. Pourquoi ensuite une telle volonté assassine ou suicidaire sur la presse? Surtout que cette même étude dont je vous conseille la lecture du communiqué original en anglais est plutôt révélatrice de la consommation d’informations en presse et à la TV, montrant leur rôle spécifique. Ainsi “81% des Américains pensent-ils qu’il y aura toujours besoin de journaux imprimés même si l’information papier continue à décliner à l’avenir”, 67%  des mêmes Américains affirment préférer s’informer par les médias traditionnels (print et TV)… Bonne nouvelle, les jeunes (18-34) dans ce même sondage, même s’ils sont clairvoyants sur le transfert de l’information et sont attirés par les news on line, se déclarent plus volontiers consommateurs de news dans les quotidiens ou les magazines que leurs aînés. Alors pourquoi (se) tirer une balle dans le papier. Assassin ou suicidaire? Non s’afficher “mainstream” quitte à s’affranchir de la réalité des études!

Xavier Dordor
délégué général publicité et marketing du SPM Mkg&Pub.

La rédaction

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