11 mai 2021

Temps de lecture : 3 min

Art Can Die Coin : la cryptomonnaie mécène, qui secourt des artistes

Art Can Die Coin n’est pas le titre d’un James Bond qui aurait échappé à notre vigilance… Mais bien un mécène d’un genre nouveau. Lancée officiellement le 19 mai, Art Can Die Coin va financer des projets artistiques. Des investisseurs ont déjà dépensé plus de 300.000 dollars pour acheter cette cryptomonnaie. Prometteur…

Et si les cryptomonnaies pouvaient servir à soutenir de bonnes causes et non pas seulement à spéculer et à faire un bras d’honneur aux institutions financières ? Les monnaies virtuelles connaissent un succès sans précédent depuis quelques mois. Bitcoin, Ethereum, Binance Coin, Dogecoin, Cardano, Tether, XRP, Polkadot… Le site coinmarkercap.com en a répertorié plus de 5030 dans le monde.

La quasi-totalité d’entre elles reposent sur deux principes. « Il y a les cryptomonnaies pures comme le Bitcoin qui permettent de regrouper, d’ordonner et de réaliser des transactions sans l’intervention d’organismes financiers tels que des banques et sans utiliser les devises officielles comme le dollar et le yen, assure Jean-Marc Goossens. Il y a aussi les « cryptos pour les cryptos » qui cherchent uniquement à améliorer leur propre écosystème en essayant de devenir la plateforme la plus rapide ou la mieux sécurisée. Nous, nous avons souhaité créer une cryptomonnaie qui soit connectée aux individus qui l’utilisent. Nous nous sommes placés dans une niche dans laquelle il y a très peu de concurrence. » Cet avocat basé en Thaïlande connaît bien ce sujet. Il a fondé avec un partenaire le réseau 4Blockchainers.com qui regroupe des experts spécialisés en blockchain, une technologie de stockage et de transmission d’information.

Répondre à un besoin vital

La cryptomonnaie que cet expert belge vient de créer et qui sera officiellement lancée, le 19 mai, sur la plateforme Latoken s’appelle Art Can Die Coin. Son objectif est de financer des projets artistiques. Pour ses fondateurs, leur initiative répond à un besoin urgent pour ne pas dire vital.

« Nous estimons que l’Art avec un grand A est en danger et que « l’Art peut mourir », juge Jean-Marc Goossens. Nous vivons une époque où tout doit aller vite et générer un maximum de profit le plus facilement possible. Il existe heureusement toujours de grands artistes mais il est pour eux très difficile de trouver les moyens financiers et le temps nécessaire à l’expression de leurs talents. Pour l’investisseur en art, il est également très compliqué actuellement de faire la distinction entre un art éphémère dont la valeur risque de chuter aussi vite qu’elle était montée et un art qui au contraire verra sa valeur amplifiée par l’épreuve du temps. » Sa cryptomonnaie résoudrait, selon l’avocat, ces deux problèmes en donnant aux artistes les moyens de s’exprimer librement.

Sauver l’art

L’entrepreneur ne manque pas d’ambitions. Son projet prévoit en effet d’émettre un… milliard de Art Can Die Coin avec une valeur de départ fixée à 90 cents de dollar. Penser récolter 900 millions de dollars peut paraître un brin optimiste. L’avocat en a bien conscience. « Nous aimerions rassembler 20 à 50 millions de dollars d’ici deux ou trois ans mais tout peut aller si vite dans ce secteur. » Avant même son lancement sur Latoken, certains contacts proches des fondateurs de cette devise virtuelle ont déjà montré leur intérêt.

Trois projets dans les cartons

Une série télévisée intitulée « Noir » dont le script a été écrit, la musique originale enregistrée et le réalisateur désigné a déjà été financée à hauteur de 250.000 dollars par Art Can Die Coin. La création inspirée de l’Arche d’Alliance, « The New Ark », qui émettra des sons et des lumières qui varieront en fonction des connexions des différents internautes qui la regardent et qui est destinée à parcourir le monde de musée en musée a reçu pour sa part 50.000 dollars. Le troisième projet soutenu par la nouvelle cryptomonnaie vise à financer l’exposition dans plusieurs galeries d’art européennes de tableaux de l’artiste peintre thaïlandaise Taychamaythakool . Tous ces projets ont été sélectionnés par le directeur artistique d’Art Can Die Coin. Plasticien, cinéaste, danseur, metteur en scène et chorégraphe, Wayn Traub est un artiste expérimental très reconnu.

L’art et l’argent ont souvent fait bon ménage. De nombreux créateurs ont été soutenus par des grandes fortunes comme les Médicis, les Guggenheim et les Rothschild. Pour financer leurs projets, les artistes pourront-ils aussi bientôt compter sur l’aide des cryptomonnaies ? Le succès ou l’échec d’Art Can Die Coin nous le dira…

Therin Frédéric

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