8 novembre 2021

Temps de lecture : 3 min

A+P. : La charge sans appel de 30 millions d’amis. Âmes sensibles…

La présidente de la fondation 30 Millions d’amis, Reha Hutin frappe fort en interpellant l’ensemble de la classe politique sur ce qu’elle nomme sa lâcheté à l’égard de toute maltraitance animale. Le film signé A+P, réalisé par Bruno Aveillan est glaçant. La parole à celle qui, loin d’avoir froid aux yeux, devient, l’accusatrice prête à tout pour que les droits des personnes animales soient respectés.

IN. : vous lancez aujourd’hui un film « coup de poing », L’Appel. L’abandon des animaux laisse la place à la maltraitance sous toutes ses formes… Pourquoi ?

Reha Hutin : depuis que nous travaillons avec Altmann+Pacreau, nous avons fait trois films. (NDLR : We are the champions, Innocents et ce dernier L’Appel). C’est vrai que nous avons toujours défendu la cause des animaux de compagnie dans nos campagnes, mais aujourd’hui j’estime que le rôle de notre fondation est majeur pour combattre toute maltraitance animale, dans la mesure où nous le faisons quotidiennement. C’est le moment ou jamais. Les politiques sont en campagne, nous voulons les interpeller, les voir agir et faire en sort qu’ils cessent de faire des promesses…

Version longue du film L’Appel

IN. : comment décide-t-on d’agir pour d’autres causes, alors que dans les esprits, vous êtes… 30 millions d’amis ?

R.H. : cela nous a semblé évident. Une question de timing à la fois lié au Covid et aux prochaines élections…

IN. : vous dites que la pandémie a eu des effets dévastateurs sur les abandons…

R.H. : oui, le bilan a été très lourd puisque entre mai 2019 et mai 2021, il y a eu +7% d’abandons en plus. Mais cette pandémie a également mis en lumière le sujet du bien-être animal qui est plus que jamais au cœur de l’actualité (loi PPL visant à lutter contre le contenu haineux sur internet). Après 3 films sur l’abandon qui ont su émouvoir, scandaliser l’opinion publique et générer des millions de vues, cette année la Fondation 30 Millions d’Amis a décidé d’aborder plus largement sa mission de défenseur de la cause animale.

IN. : diriez-vous que vous êtes en campagne, vous aussi ?

R.H. : nous prenons la parole au moment où l’opinion est chaque fois plus consciente des abus que subissent les animaux, notamment grâce aux réseaux sociaux. La Fondation 30 Millions d’Amis agit sans relâche depuis de nombreuses années comme le défenseur de tous les animaux au travers de multiples combats. Nous avons voulu profiter de ce moment crucial pour dénoncer et interpeler les politiques. Il y a 40% de chasseurs en plus sur le sol français depuis 7 ans, 80% des animaux sont issus d’élevages intensifs, en France, 10 000 taureaux sont massacrés au nom de la tauromachie, l’expérimentation animale poursuit son chemin alors que 89% des Français sont pour l’interdiction de cette dernière, enfin, et alors que 67% des Français sont pour la fin de l’exploitation des animaux de cirque, ces derniers continuent d’exister…

IN. : il y a tout de même des avancées… notamment concernant la chasse à la glue…

R.H. : oui mais voyez-vous les politiques estiment encore et toujours que les chasseurs constituent une part importante d’électeurs, et que leurs votes pourraient être décisifs, alors nous décidons de les mettre devant leur veulerie. Prenons simplement l’exemple de la chasse à la glue* et à la colle. Emmanuel Macron a demandé son interdiction en 2020, l’article est maintenu mais il doit passer en première lecture au Sénat… Nous en sommes encore là.

il faudra attendre 2024 pour que les animaux sauvages soient interdits dans les cirques itinérants

Ce n’est qu’en 2024 que la vente de chiens et chats en animalerie sera interdite, il faudra également attendre 2024 pour que les animaux sauvages soient interdits dans les cirques itinérants. Et c’est en 2026 que les delphinariums seront également à l’amende. Quant à la corrida, même si elle attire moins le public, elle est toujours autorisée… La France est en retard. Même en Espagne, il y a des débats autour de la corrida…

*(NDLR, L’article interdisant la chasse à la glu ou à la colle est donc à ce jour maintenu dans le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages avant son examen en première lecture au Sénat. Le Gouvernement en a appelé lors de ces premiers débats à la sagesse de l’Assemblée car il a considéré, et considère encore à ce jour, qu’il appartient à la représentation nationale de trancher sur l’interdiction ou le maintien de ce mode de chasse traditionnel).

version courte

 

Premier film d’Altmann+Pacreau, en 2019, intitulé We are the champions

 

Deuxième film Les innocents, réalisé en 2020 par Maiwen pour A+P.

 

Visuels du film

 

Annonceur : Fondation 30 Millions d’Amis/Agence : Altmann+Pacreau/Directeur de création : OlivierAltmann/Concepteur-Rédacteur: Jack Roman/Directeur Artistique: Charles Schiepan/TV Production: Jessica Piergiovanni/Responsables agence : Claire Roy-Thermes / Clément Bouhana/ Germain Noël/Planning Stratégique: Céline Choueri / Jessica Haton / Pauline Gibert/Production : Quad/Réalisateur: Bruno Aveillan/Musique: Olafur Arnalds, Erla’s Waltz.

En résumé

Deux formats, un 2,35 minutes de (malheur), et 90 secondes pour ce court-métrage qui, une fois, n’est pas coutume, porte bien son nom, puisqu’il « réclame » justice » en plus haut lieu. L’appel secoue et supplie de ne pas être sourds aux violences animales.

Le spectateur est tout d’abord embarqué dans un film de facture classique, qui évoque en quelques secondes l’abandon d’un chien, la nuit, par un homme qui reprend le volant et s’en va… Et c’est là que nous basculons. L’animal émet alors un hurlement, qui va entraîner la plainte lugubre d’un cerf mis à mort par un chasseur, puis le mugissement tragique d’un taureau à terre, le grouinement désespéré de porcs entassés dans des cages d’élevage, le hurlement d’un singe, cobaye d’expériences en laboratoire… Un manifesto dont la musique, une valse triste parcourue de plaintes tragiques, s’attaque à notre lâcheté, réalisé par un Bruno Aveillan sidérant de poésie macabre. Une suite de tableaux difficilement soutenables tant ils incarnent l’inconséquence et la pleutrerie de ceux qui préfèrent passer leur chemin, fermer leurs volets, pour continuer de regarder tranquillement leur film… Comme le suggère la chute du spot. Âmes sensibles s’abstenir.

Cristina Alonso

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