2 février 2012

Temps de lecture : 2 min

Les anti-Starbucks contre-attaquent

Cette année aux Etats-Unis, la Saint-Valentin ne sera pas uniquement la fête de l’amour. La principale association de victimes des armes à feu en lutte depuis 2010, a choisi ce jour médiatique et symbolique pour une grande campagne nationale pour appeler, entre autres, au boycott.

En se déclarant «gay friendly» pour soutenir le mariage homosexuel et en décidant désormais de vendre de l’alcool (vin et bière uniquement à certaines heures), la première chaîne américaine de cafés a monopolisé l’attention médiatique ces derniers mois. Bien évidemment non sans se faire quelques ennemis et susciter la polémique et le débat sur les réseaux sociaux.

Mais ses plus virulents adversaires sont finalement là où elle ne l’attendait pas : sur le port des armes à feu. En l’autorisant dans ses magasins depuis 2010, la marque conforte son image de libertaire.

Pour la National Gun Victim’s Action Council (NGAC), Starbucks mérite une dénonciation d’envergure nationale. L’association appelle au boycott et lance une grande campagneà partir du 14 février, avec comme but déclaré une ambition un tantinet utopique, «éliminer le risque que présentent les armes à feux dans les lieux publics, et faire voter à terme l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation plus saine.»

Pour les défenseurs de l’interdiction du port d’armes, la NGAC propose cinq possibilités d’activisme ponctuel : envoyer un email à Starbucks avec en titre «pas d’armes dans vos boutiques» ou «ne soutenez pas le programme de la NRA» (le lobby pro-armes aux Etats-Unis) ; ne pas consommer ni acheter le moindre produit Starbucks à la Saint-Valentin ; «liker» la page Facebook de la campagne; polluer l’image de la multinationale de Seattle sur les réseaux sociaux et auprès de sa famille et ses amis; télécharger et imprimer le prospectus de l’association et le faire circuler dans les cafés de la marque.

En s’offrant Time Square à New York pour relayer son appel au boycott, la NGAC met le paquet pour embarrasser Starbucks, sans garantie de succès, même après la mort accidentelle d’une cliente le mois dernier sur le parking d’un magasin à Sacramento, en Californie (où le port d’armes dit ‘ouvert’ est interdit).

La bataille de la restriction du port et de la détention des armes à feu aux Etats-Unis est un sempiternel débat au sein du public et au Congrès depuis des décennies. Elle dépasse le simple cadre de Starbucks et sa volonté de ne pas entraver la liberté de ses consommateurs.

D’ailleurs, sur Facebook un compte a déjà été ouvert par les adversaires au boycott, appelant les détenteurs d’armes à soutenir leur Starbucks local. Un tee-shirt a même été conçu pour l’occasion (voir ci dessous). Mais comment dialoguer avec les partisans pro-arme tel que Wayne Lapierre, un des leaders de la NRA qui s’est permis de dire lors d’une convention en 2009: « C’est l’homme qui possède l’arme, qui fait la loi… »

Benjamin Adler

Imaginez les Starbucks de France avec ce type de clientèle…

Tee shirt des défenseurs du port d’armes dans les Starbucks…

La rédaction

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