13 janvier 2014

Temps de lecture : 3 min

L’animal connecté sera-t-il moins bête ?

2014 sera entre autre l’année de la connexion pour… les animaux. Connecter uniquement les humains ne suffit plus. Les petites et grosses bêtes ont aussi le droit d’avoir une vie digitale !

D’après The Telegraph, 11% de nos animaux de compagnie disposaient d’un compte Facebook, Twitter ou YouTube en 2011. Trois ans plus tard, ils ne sont plus uniquement connectés via un anthropomorphisme parfois malsain. Ils sont connectés au sens propre, via un panel de puces et capteurs dont ils sont désormais équipés pour le meilleur ou pour le pire.

Ces derniers mois ont vu l’émergence de plusieurs innovations dédiées à nos amis les bêtes. Parmi elles, Petbit, un bracelet connecté pour les animaux. Celui-ci se fixe sur le collier d’un chien ou d’un chat et fait figure de podomètre. Le propriétaire de l’animal est ainsi informé de son activité physique via une application smartphone. Mais Petbit va plus loin et propose de donner à distance des ordres à son animal, à travers des vibrations. Un procédé qui n’est pas sans rappeler l’une des scènes mythiques du film Les sous-doués.

Le progrès animalier est en marche

Depuis plusieurs mois, d’autres innovations à destination des animaux ont fait leur apparition. L’e-gamelle Pintofeed permet par exemple de nourrir sa petite bête à poils à distance et de programmer ses heures de repas. L’outil de quantified self Whistle offre lui aussi de mesurer l’activité quotidienne de son chien et de son chat et même de partager ces informations avec son vétérinaire. Plus interactif, iPet Companion permet de jouer à distance avec son animal grâce à des jouets robotisés et une webcam. Proposé dans plus de 200 refuges aux États-Unis, le concept permettrait de booster les adoptions et les donations. No More Woof propose quant à lui de réaliser le rêve de beaucoup d’humains : savoir ce que pense son compagnon.  Ce concept analyserait les ondes cérébrales émanant de l’animal et les traduirait en phrases intelligibles transmises via un micro. Au-delà de l’observation pure, on chercherait donc à connaître son toutou et son matou et à créer un lien différent, qui irait plus loin que l’instinct et s’inscrirait dans une démarche plus « humaine » dans tous les sens du terme.

Selon l’Idate et le Nouvel Economiste, « il y avait plus de 15 milliards de “ choses ” connectées à Internet en 2012 contre 4 milliards en 2010. En 2020, il devrait y en avoir 80 milliards. Dans les pays occidentaux, une famille de quatre personnes possède aujourd’hui 10 objets connectés en moyenne contre 25 en 2017, 50 en 2022. » Et ce n’est qu’un début. « Bien des objets de la vie courante seront connectés et il seront bientôt plus nombreux que les hommes. Ce côté invasif aura un impact sur la vie quotidienne », estime Françoise Colaïtis, déléguée adjointe de Cap Digital, pôle de compétitivité numérique basé à Paris. Parmi ces futurs objets, beaucoup devraient être dédiés aux animaux de compagnie. En effet, selon Sarah Rotman Epps, consultante pour Forrester et spécialiste des objets connectés, 35% des consommateurs ayant participé à l’étude « There is no Internet of Things – Yet » publiée par Forrester seraient intéressés par des capteurs qui suivraient leurs animaux domestiques.

Un statut en question

Le meilleur ami de l’homme est aujourd’hui connecté et il est évident que ces innovations sont un grand pas dans la compréhension de l’animal et de ses besoins. Cependant, il est aussi contrôlable à distance, au même titre qu’une voiture ou une télévision. Quelques mois après l’émergence d’un débat sur le statut de l’animal dans la société, l’ironie de la situation peut faire rire jaune. Rappelons que le Code Civil ne prévoit que deux régimes juridiques : celui des « personnes » et celui des « biens » auquel appartiennent les animaux. La technologie place-t-elle donc l’animal et à fortiori, l’animal connecté au même rang qu’un simple meuble ?

Déborah Larue, créatrice de Spanky Few

Crédit photo : No More Woof

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Allô Houston, ici la Terre

La rédaction

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