9 octobre 2013

Temps de lecture : 1 min

Allo, y a quelqu’un ?

Cet été une petite vidéo circulait sur Internet, tournée par Charlene deGuzman, qui voulait tout simplement montrer que le téléphone portable faisait oublier l'existence de la « vraie vie ». Un film sans parole, pas spécialement bien tourné, pas très créatif, et qui va pourtant bientôt atteindre aujourd'hui les 25,5 millions de vues.

En un peu plus de deux minutes,  » I Forgot My Phone  » résume le quotidien d’une jeune femme dont l’entourage est totalement dépendant de son smartphone. Une addiction qui empoisonne sa vie sans que ses proches ne s’en rendent compte : dans les bras de son chéri, au concert, à la table d’un café avec ses copines, dans un square où jouent des enfants, au bowling… Bref, partout.

La jeune actrice américaine a bien visé. Et le nombre d’internautes qui ont cliqué sur sa vidéo prouve bien l’ambiguïté de nos comportements. Nos meilleurs amis que sont les portables sont aussi nos meilleurs ennemis. Un coup je t’aime, un coup je t’aime pas. Un chiffre fait peur: 78 % des moins de 25 ans se disaient dépendants de leur téléphone mobile selon une étude Ifop réalisée en février dernier. Et 57% des jeunes ont besoin de le consulter au moins une fois par heure. Et ça, c’était avant la Galaxy Gear, la fameuse montre téléphone de Samsung, qui vient d’arriver sur le marché. Et bien sûr les lunettes Google…

Mais a-t-on vraiment envie de se défaire de cette addiction, quitte à y laisser un peu de notre humanité ? Certes il est trop tard pour faire machine arrière mais à défaut de rejeter le progrès faisons peut-être en sorte de nous prémunir d’éventuels dangers à venir. Il y a parfois des parallèles à faire avec la cigarette. Car à ses débuts, elle était encensée voire recommandée par des medecins et  » glamourisée  » par le cinéma et la publicité puis les années ont passé et l’humain s’est rendu  compte du mal qu’elle pouvait faire. Doit-on agir de même avec le smartphone ? Apprendre aux consommateurs à l’utiliser avec parcimonie sous peine de grave dépendance… Je vais sûrement en faire bondir plus d’un et même si l’innovation et le progrès que je défends avec vaillance font partie de mon quotidien, j’ai appris avec le temps à percevoir que dans chaque avancée notable il y a toujours un pas en arrière d’effectué…

Dans cette société de la connexion permanente, qui aura le courage -et l’envie- de faire un break ?

Isabelle Musnik

La rédaction

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