10 juillet 2013

Temps de lecture : 2 min

Alerte digitale à Malibu

Dans la guéguerre juridico-administrative qui oppose le plagiste angeleno aux richissimes propriétaires fonciers pour le libre accès aux trésors côtiers de Malibu, une application provocatrice confirme le pouvoir du militantisme digital.

Deuxième attraction touristique de la région de Los Angeles, derrière Disneyland, Malibu dispose d’un pouvoir d’attractivité rare dans les imageries populaires européennes et asiatiques. Pour les chalands de l’étranger facilement impressionnables, l’endroit dégage une magie sans équivalent dans la Cité des anges. Mais pour les milliardaires de la Silicon Valley, comme Larry Ellison, ou de Hollywood, comme le producteur David Geffen, la jouissance de ce trésor ne peut être que censitaire.

Résultat, 32 des 43 km de la cote de Malibu sont privatisés et interdits au public par les richissimes propriétaires des maisons en bord de mer. La loi de l’état stipulant que toute plage est par définition publique, la plèbe se rebelle et prolonge depuis des années un combat juridique qui a fini par désintéresser l’opinion. C’est dans ce contexte que s’invite dans la bataille une nouvelle application militante et provocatrice, Our Malibu Beaches.

Lancée gratuitement le 1er juin sur iOs et disponible en payant sur Android à l’automne prochain – pour 1,99 dollars – la plate-forme mobile se veut la réponse digitale à « un des plus flagrants problèmes de privatisation de l’espace public », comme l’explique au Los Angeles Times sa créatrice Jenny Price. Ecrivain environnementaliste, cette fervente avocate du libre accès pour tous des plages de Malibu, propose une arme qui depuis presque un mois fait trembler les propriétaires ségrégationnistes.

Explorer Malibu en mode Rambo

Plage par plage, Our Malibu Beaches offre un plan de combat détaillé pour l’exploration d’une cote devenue recluse par la force du roi Dollar. L’application met à disposition de ses utilisateurs la carte de toutes les entrées privées maison par maison et les points d’accès cachés aux plages. Elle propose également des conseils pour déjouer les pièges des panneaux d’interdiction de parking et de défense d’entrer, que bien évidemment Jenny Price suggère d’ignorer.

« Avec 15 millions de visiteurs chaque année, Malibu est tout sauf élitiste », s’offusque Arnold G. York, directeur de publication du Malibu Times. « Le problème ici n’est pas l’accès aux plages mais les places de parking », poursuit-il, dénonçant entre les lignes l’ambition et l’intérêt de Our Malibu Beaches. Jenny Price elle préfère rappeler que beaucoup de propriétaires cachent des espaces de parking public par des pots de fleurs géants ou des faux garages. Le village Potemkine fait des émules chez l’Oncle Sam, mais l’arme digitale veille !

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA
Source : LA Times

La rédaction

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