26 septembre 2021

Temps de lecture : 3 min

Alan : la « super app » de santé qui voit grand, très grand.

Fondée il y a tout juste cinq ans, Alan assure déjà 180.000 personnes et le cap du million de membres devrait être atteint dès 2023.

health app

L’argent coule à flots pour Alan. Son business model colle, il est vrai, parfaitement à l’époque et comme ses performances correspondent à la virgule près à ses prévisions, ses actionnaires n’hésitent pas à sortir leurs carnets de chèques pour financer sa croissance.

La jeune pousse spécialisée dans la santé via une assurance 100% digitale vient de lever 185 millions d’euros, permettant à sa valorisation d’atteindre 1,4 milliard d’euros. Index Ventures, Ribbit Capital et le fonds souverain singapourien Temasek qui étaient déjà présents lors du précédent tour de table ont participé à cette opération tout comme le fonds de San Francisco Dragoneer, la société d’investissement de la famille Agnelli, Exor, et le fond new-yorkais Coatue Management qui possède des parts dans plusieurs pépites comme Snap, Spotify ou ByteDance. Après avoir levé 75 millions d’euros il y a tout juste deux ans, la licorne parisienne, qui vend des contrats de couverture-santé aux entreprises de toutes tailles et aux indépendants, est parvenue à rassembler 260 millions d’euros de financement depuis sa création en 2016.

Croissance rapide

La première compagnie d’assurance indépendante à avoir obtenir un agrément d’assureur depuis 1986 s’est développée à un rythme extrêmement rapide.

L’an dernier, son taux de croissance a atteint 100%. Avec plus de 180.000 assurés, 102 millions d’euros de revenus annuels et 9.000 entreprises clientes, la start-up a cherché à ses début à séduire les sociétés avant d’étendre son offre aux indépendants en 2017 et deproposer deux ans plus tard un service adapté aux métiers de l’hôtellerie-restauration. Réassurés par CNP et Swiss Re, soumis aux mêmes obligations que les compagnies « traditionnelles » et avec ses 70 millions d’euros de fonds propres qui lui permettent d’avoir 7,5X le capital de solvabilité requis quand la moyenne du secteur ne dépasse pas 2X, la licorne française repose aujourd’hui sur des fondations solides. Toute sa stratégie se résume dans son slogan : « l’assurance santé qui fait simple ».

Un seul mot d’ordre : la simplicité

« Nous avons créé Alan parce que nous constations que le système de santé était bloqué, analyse Jean-Charles Samuelian, le PDG et cofondateur de la jeune pousse qui a étudié à l’école des Ponts. Complexités pour trouver le bon médecin, avoir un rendez-vous dans des délais acceptables, se faire rembourser en temps et en heure, gérer toute la paperasse associée. Nous nous sommes fixés pour objectif de briser cette logique, d’abord en matière d’assurance ; et demain sur la santé en général. »

En quelques clics, un internaute peut aujourd’hui obtenir une couverture santé au meilleur prix. Pour se faire rembourser de ses frais médicaux via des virements instantanés, le client doit seulement envoyer ses factures depuis son smartphone. Son application « tout en un » permet également d’échanger gratuitement avec un généraliste depuis une messagerie sécurisée ou par consultation vidéo. Pour trouver un labo ou un docteur à proximité, le patient peut utiliser l’option Alan Map. En Belgique, la plateforme propose un service de chat médical et psychologique.

La pandémie l’a bien aidé…

Durant la pandémie, la jeune entreprise s’est rapidement développée dans le conseil, comme l’explique Jean-Charles Samuelian dans un podcast publié par La Tribune . « Depuis un an, nous avons vu des tendances de fond sur lesquelles nous avions misé prendre plus d’ampleur, expliquait l’entrepreneur au Sommet des Start-Up  La santé est devenue un sujet prioritaire, les entreprises ont dû s’en emparer et la digitalisation des services s’est accélérée. »

Des projets à gogo

Sa dernière levée de fonds va permettre à l’entreprise de se développer à l’étranger et de s’attaquer à d’autres secteurs avec des produits d’assurance sur mesure, comme le commerce de détail, le commerce de gros et l’industrie. La jeune pousse, qui emploie déjà 350 personnes, compte recruter 400 collaborateurs supplémentaires durant les deux prochaines années. Des commerciaux seront notamment embauchés afin de convaincre des grands comptes de faire appel à ses services. Aujourd’hui, les plus gros clients d’Alan comptent 5000 employés mais la plateforme peut d’ores et déjà répondre aux besoins de groupes employant 30.000 personnes. D’ici 2023, la licorne espère compter 1 millions de clients. Ses objectifs ambitieux sont atteignables lorsqu’on sait que sa part de marché en France ne dépasse pas actuellement 1,2%. Les compagnies traditionnelles ont du souci à se faire…

Frédéric Thérin

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