5 octobre 2015

Temps de lecture : 3 min

Affichage : Le Havre c’est Hollywood

Et si la magie d’Hollywood opérait en Normandie, au Havre plus précisément ? C’est le pari un peu fou d’un Espagnol avec un projet de signalétique de grande envergure.

Et si la magie d’Hollywood opérait en Normandie, au Havre plus précisément ? C’est le pari un peu fou d’un Espagnol avec un projet de signalétique de grande envergure.

Connaissez-vous Le Havre, sa pluie fine, sa plage de galets et ses couchers de soleil à « tomber par terre » ? Reconnue Patrimoine mondial par l’Unesco en 2005 mais moquée par ses plus proches voisins -« Le Havre, c’est moche, ça pue et ça pollue », chantent les supporters du Stade Malherbe de Caen- la ville mérite son coup d’oeil et même un peu plus. Et pour Pierre Lenoir Vaquero, originaire de Madrid et résidant dans la ville depuis 2008, un dispositif de signalisation pourrait redonner de sa superbe à la cité portuaire. L’idée ? « Installer un panneau « LE HAVRE » qui serait un clin d’œil à celui placé sur la colline qui surplombe le quartier d’Hollywood à Los Angeles depuis 1923. C’est à mon sens un projet qui présente un réel intérêt en terme d’image puisqu’il participerait fortement à promouvoir une image positive de la ville en France et sans aucun doute à l’étranger », résume l’illustrateur sur sa page Facebook.

« Si Le Havre vous aime, la France va vous adorer »

Tombé amoureux de la ville « pour sa mer, ses lumières, son vent qui circule et ses grandes avenues », Pierre Lenoir Vaquero entend aussi promouvoir la culture cinématographique et la beauté du Havre, lui qui a été marqué par le film « Quai des Brumes » et sa vision du Havre d’un autre temps, celle d’avant-guerre : « Le projet proposé est avant tout pensé comme un outil de communication exceptionnel pour notre ville. Il a aussi pour objectif de s’adresser aux professionnels du secteur du cinéma et de leur faire savoir que la ville a pris pleinement conscience de ce phénomène et qu’elle souhaite le préserver et le cultiver. Il doit également permettre à tous les habitants du Havre de se sentir une nouvelle fois fiers de leur ville. Nous n’avons pas peur d’écrire le nom de notre ville en grand. » De 12 mètres de hauteur sur 9 mètres de large, le panneau pourrait être installé à l’entrée de la cité et offrirait une belle alternative aux usines pétrochimiques qui d’ordinaire « accueillent » les visiteurs. Dans sa revue N°10 consacrée à La Ville, INfluencia insistait sur la notion « d’art participatif », avec cette idée d’intégrer le public afin de favoriser les rencontres et créer une plus grande cohésion sociale. Bénéfice attendu ? Rébellion, régénération et cohésion d’un quartier ou d’une ville. Et c’est exactement l’effet que pourrait produire l’initiative de Pierre Lenoir Vaquero.

Le Madrilène a relancé  il y a quelques semaines sur les réseaux sociaux  le projet né en 2012 et au vu de l’engouement de sa communauté : plus de 800 partages et une véritable adhésion, Le Havre aurait tout intérêt à prendre des airs d’Hollywood et à devenir une place forte du cinéma. Car comme le dit si bien Mathieu Amalric dans son film « Tournée », et réalisé en partie… au Havre : « Si Le Havre vous aime, la France va vous adorer ».

Le Havre comme Portland ?

Dans un rapport intitulé « La marque France sur Twitter en 2014 », une donnée rappelle le fossé qui existe entre Paris et le reste de la France. Avec 17 712 472 mentions sur l’oiseau bleu pour la capitale contre 373 453 pour Bordeaux, deuxième du classement, on devine toute la difficulté pour les villes françaises d’exister médiatiquement. Et si cette faiblesse se transformait en force et permettait à certaines villes d’émerger par le prisme de la créativité et de l’audace ? Cela donnerait l’opportunité aux habitants de se réapproprier la ville par le biais de concepts décalés et de se forger une identité unique. Le meilleur exemple à suivre nous vient peut-être de la capitale de l’Oregon aux USA, Portland.

Avec un peu moins de 600 000 habitants, la ville cultive son excentrisme grâce à des campagnes citoyennes et se joue de la norme. Ou comment faire d’une moquette d’aéroport une marque iconique et un porte-drapeau sur les réseaux sociaux, avec un compte Instagram qui culmine à plus de 20 000 abonnés. Ou encore l’histoire du Mill Ends Park, plus petit parc au monde, lieu de curiosité coincé entre deux avenues qui symbolise à lui seul la mentalité de Portland. Le projet de Pierre Lenoir Vaquero va dans ce sens et alors que Le Havre fêtera ses 500 ans en 2017, l’occasion est belle pour la communauté havraise de ne plus rougir au moment de répondre à la question fatidique : « Et toi tu viens d’où ? ». Et on aurait presque envie de lancer un mouvement, en s’inspirant du hashtag de la ville de Portland : #KeepLeHavreWeird.

Espinosa Eric

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