11 mars 2013

Temps de lecture : 2 min

Action ! Les spectateurs participent au tournage d’un film…

Quand le contenu d’un film ou d'une pièce de théâtre est produit en temps réel, les spectateurs deviennent les vrais acteurs d’une expérience d’un nouveau genre...

Le rendez-vous est fixé dans une bibliothèque de l’Est de Londres. Seule consigne : s’habiller dans le thème donné. Ce soir là : prisonniers. Mais quel peut être le point commun entre ces 400 personnes déguisées qui vont être envoyées en prison à l’issue d’un faux procès ? Elles vont au cinéma.

Après s’être fait transférer dans une (fausse) prison, les spectateurs se font accueillir par les cris et insultes des (faux) prisonniers qui jouent au basket dans la cour. Ils enfilent leurs tenues de prisonniers sous les hurlements des gardiens de prison. S’en suivent trois heures de simulation derrière les barreaux. Puis c’est l’heure de la séance, extinction des feux, bon film !

Copyright Sue Foll pour Secret Cinema

Bienvenue chez Secret Cinema, compagnie anglaise qui organise des projections dont les spectateurs ne savent rien, si ce n’est qu’ils vont vivre une expérience unique. Univers carcéral pour Les Evadés, boîte de nuit des années 1940 pour Casablanca, ou encore camp de bédouins pour Laurence d’Arabie, il s’agit de s’immerger totalement dans les univers des films.

Autre lieu, autre expérience, mais la même volonté de faire voyager le spectateur : les représentations théâtrales du collectif Punchdrunk, dont la plus fameuse est la « Sleep No More ». C’est dans un hôtel désaffecté du quartier de Chelsea à New York, que la pièce Macbeth de Shakespeare renaît sous un jour nouveau, et va venir (selon les propres mots des créateurs) « hanter vos nuits ».

Copyright Yaniv Schluman

Les spectateurs cachés derrière des masques blancs, admirent les acteurs (non masqués) jouer dans cinq étages de décors époustouflants, directement venus d’un film noir des années folles.

L’action est divisée en courtes scènes, des dialogues, des disputes, une cérémonie satanique sur fond de musique techno, un assassinat, pour se terminer par un banquet où l’on pend Macbeth devant les spectateurs ébahis. Pour vivre cette expérience, il faut suivre les acteurs de salle en salle, se perdre, dénicher des objets improbables dans les pièces du décor, et parfois pour les chanceux, un tête à tête avec un acteur de la troupe, dans des pièces secrètes …

Copyright Sleep no More

Et si l’on avait dépassé l’ère de ce que les marques appellent « l’expérientiel ». Plus que présenter ou faire vivre quelque chose de prédéterminé, il s’agirait donc désormais de faire créer l’expérience par le spectateur ou client… qui vient donc assister à sa propre création.
Il s’agit de reconnecter l’individu à lui même. Ses propres émotions le font adhérer à la marque. La cause.

Les associations s’emparent ainsi du mouvement, comme en Allemagne où des spectateurs ont vu un film dans une salle où il faisait 8 degrés, pour attirer l’attention sur les conditions de vie des SDF.

Quand l’expérience devient sensation… Je ressens donc je suis ?

Arnaud Giscard
Crédit photo :  Laura Little pour Secret Cinema

La rédaction

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