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Sherling : Le prélèvement bancaire en 3 clics


Publié le 05/10/2020

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Ce nouveau service permet de limiter les impayés et de réduire les délais de paiement. Si cette initiative risque de séduire les indépendants, les professions libérales et les TPE, elle ne devrait pas plaire aux mauvais payeurs.

 

Se faire payer a toujours été une gageure mais par les temps qui courent, obtenir l’argent qui vous est dû ressemble à un véritable défi. Une toute nouvelle plateforme, baptisée Sherling , permet aujourd’hui de réaliser un prélèvement bancaire en trois clics. Cette bouée de sauvetage lancée aux indépendants, aux professions libérales et aux TPE permettrait-elle toutefois aux plus faibles de ne pas couler en raison de la pandémie ? Rien n’est moins sûr…

 

 

Mauvais payeurs, excuses bidons

 

Tout est bon pour gagner quelques jours voire même quelques semaines supplémentaires. Les mauvais payeurs ressemblent aux cancres et aux éternels retardataires qui trouvent toujours une nouvelle excuse bidon pour justifier leur absence à l’école ou leur arrivée tardive. Certains rejettent la faute sur la Poste ou leur fournisseur d’accès à Internet. Leurs arguments préférés ? « Je n'ai pas reçu la facture, comment voulez-vous que je la paye... » ou l’indémodable « J’ai bien reçu votre lien de paiement mais j’ai des soucis de connexion ». D’autres prétendent être à l’autre bout du monde alors que les avions ne décollent plus ou presque : « Je suis à l’étranger, je vous contacte dès mon retour ». D’autres devraient changer d’établissement financier ou de secrétaire : « J’ai un problème avec ma banque, je vous tiens informé », « je ne comprends pas, j’ai mis en place le virement automatique » ou bien encore « je ne comprends pas, le chèque a été envoyé hier, je consulte mon assistante ».

 

 

La pandémie provoque une envolée des impayés

 

Les impayés n’ont jamais été aussi nombreux. Près de la moitié (48%) des TPE et des professions libérales attendent toujours des sommes qu’on leur doit. La plupart de leurs factures en attentes portent sur des montants assez faibles puisque la moitié des honoraires dûs n’atteignent même pas 2000 euros, selon une récente étude. Dans 17% des cas, la note dépasse 10.000 euros. Les multiples relances envoyées aux débiteurs restent souvent sans réponse. Dans sept cas sur dix, aucun paiement n’est effectué. Ces impayés poussent dans le gouffre de nombreux professionnels. Selon une étude menée par l'assureur-crédit Euler Hermes, le nombre d'entreprises en défaut de paiement pourrait atteindre 64.000 d’ici la fin de cette année ou le tout début de 2021. Ce chiffre a bondi de 25% en deux ans. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) est encore plus pessimiste. Ses experts estiment en effet que la hausse des faillites d’entreprise pourrait bondir de 80% et entraîner la disparition de 250.000 emplois . La solution proposée par Sherling est donc intéressante à plus d’un titre.

 

 

3 options

 

Sur cette plateforme, la signature électronique a valeur probante pour la contractualisation. En trois clics, le prélèvement bancaire permet d’être payé à l'adhésion à ce service se fait en quelques minutes à peine et de façon intuitive. « Jusqu'à présent, le prélèvement bancaire était très compliqué à mettre en place auprès des banques, avec des délais dignes de l'administration soviétique sans parler de l'interface informatique où il faut avoir fait Polytechnique pour mettre en place un prélèvement, juge Michel Cohen, le fondateur de Sherling qui a notamment travaillé pour Apple et SAP avant de créer l’application de prise de commande sur tablette Mobistep qu’il a récemment vendue. C'est pour cela que seules les sociétés facturant leurs clients de façon récurrente le mettaient en place car les investissements en temps et en formations étaient rentables à long terme ». Sa start-up propose aujourd’hui trois formules aux professionnels.

 

 

Deux prélèvements par mois auprès de deux clients

 

Son option gratuite permet à un utilisateur de faire deux prélèvements par mois à deux clients maximums avec un montant d’au moins 1500 euros à prélever. Pour 39 euros par mois, une personne peut prélever autant d’argent qu’elle le veut à un nombre illimité de clients. Et pour 69 euros par mois, jusqu’à cinq utilisateurs peuvent se servir de cette plateforme. Dans tous les cas, Sherling ponctionne 0,1% des sommes qui passent par son site.

 

 

Les trois clics ne résoudront pas tout !

 

Si ce service ne manque d’intérêt pour les indépendants et les TPE, il n’est pas sûr que les mauvais payeurs le voient d’un bon œil. Honorer ses factures avec retard est souvent un moyen pour certaines entreprises de garder la tête hors de l’eau. Se voir prélever en trois clics n’est donc pas une bonne option pour ces clients « difficiles ». L’avenir dira si cette initiative changera vraiment la donne.

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