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Mais à quoi va servir une montre connectée ?


Publié le 23/10/2014

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Le marché des objets connectés est en croissance et devrait exploser dans les cinq prochaines années. Les montres intelligentes devraient bénéficier de ce boom annoncé, mais quels usages les consommateurs favorisent-ils et sont-ils prêts à accepter ? Le cabinet GfK répond dans une nouvelle étude.

 

Analyser des tendances pour en tirer les conclusions judicieuses consiste souvent en premier lieu à interpréter des chiffres. Ils constituent un premier indicateur objectif non seulement de l’état présent d’un marché, mais aussi de son état de santé dans un futur à cinq ou dix ans. Quand une nouvelle étude du cabinet Gfk s’intéresse aux usages des montres connectées par les mobinautes de cinq pays, il est donc utile d’emblée de replacer ses résultats dans le contexte plus général du marché des objets portables connectés.

 

« En 2012, 8,7 milliards d’objets étaient connectés à internet et le chiffre devrait passer à 50 milliards d’ici 2020. Le marché des détecteurs de fitness a connu une croissance de 700% entre le premier et le second semestre 2013. L’an passé, 1,8 millions de bracelets et 1,9 millions de smartwatches ont été vendues. Ce n’est rien comparé au milliard de smartphones en activité dans le monde, mais c’est révélateur », rappelle Eliane Fiolet, fondatrice de la plate-forme Ubergizmo et spécialiste du marché de la « wearable tech » depuis 2009. « Les analystes prédisent que 373 millions de smartwatches seront vendues en 2015 », poursuit la Française installée à San Francisco. Voilà qui plante le décor avant de se pencher sur l’étude.

 

Ses conclusions proviennent d’une étude internationale auprès de 5000 Smartphonautes en Chine, Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni et Corée du Sud. L’Institut d’études marketing a sondé leur intérêt pour l’exécution de certaines fonctions spécifiques via une montre connectée, « en admettant qu’ils puissent enregistrer et transmettre leurs données de manière sécurisée », rappelle la communication officielle de GfK.

 

 

L’Histoire explique la variation des sensibilités

 

« Les consommateurs voient un potentiel dans l’usage des montres connectées pour contenir leurs titres de transport ou comme clés de sécurité pour leurs ordinateurs et comptes en ligne. La transmission des données médicales revêt aussi un intérêt particulier pour une majorité de la population mondiale. Les Américains et les Chinois sont ouverts à l’utilisation des montres connectées comme pièces d’identité et moyens de paiement, alors que les Européens sont beaucoup plus prudents quant à ces utilisations », résume le quatrième plus grand institut d'études de marché et d'audit marketing. Dans le détail, l’étude dresse plusieurs postulats.

 

Primo, près de la moitié des sondés confient leur intérêt pour l’utilisation d’une montre connectée pour fournir ses données médicales aux médecins traitants ou hôpitaux - par exemple, pendant un rendez-vous chez le médecin ou en situation d’urgence médicale. Il est très intéressant de constater que la confiance accordée par les consommateurs à cette nouvelle technologie est sensiblement différente d’un pays à l’autre : 69% des Chinois et 50% des Américains sont tentés contre environ un tiers des Britanniques et 25% des Allemands. « L’interprétation de ces résultats est une lecture des diverses sensibilités des cultures sur les questions du respect de la vie privée par les données, décrypte Eliane Fiolet. C’est l’Histoire qui explique pourquoi l’Allemagne est si prudente et pourquoi la Chine l’est si peu. Le concept de vie privée y est beaucoup moins de par la culture collectiviste et la surveillance actée d’un Etat big brother ».

 

 

 

 

La palme de la prudence pour l’Allemagne

 

Une autre conclusion de GfK met en avant le potentiel évident des smartwatches comme titre de transport. Près de la moitié des 5000 personnes interrogées seraient ravies d’utiliser une montre à cette fin, les Chinois (63%) et les Sud-Coréens (54%) se montrant les plus enthousiastes. Les Européens sont encore une fois les plus réticents, avec seulement 32% de séduits au Royaume-Uni et 31% en Allemagne. 

 

Concernant l’utilisation d’une montre connectée comme carte d’identité en voyage à l’étranger ou dans leurs rapports avec les autorités, une fois encore la Chine (57%) est en première ligne, suivie cette fois des Etats-Unis (41%). C’est encore outre-Rhin que les sondés sont les plus sceptiques et dubitatifs : un cinquième à peine se dit prêt à utiliser ce nouveau terminal connecté comme carte d’identité. Et pour pourvoir acheter avec une montre connectée, nos voisons sont-ils moins frileux ? Et bien par vraiment. Ils ne sont que 20% à valider l’idée contre 54% de Chinois. « Les paiements mobiles, c’est-à-dire utiliser son Smartphone pour payer à la caisse grâce aux technologies de communication sans contact (NFC), n’ont pas connu une grande popularité jusqu’à présent. En théorie, utiliser une montre connectée lors du passage en caisse serait encore plus pratique et rapide que de sortir un Smartphone ; mais seulement 35% des sondés sur les cinq pays interrogés sont actuellement intéressés par ce système », ajoute l’étude.

 

 

Des données à ne pas laisser entre toutes les mains

 

« Tout comme le smartphone il y a quelques années, perçu comme outils plus utile pour le téléchargement d’applications que pour téléphoner, la montre connectée serait bien davantage utile comme support de nombreux service tels que l’identification en ligne ou la validation d’un titre de transport que pour donner l’heure! Je rappelle que 29% des consommateurs envisagent l’achat d’une smartwatch pour le suivi de leur activité physique contre 11% seulement pour l’affichage de l’heure » conclut François Klipfel, Directeur Général Adjoint chez GfK.

 

« Ce marché n’en est encore qu’à sa pré histoire. Il va je pense évoluer très vite et des questions vont donc rapidement se poser, déclare elle Elian Fiolet. Pour l’instant la smartwatch est vraiment cantonnée à un public d’initiés mais sur les données de santé par exemple, que se passerait-il si les prévisions dont vont accoucher les futurs algorithmes tombent dans les mains des assureurs médicaux privés ici aux Etats-Unis ? Ajusteront-ils leur tarif s’ils savent que dans un an vous avez de fortes chances d’avoir une maladie grave ? » Cette question essentielle sur l’utilisation des données, les acteurs du naissant Internet Of Things se la posent déjà depuis plusieurs mois.

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

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