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La génération guerrière garde le couteau entre les dents


Publié le 27/09/2017

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Elles parlent de tout sans aucune retenue, clament haut et fort leurs idées et balayent les critiques d’un revers de la main. Les femmes brutes prennent les devants de la scène mais leur combat promet d’être encore long. Décryptage extrait du rapport Golden Club réalisé par la rédaction d'INfluencia et en partenariat avec M6 Publicité.

 

Elles ne sont pas parfaites et ne cherchent pas à l’être. Elles ont des défauts et les revendiquent fièrement. Elles clament haut et fort leurs convictions sans avoir peur de choquer. Elles sont prêtes à se battre pour faire entendre leurs voix. Tenaces, dures voire même parfois un brin antipathiques, ces femmes sont des battantes qui font voler en éclat toutes les conventions établies. Qu’elles soient grunges, nerveuses, agressives ou mal fagotées, leur beauté n’est pas liée à leur apparence physique mais à leurs convictions et valeurs. Elles ne vont pas se contenter de balayer d’un revers de main l’homme. Elles vont aussi ringardiser la femme qui tient son bras… Féministe, courageuse, influenceuse, connectée et badass, cette génération guerrière fait entendre sa voix dans une société qui, hélas, privilégie toujours l’immobilisme et non pas le progressisme. Aux armes, citoyennes…

 

 

Effacez Photoshop de votre disque dur

 

Oubliez les régimes minceur. Effacez Photoshop de votre disque dur. Ne cachez pas vos imperfections. Au contraire, montrez les comme des étendards. Les femmes brutes ne cherchent pas à se dissimuler. Certaines sont même fières de ce que certains pourraient appeler des défauts. Les rondeurs s’affichent aujourd’hui sur les publicités et sur la Toile. Près des 440.000 internautes regardent les selfies de Barbie Nox sur Instagram. Les formes très arrondies de La’Shaunae Steward séduisent plus de 55.000 fidèles. @fatkyliejenner décrit, elle, sa plastique avec le surnom qu’elle s’est donné.

 

Les mannequins, eux-mêmes, ne cherchent plus à cacher leurs imperfections. Ashley Graham, qui compte 4,7 millions d’abonnés sur Instagram, montre sa cellulite sur les réseaux sociaux. Le cliché de ses cuisses sur une plage a rassemblé plus de 405.000 « likes » sur la Toile. La sublime Jasmine Tookes, qui a défilé pour Victoria’s Secret, a, elle, publié des clichés de ses… vergetures et le mannequin Robyn Lawley affiche fièrement sur la Toile les traces que sa grossesse a laissées sur son ventre. Mais les « guerrières » ne sont pas uniquement celles qui affichent sans complexe leurs défauts physiques. Loin de là… Ce sont surtout des personnes de caractère qui veulent se débarrasser de l’imagerie de femme objet qui leur a trop souvent collé à la peau. Sans tabous, elles souhaitent parler de tout, tout le temps et à tout le monde.

 

 

La masturbation féminine est un sujet qui n’est plus tabou

 

L’an dernier, le hashtag #LesPrincessesOntDesPoils mettait en avant la pilosité des femmes. En 2013, American Apparel a brisé un autre interdit en vendant un tee-shirt montrant une vulve poilue saigner. Plus récemment, la joueuse de batterie Kiran Gandhi a couru le marathon de Londres en ayant ses règles et sans tampon et l’an dernier, l’hebdomadaire américain Newsweek a publié un dossier sur les menstruations intitulé « There Will Be Blood » que l’on pourrait traduire par « Ça va saigner »… La chanteuse Imany parle, elle, volontiers de l’endométriose dont elle souffre, une maladie gynécologique qui touche une femme sur 10 en âge de procréer. La masturbation féminine est un autre sujet qui n’est plus tabou aujourd’hui surtout sur la Toile.

 

Internet a permis aux femmes de trouver une plateforme sur laquelle elles peuvent exprimer librement leurs opinions. Les blogs et les sites féministes comme sisyphe.com, feministoclic.olf.site ou revolutionfeministe.wordpress.com ont donné l’occasion aux femmes d’écrire, sans aucun filtre, toutes les idées qui leur tenaient à cœur. Avec les réseaux sociaux, elles peuvent encore plus facilement partager leurs points de vue. Le hashtag #LesFemmesVeulent, par exemple, revendique l’égalité salariale. Certaines internautes ont même créé leur chaîne sur YouTube comme Sophie Riche qui propose de nombreuses vidéos plutôt amusantes sur des thèmes aussi « bruts » que le pet vaginal, l’arrêt de la pilule et ses conséquences sur l’acné, le sébum et le calmage de slip. Les podcasts permettent, eux, d’aborder n’importe quel sujet sans aucune limite de temps.

 

 

Effet de mode ou changement sociétal profond ?

 

Les marques n’ont pas été longues à comprendre que cette génération de guerrières pouvait l’aider à vendre leurs produits. Dove a été une des premières entreprises à montrer de « vraies » femmes dans ses campagnes et non pas des mannequins sous-alimentées à peine sorties de l’adolescence. Les boxeuses commencent, elles aussi, à attirer des sponsors. Les grandes marques de mode ont également cherché à surfer sur cette tendance. Christian Dior a notamment commercialisé un T-shirt imprimé « We should all be feminists ». H&M, Urban Outfitters, Topshop et Forever 21 ont également tenté de profiter de cette vague. Alors effet de mode ou changement sociétal profond ? Une certaine prudence s’impose…

 

« Il existe toujours un véritable fossé entre le sentiment que l’on a d’assister à l’émergence d’une génération guerrière et la réalité, prévient Thibault Di Maria qui donne des cours sur le sexisme dans la publicité et le marketing au Celsa Paris-Sorbonne. Toutes les études montrent que rien ne change vraiment dans notre société qui reste blanche et très mâle. Les magazines féminins continuent de faire leurs unes sur les régimes et la beauté. Les femmes brutes ont toujours existé mais les réseaux sociaux leur permettent aujourd’hui d’amplifier leurs messages. » Leur combat n’est donc pas prêt de se terminer. Ses battantes ont gagné des batailles mais pas encore la guerre…

 

Découvrez le Report n°2 sur la "Génération guerrière", en partenariat avec M6 Publicité

 

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