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Innovation : l’humanoïde rassure le consommateur


Publié le 14/12/2017

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Pendant que la com et la pub plaident plaident pour un Homme plus humain et plus créatif dans son interaction avec l'intelligence artificielle, le rapport de annuel de tendances du ConsumerLab d’Ericsson constate lui que le consommateur veut un robot plus humain.


" Mesdames et messieurs, croyez-vous sincèrement que mon client veuille, ne serait-ce qu'un instant, remplacer l'Homme. Voyons, soyons un peu sérieux. Mon client est jeté aux gémonies pour un crime que non seulement il n'a pas encore commis, mais qu'in fine il ne commettra jamais ". La plaidoirie fictive de l'avocat robot humanoïde imaginée par INfluencia en octobre dernier a déjà du plomb dans l'aile. La relation client veut replacer l'Homme au coeur de son processus ? Vrai. Un Français sur trois pense qu’une technologie intelligente prendrait de meilleures décisions que nos élus gouvernementaux ? Vrai aussi. IBM prône l'intelligence augmentée ? Tout à fait. La communication et la pub sont chamboulées par les nouvelles technologies tout en défendant l'idée qu'elles obligent in fine l'Homme à être plus humain et plus créatif ? Parfaitement. Mais les consommateurs attendent quand même de la technologie numérique qu’elle fonctionne de plus en plus comme un humain, quitte à prendre le risque de l'humaniser et d'en perdre le contrôle ? Paradoxalement, oui d'après l'observatoire ConsumerLab d’Ericsson.

 

Le changement de paradigme, constaté par la septième édition du rapport annuel sur les 10 plus grandes tendances de consommation pour l’année 2018 et au-delà, rapproche la technologie de l'humain et non l'inverse. Se projetant dans le futur avec pour point de vue celui des utilisateurs " early adopter ", le ConsumerLab d’Ericsson ressort trois grandes conclusions : primo, les consommateurs s'attendent à ce que leurs interactions avec la technologie soient contrôlées par l'intonation, l'expression du visage ou encore le langage corporel. Secundo, les écouteurs seront portés 24h/24, 7j/7, même pendant le sommeil. Tertio, 51% des utilisateurs de la réalité augmentée et virtuelle pensent qu'avec l'intelligence artificielle la publicité se confondra avec le produit lui-même. Intéressant, non ?

 

" Nous entrons dans une ère où les équipements n’auront plus de touches ni de boutons et où ils n’auront plus besoin d’être commandés numériquement via un smartphone. Cette évolution semble nécessaire, évitant ainsi à l’utilisateur d’avoir à apprendre à se servir de l’interface de chaque nouvel équipement connecté à l’Internet des objets ", argumente Michael Björn, directeur de la Recherche du ConsumerLab. Issus de travaux de recherche du Lab et d’une enquête en ligne menée en octobre 2017 auprès d’internautes avancés dans 10 grandes villes du monde, les résultats de l'étude dégagent 10 tendances principales de la consommation du futur. Où est la frontière entre dystopie, vision et réalité ? On vous laisse juge. Pour notre part nous avons extrait sept tendances de ce rapport anxiogène ou enthousiasmant, selon que vous soyez plutôt Mark Zuckerberg ou Elon Musk.

 

 

Un robot qui travaille à sa place, un fantasme pour 40% des consommateurs

 

Premièrement, le corps comme interface utilisateur : 2 utilisateurs actuels d’assistants vocaux intelligents sur 3 pensent que dans les trois années à venir, le langage corporel, l’expression du visage, l’intonation et le toucher seront utilisés pour interagir avec les objets technologiques comme s’ils étaient eux-mêmes des humains. Deuxièmement, la moitié des consommateurs sondés estiment que l’intelligence artificielle pourrait être utile pour vérifier les faits postés sur les réseaux sociaux. Troisièmement, 63% aimeraient des écouteurs capables de traduire les différentes langues en temps réel. Quatrièmement, 30 % estiment qu’à cause des nouvelles technologies ils ont du mal à maintenir leurs compétences à niveau. Toutefois, 46 % assurent qu’Internet leur permet d’acquérir, mais aussi a contrario d’oublier, des compétences plus rapidement que jamais. Cinquièmement, plus de la moitié des utilisateurs de la réalité augmentée et virtuelle pensent que la publicité va devenir tellement réaliste qu’elle va, au final, remplacer les produits eux-mêmes.

 

Sixièmement, 39 % des personnes interrogées pensent que leur ville aurait besoin d’un réseau routier pour drones et véhicules volants. Par contre, ils sont presque aussi nombreux à avoir peur de recevoir un drone sur la tête. Septièmement, 3 sondés sur 4 pensent que, d’ici à peine 5 ans, ils utiliseront la réalité virtuelle pour se promener dans les photos de leur smartphone. Enfin, 50 % se disent effrayés à l’idée de ne pas être capables de faire la différence entre l’humain et la machine tandis que 40 % frissonnent à la pensée d’un smartphone qui réagirait à leur humeur tandis que 40 % aimeraient qu’un robot travaille et gagne de l’argent à leur place pour avoir plus de temps pour les loisirs.

 

" Aujourd’hui, il nous faut connaître toutes les subtilités d’utilisation des équipements que nous possédons. Mais, à l’avenir, ce sont les équipements qui nous connaîtront. Pour que cela devienne réalité, les objets devront être capables de relayer des données d’interaction humaine complexes vers des outils de traitement basés dans le cloud et de réagir intuitivement en quelques millisecondes, faisant ainsi peser des exigences encore plus lourdes sur la connectivité de nouvelle génération ", commente Michael Björn, de l'observatoire d'Ericsson.

 

Lire étude complète ici

Ecoutez le podcast des auteurs du rapport

  

 

Photo de Une : Jeremy Perkins

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