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Recyclage : sauver sa marque et la planète avec


Publié le 02/07/2019

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Alors que la France citoyenne s’insurge devant l’urgence climatique et que la police répond à coup de bombe lacrymogène, les marques, elles, montrent patte blanche. Nespresso, aka roi de la la capsule de café en fait  la demonstration en permettant à 15 millions de Français de recycler ses capsules et autres petits déchets métalliques. Une initiative nécessaire qui pourtant interroge.

 

 

La lutte pour le tri et la gestion des déchets avance doucement mais sûrement, à commencer par la considération de tous les déchets, même les plus petits. Si l’aluminium est un matériau 100% recyclable, les petits emballages métalliques (inférieurs à 6 cm de diamètre), eux, ont pendant longtemps été laissés pour compte. Pourquoi ? Car les centres de tri ne sont pas équipés pour les récupérer. Ils sont donc soit enfouis, soit incinérés. 

 

Et qui dit aluminium et déchets quotidiens dit bien évidemment Nespresso et sa capsule iconique, à malheureux usage unique. Si dans les années 1970, Eric Favre, ingénieur, pense trouver l'dée géniale en inventant ces capsules composées d'aluminium et d'un film alimentaire, commercialisé en 1986 par Nespresso, c’était sans compter sur son impact environnemental désastreux. Comme tout produit à usage unique, la capsule Nespresso n'a plus fière allure à l’heure d’un bouleversement inévitable des modes opératoires de consommation. 

 

 

À la conquête des poubelles jaunes 

 

Alors, puisque les politiques de recyclage ne semblent pas se soucier de sa catégorie de produit dans le développement du recyclage, le mastodonte qui rythme nos réveils prend les choses en mains initie, et co-finance, la 1ère filière de recyclage des petits emballages en acier et en aluminium en France. Une solution qui bénéficie aujourd’hui à près de 15 millions de Français.

 

L’idée ? Installer une machine à courant de Foucault, qui sépare les aluminiums des autres emballages, dans chaque centre de tri. Et dans ce même élan de super héros du recyclage, la marque a donc trouvé une solution pour tous les autres petits emballages métalliques : mini canettes, aérosols, plaquettes de médicaments, bougies chauffe plat, barquettes en aluminium, emballages de fromages pour enfants, opercules, tubes de dentifrice…

 

Désormais, à Paris comme à Rennes, Nice, Perpignan, La Rochelle, Rouen, Châteauroux, Nîmes, Strasbourg, Pau et j’en passe, les emballages en aluminium pourront garnir la poubelle jaune. Une avancée permise à 25% des Français, avec la promesse des 50% d’ici 2022. Pour en parler, jusqu’à mi-juillet, Nespresso investit Paris via une  campagne de communication (affichage, display, réseaux sociaux, boutiques et communication directe) signée Sidièse en partenariat avec Citeo et le Club de l’Emballage Léger en Aluminium et en Acier (CELAA). 

 

 

Entre félicitations et suspicion

 

Une urgence opportune ? Un joli coup de pub ? Une question de survie ? En effet, il semblerait que les bravos soient à nuancer. Face à une clientèle qui ne saurait se passer d’engagement, et une marque qui ne saurait se passer de ses clients, la multinationale n’a évidemment pas du laisser refroidir son café avant de délier les cordons de sa bourse à X zéros pour investir quelques millions dans cette solution de recyclage.

 

Toutefois, rendons à César, Nespresso n’avait aucune obligation et contribue ici de manière incontestable à la sauvegarde de l’environnement. Voici donc l’ambivalence de l’engagement de plus en plus poussé des marques dans les problématiques sociétales : la frontière poreuse entre générosité et opportunisme aura toujours raison de notre suspicion.

 

 


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