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De la parole aux actes : les enjeux du Retail en 2020


Publié le 01/07/2020

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Déjà alertés sur la fragilité de l’écosystème production-consommation, les consommateurs se sont vus confortés par la crise dans la nécessité d’une prise de conscience passant de la parole aux actes. Cependant, si 58 %  estiment que le Covid-19 aura eu un impact positif sur la manière de consommer, 68 % pensent que les habitudes d’achat resteront les mêmes dans 10 ans. Une bipolarité confort/activisme examinée par Havas Paris dans son étude Shopper Observer 2020 en amont de la 6eme édition du Paris Retail Week (15 au 17 septembre 2020). Partenaire de l’événement, INfluencia passe en revue les 5 tendances qui en émergent. 

 

Depuis 6 ans, le monde du retail se réunit chaque année autour du Paris Retail Week : un rendez-vous immanquable fédérant pas moins de 25 000 professionnels, 400 speakers et 600 sociétés. Pour sa 6ème édition qui aura lieu du 15 au 17 septembre 2020 à Paris Expo Porte de Versailles, Paris Retail Week promet un format sous le signe de l’expérientiel. L’idée : 3 jours pour ausculter un secteur aussi divers que mouvant, faire se rencontrer connaissances, expériences et bonnes pratiques. Stands, rendez-vous, conférences, ateliers, pitchs, remises de prix, Innovation Tours, Store Tours et annonces de nouvelles innovations : un Disneyland du B2B qui insuffle au fil des éditions de nouvelles perspectives de production comme de consommation. 

 

Comme chaque année, INlfuencia est partenaire de l’événement. Aussi, Isabelle Musnik, directrice de la publication interviendra aux côtés de Laetitia Faure, fondatrice du bureau de tendances Urban Sublime sur un format de conférence intitulé « BEST OF RETAIL : LE RETAIL VA-T-IL CHANGER LE MONDE ? » le jeudi 17 septembre, de 13h20 à 13h50. En amont de cette grande messe annuelle du retail, Havas Paris présente les résultats de son étude Shopper Observer 2020. L’idée : mettre en lumière les tendances majeures du secteur qui façonnent le rapport au commerce et se doivent d’être embrassées par les marques. L’enjeu : répondre aux 8 problématiques business auxquelles font face les Retailers et les Ecommerçants : commerce omnicanal, innovation marketing, logistique (relais de livraison, optimisation des flux de marchandise, revisite des stratégies sur une dimension environnementale etc), marketing b2b, marketplaces, nouveau paiements, parcours client agile et data. Pour ce faire, 2 000 consommateurs français, chinois et américains ont été interrogés sur leurs attentes vis-à-vis du commerce et des enseignes. Résultats et décryptage en 5 points. 

 

 

1 - Local pour tous ? 

 

On l’a dit, vu et revu, et cela ne date pas d’hier : le local et l’authentique sont les mots d’ordre de la consommation responsable. Avec l’ouragan Covid-19, on constate que la tendance se renforce : 92 % des consommateurs se disent prêts à consommer plus de produits locaux. Pourquoi ? Sans doute parce que 78 % des consommateurs pensent que la surconsommation pourrait entraîner un effondrement de notre civilisation. Le Covid-19 n’en serait qu'un aperçu. 

 

Mieux encore, 70 % des personnes interrogées aimeraient changer radicalement leur manière de consommer. Mais le radical c’est quoi au juste ? Cela passe évidemment par une consommation locale, mais aussi par la dénonciation et le rejet de son contraire. Un mode de vie qui s’affranchit du confort polluant. 60 % se disent ainsi prêts à se passer des grandes marques nationales et internationales. Pour les mastodontes industriels, la question d’une refonte complète des business modèles et formats de communication s’impose.

 

 

2 - Un consommateur pas franchement constant 

 

En 2020, le consommateur se veut engagé, mais aussi impatient et intransigeant : 65 % des consommateurs sont prêts à payer plus cher un produit disponible immédiatement. Symbole de l’impatience, 1 Français sur 3 utilise des offres de livraison rapide. Or on sait bien que l’immédiateté et la logistique qu’elle implique n’ont jamais fait bon ménage avec l’écologie…Une donnée qui montre bien le paradoxe du consommateur, d’ailleurs bien au fait de son inconsistance : 67 % déclarent avoir mauvaise conscience lorsqu’ils optent pour la livraison rapide.

 

 

3 - Redonner du sens à la fidélité

 

Société d’abondance, communication polluante, les marketeurs s’arrachent les cheveux pour répondre aux objectifs de fidélisation. Et pour cause, 81 % des consommateurs seraient prêts à délaisser une marque ou une enseigne si elle ne partage plus ses valeurs. « Les marques et les enseignes ne doivent jamais oublier que consommer c’est partager une relation intime, équilibrée, et que, plus que jamais les valeurs défendues par les marques apparaissent comme le meilleur levier de fidélisation », explique David Mingeon, Directeur Général Adjoint, Havas Paris. 

 

 Les chiffres de l’étude en témoignent : 71 % des consommateurs estiment que les programmes de fidélité se ressemblent tous et 77 % d’entre eux estiment qu’ils servent avant tout à collecter et exploiter leurs données personnelles. En revanche, l’ultra-personnalisation est au gout du jour. Pour se sentir unique dans un monde uniforme, les 26 % des consommateurs se disent prêts à partager leur ADN avec les marques pour disposer de produits réellement sur-mesure…

 

 

4 - Vers un marketing de la déconsommation ? 

 

« Consommer moins mais mieux » ?  Visiblement 42 % des consommateurs ont le sentiment de moins consommer qu’avant.  Pour les marques, il s’agit sont de jouer la carte de la transparence, d’assumer ses failles. En effet, 66 % des consommateurs se sentent plus proches des marques qui s’engagent contre la consommation excessive. Stratégie marketing ou véritable engagement, les consommateurs ont choisi leur camp. 

 

 

5 - Discount pour le plaisir 


Dernier point et non des moindres : l’heure de gloire à sonné pour les acteurs discount. Bien que fondé sur un principe commercial aux antipodes des nouvelles habitudes de consommation, qui aspirent à un caddie plus vert et local, les « néo-bazars » fleurissent en France. Pouvoir d’achat en cause, 66 % des consommateurs estiment devoir faire plus attention qu’avant au prix des produits qu’ils achètent. Aussi, 74 % trouvent du plaisir à faire de bonnes affaires en dénichant des produits très bon marché. Un format déculpabilisant et un parcours ludique : une place stratégique dans un environnement retail encore incertain. 

 

En somme, une société fragmentée, qui tente de trouver sa place au cœur des grands enjeux et maux de la décennie. Des envies fortes : engagement écologique et social, recrudescence du bien manger ou encore  retour vers les productions locales, décuplées par la crise du Covid-19, qui ne font parfois pas le poids face aux envies plaisir et au besoin de maintenir son pouvoir d’achat. « Les résultats du Shopper Observer 2020 nous montrent des tendances qui, bien qu’initiées avant Covid, se sont encore accélérées avec la crise : une consommation plus engagée et responsable avec cependant quelques « soupapes de décompression » qui révèlent tout le paradoxe façonné et encouragé par notre société de consommation », conclut Arnaud Gallet, Directeur du salon Paris Retail Week. 

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