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Instagram : Bienvenue dans l’ère du « Visual Listening »


Publié le 06/10/2015

Image actu

 

Le boss toutes catégories confondues des applications photos fête ses cinq ans ! L’occasion d’aborder, sans filtres, l’évolution économique à grande vitesse de cette  institution désormais numérique. Par Sandrine Plasseraud, directrice générale de l’agence We Are Social.

 

Alors qu’Instagram fête en ce jour ses cinq ans d’existence, son co-fondateur Kevin Systrom peut, non seulement se targuer de sa fulgurante croissance avec 400 millions d’utilisateurs actifs, mais il peut aussi se vanter d’avoir réussi à installer la présence de François Hollande sur le réseau la semaine dernière. Si l’arrivée d’un dirigeant sur les réseaux sociaux est finalement assez symptomatique de l’époque dans laquelle nous vivons, elle véhicule pourtant un principe vieux comme le monde remontant même à l’époque Confucius : « Une image vaut mille mots ». Or, la communication visuelle n’a aucunement perdu de sa force au fil des siècles et, au contraire, elle continue de servir pouvoirs et contre-pouvoirs comme au premier jour.

 

 

Rien de plus puissant que le message visuel

 

Instagram, raccourci entre « Instant Camera » et « Telegram », s’inscrit dans la mouvance du web visuel qui, si elle est en pleine explosion depuis quelques années, reste donc l’héritage naturel d’une appétence de l’homme pour l’image. Une tendance du web visuel peu surprenante lorsque l’on sait que le cerveau humain traite une image 60 000 fois plus vite qu’un texte et qu’il retient seulement à 20% les textes et à 80% les visuels. Et encore moins surprenante si l’on prend en compte que la communication interpersonnelle existe depuis plus de 30 000 ans alors que la communication textuelle existe depuis moins de 4000 ans. Nos cerveaux sont beaucoup plus armés pour faire face à des messages visuels, et ce, encore plus, dans un monde de surabondance d’information où les individus sont connectés au quotidien. Les succès des plateformes visuelles telles qu’Instagram, Pinterest ou Snapchat, entres autres, en sont une claire expression.

 

L’offre produit colle particulièrement bien aux attentes des individus, mais le réseau a surtout su se développer continuellement. De l’ajout de filtres en continu, à la possibilité d’envoyer des photos par messages privés à d’autres utilisateurs (Instagram Direct), l’introduction des formats vidéos, jusqu’à la récente possibilité de poster des images autres que le format carré (portrait ou en paysage), Instagram est un réseau qui se renouvelle sans cesse.

 

 

Une croissance à cadrer

 

Et les résultats sont là pour le prouver. Lancé en octobre 2010, Instagram atteint les 5 millions d’utilisateurs actifs en juin 2011, pour dépasser la barre des 100 millions en avril 2012, celle des 300 millions en décembre 2014 et pour atteindre les 400 millions en septembre 2015. Alors certes, on est encore très loin des 1,5 milliards d’utilisateurs de Facebook mais pourtant, Instagram n’a pas à rougir de sa croissance. Non seulement le réseau social est l’une des plateformes qui a la plus forte croissance dans le monde, mais il supplante même Facebook à ses débuts. En effet, alors qu’il aura fallu 5 ans à Instagram pour atteindre les 400 millions d’utilisateurs actifs, il en aura fallu 6 pour Facebook, qui a passé la barre des 400 millions en février 2010. Une autre époque certes, une autre maturité du marché également, qui favorise une croissance plus rapide d’Instagram, sans parler du rachat du réseau social visuel par Facebook, qui favorise d’autant plus son développement.

 

Financièrement, Instagram, racheté par Facebook en avril 2012 pour 1 milliard de dollars, commence déjà à peser dans les revenus publicitaires et la valorisation du géant de Zuckerberg. Après avoir ouvert ses formats publicitaires à quelques pays fin 2014, Instagram offre désormais un accès à sa plateforme publicitaire en « libre-service » à une trentaine de nouveaux pays. En 2015, Instagram réalise ainsi déjà 600 millions de dollars de revenus publicitaires soit 5% des revenus publicitaires de Facebook et ce chiffre est prévu à la hausse pour 2016, à hauteur de $1,5 milliard soit une croissance de 149%. Un rachat extrêmement bénéfique pour Facebook, qui a ainsi mis la main sur un réseau social mobile-first, un élément qui lui manquait jusque là.

 

 

Du commerce, certes, mais pas à n’importe quel prix…

 

Avec des taux d’engagement plus forts que ses concurrents, et avec la récente introduction du boutton « shop-now », la plateforme visuelle mobile-first pourrait bien être en passe de devenir un véritable outil de m-commerce. Faudrait-il encore qu’Instagram continue dans sa lignée « premium » et ne se dénature pas en cherchant à tout prix des revenus publicitaires au détriment de son message premier? Autre piste d’optimisation si le réseau veut se targuer de devenir un véritable outil de m-commerce : enrichir et améliorer son outil analytics afin de permettre aux annonceurs de mieux mesurer leurs performances – on peut imaginer que ce sera le cas via l’expertise de Facebook en la matière !

 

Et pour conclure, un point à prendre en compte pour les annonceurs : au-delà de votre présence officielle sur le réseau visuel, n’oubliez pas la règle de base sur les médias sociaux : l’écoute des conversations pour détecter des insights, identifier des ambassadeurs, identifier des signaux faibles pour vos stratégies de marque. Or, qui dit écoute sur Instagram, dit « écoute visuelle ». En effet, selon l’outil de veille visuelle Tracx, seulement 15% des photos de marques publiées sur les réseaux sociaux visuels font mention de cette marque via un hasthag. Ce qui signifie donc qu’à l’avènement du web visuel, l’écoute que vous réalisez au quotidien pour votre marque, basée sur des outils de sémantiques classiques, ne vous permet pas d’identifier la vaste majorité des conversations vous concernant. Bienvenue à l’ère du « visual listening » !

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