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Les Français et la techno : amour, haine, passion et fatigue...


Publié le 20/10/2016

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Si les nouvelles technologies font parties intégrante de notre quotidien, nous sommes encore en phase d’expérimentation et « l’animal » a toujours autant de mal à être dompté. Illustration avec l’étude menée par OpinionWay pour Zengularity.

 

Comment les Français vivent-ils leur relation au quotidien avec les technologies ? Opinion Way répond dans une étude intitulée « Bureautique, app mobiles, bornes interactives…ces technologies qui pourrissent la vie des Français ! ». Le décor est planté et on aurait presque envie de faire le parallèle avec une chanson de Sébastien Tellier, « L’amour et la violence », pour souligner le paradoxe des individus face aux outils du numérique. Un attachement certain pour ces derniers qui s’accompagnent inévitablement d’incompréhension et d’une maîtrise aléatoire pour toutes les générations.

 

Une campagne lancée l’été dernier par Red by SFR résume bien la schizophrénie de notre société. Dans un spot de moins d’une minute, la voix off appelait les vacanciers à ne pas lâcher leur smartphone d’une semelle : « Non tu n’es pas déconnecté, tu as la 4G, toute ta data, oui, ici, à l’étranger ». La déconnexion peut bien attendre et oui messieurs, mesdames, continuez à avoir la tête dans le guidon même dans un moment de repos. Les marques doivent assumer leur rôle de modérateur d’une vie toujours plus connectée et intense, et l’exemple de Ray Ban qui lutte contre la nomophobie doit faire des émules. Découvrez les résultats complets de l'étude ci-dessous.

 

Selon les conclusions de l’étude, 85% estiment que les Français sont dépendants des technologies et cette dépendance a un réel impact tant sur notre vie professionnelle que personnelle. En effet, le sentiment général est que les nouvelles technologies accentuent le rythme et la pression de la vie quotidienne. L’engouement pour des phénomènes numériques éphémères (Pokémon Go, selfies, foodporn…) interpelle 83% des personnes interrogées, qui ont le sentiment de ne pas comprendre l’attrait pour ces nouvelles pratiques. A cela s’ajoute, pour 68% des sondés, une pression sociale pour acquérir les dernières nouveautés en matière d’appareils connectés. De même, les personnes interrogées font part de leur perte de repères face à la rapide mutation de ces technologies : 84 % ont le sentiment qu’elles évoluent trop rapidement et qu’il devient difficile de les suivre.

 

Cette dépendance se traduit aussi dans le milieu professionnel, 57% déclarent ne pas réussir à se déconnecter de leur travail en dehors des horaires du bureau. Pire, le plus souvent dans le monde du travail la présence des appareils numériques contribue à créer du stress supplémentaire. Leur efficacité est également remise en cause : pour 84%, le recours à des technologies peut faire perdre plus de temps qu’il n’en fait gagner et 74% des actifs interrogés se sentent angoissées par les sollicitations incessantes des mails ou des notifications. Ce sentiment de sur-sollicitation rend le « digital detox » très séduisant : 68% des personnes interrogées disent être séduites par cette perspective.

 

 

Source d’irritation, omniprésence numérique rime avec dysfonctionnements chroniques

 

Cette techno-dépendance entraîne donc une utilisation chronique des outils numériques, qui sont désormais omniprésents dans la vie quotidienne. Cette frénésie de consommation numérique évolue de façon exponentielle. Elle s’accompagne invariablement d’une hausse des dysfonctionnements qui deviennent de plus en plus insupportables pour les Français et l’intensité de leur impact est non négligeable :

 

- la première source d’irritation mentionnée par les Français concerne la perte d’un réseau, qu’il s’agisse du téléphone ou d’Internet : cette situation a déjà été vécue par près de 90% des personnes interrogées

 

- les sites web peu ergonomiques ou peu adaptés sont mis en cause par 88%

 

- les sollicitations des applications, qui cherchent à empiéter sur la vie privée, exaspèrent 84% des interviewés

 

- loin de simplifier la vie, 83% des logiciels grand public et 70% des logiciels professionnels ont déstabilisé leurs utilisateurs

 

- la perte de ses données, au travail ou de documents personnels, a déjà touché 81% des personnes interrogées

 

- 81% des Français ont déjà dû gérer des dysfonctionnements lors de l’utilisation de bornes tactiles, destinées à fournir des services comme la vente de tickets

 

- 78% des personnes interrogées ont déjà connu des difficultés lors de l’installation d’un équipement périphérique (imprimante, scanner, photocopieur…)

 

- 77% des interviewés ont rencontré des problèmes pour effectuer des démarches administratives en ligne.

 

 

Le sentiment général est que les nouvelles technologies accentuent le rythme et la pression de la vie quotidienne. Leur efficacité est ainsi remise en cause. De même, les personnes interrogées font part de leur perte de repères face à la rapide mutation de ces technologies. La conclusion est sans appel : 58% des Français déclarent que les nouvelles technologies ne contribuent pas au bonheur, mais a au contraire rendu certaines tâches plus stressantes.

 

 

La dualité française face aux nouvelles technologies

 

Malgré ses aléas, la perception négative qu’ont les Français du numérique et les animosités dont il fait l’objet, force est de constater que dans l’Hexagone, on ne cède pas à la folie passagère appelée « Computer Rage » Outre-Atlantique. En effet, seul 2% des sondés avouent avoir des excès de rage et des réactions viscérales (énervement/ panique/ violence) face aux difficultés rencontrées. Pour 62%, la contribution des technologies à la vie quotidienne est cependant perçue comme positive dans certains cas. 76% des Français estiment qu’elles s’avèrent également efficace pour simplifier certaines tâches courantes, comme pouvoir accéder à des services publics en ligne.

 

Cette approche de la technologie démontre que les Français sont en train de rechercher un nouvel équilibre dans un univers régi par le numérique. Entre addiction et autorégulation, l’évolution se fera sans aucun doute par palier et la consommation du numérique telle que c’est le cas aujourd’hui sera non seulement digérée mais également intégrée dans notre ADN. En revanche, demeure un problème majeur : les dysfonctionnements engendrés par les nouvelles technologies qui risquent de faire de cette (r)évolution culturelle un cercle vicieux alors qu’il pourrait être vertueux.

 

 

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