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Mathieu Gallet appelle à plus d'éloquence !


Publié le 08/10/2020

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C’est parce que, dit-il, Maurice Levy lui a conseillé de monter sa société, que Mathieu Gallet crée Majelan en quittant Radio France. Dans le même temps, il écrit son livre Le Nouveau pouvoir de la voix, qui a reçu hier soir le coup de cœur du Prix du Livre INfluencia. Pleins phares sur cet entrepreneur plein de promesses.

 

 

 

INfluencia : sans doute est-ce votre expérience à Radio France qui vous a donné l’idée d’écrire ce livre, de créer cette application ?

 

Mathieu Gallet : oui en effet, l’expérience que j’ai eue à Radio France m’a permis de suivre mon intuition, et de me poser les bonnes questions sur la force de la voix, à l’heure où tant de personnes parlent de l’image et de son omniprésence. Oui, bien sûr les écrans ont envahi nos vies, mais la voix est en train de faire son grand retour, notamment autour de l’apprentissage, de l’éducation, du marché conversationnel et puis l’éloquence aussi est un sujet qui me tient à cœur.

 

IN. : comment expliquez-vous que la France soit aussi peu « éloquente »?

 

M.G. : c’est ainsi, nous sommes un pays de l’écrit. Lorsqu’on évoque la France ce sont Victor Hugo, Balzac, Molière qui viennent immédiatement à l’esprit, et non pas de grands musiciens tels que Debussy, Ravel ou Berlioz, ou de grands orateurs. C’est l ‘écrit qui l’emporte en France… En Grande-Bretagne ou aux USA, les jeunes ont très vite l’occasion de converser avec les professeurs, c’est culturel, cela fait partie du jeu, de l’éducation. En France les élèves écoutent les maîtres. Or on le sait, en particulier chez les garçons qui à l’adolescence, muent, combien il est difficile de parler devant les autres. Combien sont nombreux les complexes qui les paralysent... L’art de l’éloquence devrait être enseigné très tôt.

 

 

IN. : vous évoquez aussi les inégalités sociales face à la parole…

 

M.G. : effectivement, pour ne pas reproduire des inégalités sociales, apprendre à parler en public, vaincre sa timidité est essentiel. L’écrit est bien entendu primordial, mais il ne pousse pas à s’exprimer, à faire porter sa voix, à être avec les autres, l’écrit est un refuge.

 

 

IN: vous n'évoquez quasiment pas la problématique des voix synthétiques, et du danger que les enceintes connectées pourraient venir à représenter...

 

M.G. : ce n'était pas vraiment le propos de cet ouvrage. Bien entendu la voix artificielle va faire courir des risques en matière de véracité... Je suis très satisfait que la CNIL s'empare de la problématique des  enceintes connectées afin de contrôler les mauvaises orientations et les manipulations possibles.

 

 

IN. : Majelan renaît aujourd’hui dans une nouvelle version, qu’en est-il de la première ?

 

M.G. : de fait, nous proposions deux modèles, l’un payant l’autre gratuit. Nous avons laissé tomber ce dernier. Parce qu’au terme de six mois de lancement nous avions des demandes grandissantes sur le contenu payant… Et ceux qui étaient sur le module payant n’allaient pas vers le gratuit…

 

 

IN. : quelle est la mission, (car cette application a une réelle mission), de Majelan ?

 

M.G. : l’idée est de donner la parole à des hommes et à des femmes inspirants (célèbres ou non) qui évoquent leurs parcours semés d’embûches, leurs réussites, les chemins empruntés pour concrétiser ses rêves, ses passions. C’est une méthode intelligente pour accompagner, donner envie, donner les clés aux  jeunes et moins jeunes pour franchir des barrières, des freins psychologiques ou pratiques. Majelan est un passeur. d'expériences.

 

 

IN. : êtes-vous heureux de ce prix coup de cœur INfluencia délivré par un jury prestigieux ?

 

M.G. : oui, ce n’est pas le Goncourt (rires)… mais oui bien entendu je suis très fier...

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