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Cannes Lions: Phumzile Mlambo-Ngcuka s'empare de la question Black Lives Matter et invite les entreprises à s'engager


Publié le 25/06/2020

Image actu

 

 

C'était aux Cannes Lions live il y a deux jours. La secrétaire générale adjointe de l’ONU, Phumzile Mlambo-Ngcuka enjoignait les marques à être plus actives pour soutenir le mouvement Black Lives Matter.

 

Certains parallèles sont cruels surtout lorsqu’ils décrivent une triste réalité. Interrogée à l’occasion des Lions Cannes sur le mouvement Black Lives Matter, Phumzile Mlambo-Ngcuka répond sans la moindre hésitation : « La situation actuelle me rappelle celle de l’Afrique du Sud durant l’apartheid lorsque l’Etat était brutal et que mes amis se faisaient tirer dessus ». La secrétaire générale adjointe de l'ONU et directrice exécutive d'ONU Femmes parle en connaissance de cause.

 

 

Proche de Nelson Mandela


 Cette ancienne députée de l'ANC (Congrès national africain), qui a occupé les postes de vice-ministre du Commerce et de ministre de l’Énergie et des Mines avant de devenir la première femme à devenir vice-présidente de la république sud-africaine aux côtés de Thabo Mbeki entre 2005 et 2008, est une voix respectée en Afrique et dans le monde. Elle comprend les raisons qui poussent tant d’Américains à manifester dans les rues depuis le tragique décès de George Floyd à Minneapolis. « La persistance de leur combat est lié au fait qu’ils souhaitent être entendus », explique cette dirigeante qui a obtenu un doctorat en éducation et technologie à l’Université de Warwick au Royaume-Un . Les marques peuvent jouer un rôle dans la lutte actuelle.

 

 

Ce sont les grands groupes qui prennent la parole sur ces questions

 

« En Afrique du Sud, le secteur privé local est longtemps resté sur le bas-côté durant l’apartheid et ce sont les groupes internationaux qui les ont forcé à prendre position, se souvient Phumzile Mlambo-Ngcuka. La même chose peut arriver aujourd’hui avec Black Lives Matter. Les entreprises aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Afrique du sud et dans le reste du monde peuvent, elles aussi, unir leurs voix pour faire diffuser leur message auprès du grand public et des autorités. Le rôle des marques est de soutenir le mouvement actuel et de ne pas lâcher prise tant que leurs revendications ne seront pas entendues. Trop souvent, le secteur privé passe d’une campagne à l’autre sans se préoccuper de savoir si leurs demandes sont entendues. Rester sur le bas-coté est presque aussi mal que de perpétuer des stéréotypes ».

 

 

IBM, Microsoft, Amazon entrent enfin en résistance

 

Certains grands groupes semblent l’avoir compris ces dernières semaines. IBM, Amazon et Microsoft viennent ainsi de décider de cesser la commercialisation de leurs technologies de reconnaissance faciale aux forces de police pour lutter contre le profilage racial mis en place par certaines municipalités (NDLR, lire l'article de  dans La Quotidienne sur ce sujet ). La messagerie cryptée Signal, qui est très populaire aux États-Unis,  comme nous l'expliquions dans un article publié la semaine dernière, propose depuis peu un outil de floutage automatique des visages afin de sécuriser l’organisation des manifestations contre le racisme. Les pros de com et les journalistes ont aussi un rôle à jouer dans cette lutte contre la discrimination. « Les médias et les agences de publicité savent comment influencer les gens et obtenir des résultats, assure la secrétaire générale adjointe de l’ONU. Ces compétences sont recherchées aujourd’hui. Qu’ils les utilisent pour une bonne cause et pas seulement pour générer des bénéfices! Le racisme est une pandémie. La violence contre les femmes est une pandémie. Les marques doivent lutter contre ces pandémies». Les moyens de s’impliquer dans le mouvement actuel ne manquent pas.

 

 

Le secteur privé doit s’engager davantage

 

Les annonceurs « doivent s’assurer que les projets qu’ils diffusent dans les médias encouragent l’inclusion et la diversité, ajoute Phumzile Mlambo-Ngcuka. Ils doivent aussi s’assurer que leurs bénéfices financiers profitent aux personnes qui vont travailler tous les jours. Leurs entreprises doivent également vérifier qu’elles emploient des personnes d’horizons différents. Combien de femmes, de noirs et de jeunes comptez-vous dans votre personnel ? Le temps n’est plus aux changements progressifs. Le secteur privé doit s’engager davantage. Les politiciens se soucient de la publicité. Je le sais car j’ai fait de la politique pendant presque toute ma vie. Les agences doivent, en conséquence, utiliser le pouvoir qu’elles ont auprès des décideurs pour les encourager à changer… »

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