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Rugir pour ne plus rougir : Les Lionnes s'insurgent


Publié le 12/06/2019

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À quelques jours des Cannes Lions, aka Festival International de la Créativité, aka le rendez-vous annuel des pubards, Les Lionnes s’insurgent contre le sexisme continu qui pollue l’industrie et dénonce les comportements, les mots et le quotidien du second sexe en les placardant dans les rues de Paris. 

 

 

La résistance collective pour refuser les comportement de la gente masculine publicitaire dite progressiste et dans son  temps. Voilà ce que sont Les Lionnes, association loi 1901 présidée par Christelle Delarue et fondée par des femmes publicitaires. Nées au lendemain du scandale de la Ligue du Lol et faisant suite à une une tribune signée dans les colonnes du Monde par Christelle Delarue, fondatrice de la premiere agence de pub féministe Mad&Women, Les Lionnes n’ont qu’un objectif : dénoncer les comportements, donner de la voix à celles que l’on tait, pour in fine, assainir un milieu gangrené par un sexisme banalisé.

 

Dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juin 2019, elles sont passées à l’offensive. Et pour faire entendre leurs revendications, les rues de Paris ont servi de support. Un affichage sauvage pour mettre sous les yeux de tous une quarantaine de phrases, de « blagues » (comme ils disent), et de situations de sexisme subies par les femmes. Les Lionnes s’insurgent au nom des femmes, au nom d’une société et ici d’un secteur qui manque à cerner sa réalité. 

 

« Je voulais juste te toucher les seins, ça va ».  Ses envies, ma dignité

« Elle met des jupes pour qu’on lui claque le cul ». Ses principes, ma dignité

« Si tu gardes le  bébé, tu es virée ». Ses menaces,  ma dignité. 

« Il m’a viré car j’ai fait un tweet avec le hashtag MeToo ». Ses pouvoirs, ma dignité.

« Il me convoquait chez lui après minuit  et m’attendait en peignoir ». Ses demandes, ma dignité.

« J’aime bien quand tu bosses en face de mon bureau, je vois ta petite chatte ». Son regard, ma dignité. 

« Il m’envoyait des photos de sa bite en réunion client ». Ses désirs, ma dignité. 

« Tu fais vraiment salope  avec tes lunettes ». Ses remarques, ma dignité. 

« Dis la lesbienne, est-ce que tu la baises comme un bonhomme ta  copine ? ». Ses mots, ma dignité.

« Si  tu ne te la fais pas, moi j’me la fais. Ses désirs, ma dignité. 

« C’est un problème tes seins car soit on te déteste soit on veut te baiser ».  Ses tracas, ma dignité. 

 

 

Les mots pour faire bouger

 

Ici il est question de principes, de mots, de raison, d’excuses, d’envies, de regards, de reproches, de jeux de pouvoirs, d'abus de tous sens et formats confondus, d’insultes, et puis toujours et surtout, de dignité. La dignité pour élever la voix et faire taire ces injonctions intolérables. Voilà de quoi vous mettre l’eau à la bouche. À la manière Loïc Prigent et ses iconiques phrases/punchline chopées à la volée dans le microcosme mode-mondain déconnecté de la réalité, la campagne des Lionnes illustrent tristement bien la réalité du marché du travail chez les publicitaires, entre autres. 

 

L’intention ici est claire : inviter la profession à faire face à ses responsabilités et à opérer une profonde introspection pour tendre vers l’égalité réelle. Une prise de parole déclinée en court-métrage et accompagnée d’un site dédié permettant de recueillir des témoignages sous anonymat.  Puisqu’ égalité, sens, et responsabilité sont des termes à la bouche  de tous les marketeurs et ornent les recommendations stratégiques de toutes les agences, il serait peut-être temps de l’appliquer à son propre quotidien. Pas vrai ? Et puisque « Si les femmes ne sont pas à la table des négociations, c’est qu’elles sont au menu ! », comme s’exclame Christelle Delarue face à la tête des directions de création à l’échelle internationale, composée à 89% d’hommes, Les Lionnes débarquent aussi aux Cannes Lions du 17 au 21 juin en y  organisant le « OFF » du Festival.

 

Tout ce qu’on peut vous dire, c’est que ça va barder. Une affaire à suivre, donc. 

 

 

 

 

 

 

Crédits : 

Direction de la photo et Réalisation : Noémie Gillot 

Montage : Charlotte Teillard 

Musique : Oui Arigato Massaï - Shut Up // Diez Music 

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