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Stéphane Plassier : « Les créateurs sont malmenés »


Publié le 28/11/2012

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La culture / l’imagination créative vous donne-t-elle une raison d’espérer ?

 

Stéphane Plassier : Nos sociétés sont dans un tel état de désespoir, d’étouffement, de sclérose, que la liberté du geste artistique prend toute sa place et toute son évidence. D’une certaine manière, on ne peut qu’espérer.

 

Les créateurs aujourd’hui sont malmenés et confrontés à une multitude de contingences (économique, juridique avec le non respect des droits d’auteurs, philosophique etc) qui les obligent à se rassembler et à penser, ensemble à leur avenir ;

 

Un grand nombre de projets artistiques rassemblent aujourd’hui des formes très diverses d’expression artistique : vidéo, peinture, installation, etc. ce croissement des disciplines est fécond pour le processus créatif.

 

On revient aujourd’hui à une certaine forme de décloisonnement des métiers : il n’est plus « suspect » aujourd’hui qu’un plasticien soit aussi architecte, designer ou sculpteur. C’est le même geste créatif qui se prolonge dans différentes formes. Ce geste semble s’être libéré. Du reste, on retrouve là un mode créatif très en vogue à la Renaissance et par ailleurs fondement du Bauhaus.

 

Dans le même sens, ce décloisonnement relie désormais dans une même dynamique l’artisan, l’artiste et l’industriel. Il y a là de nouvelles choses à concevoir ensemble.

 

Il faut exploiter d’avantage le champ de l’artisanat d’art qui est aujourd’hui peu considéré et qui constitue un gisement à exploiter pour la création.

 

Qui l’incarne le mieux ?

 

Stéphane Plassier : Mon projet actuel Caravana Negra présenté en 2013 à la USINA , sous l’égide de l’ambassade de France et de l’institut français de Buenos Aires, qui rassemble différents aspects : le mélange des formes : installations, vidéo, performances, arts plastiques, musique , arts appliquées et arts culinaires ; le lien intergénérationnel avec le travail avec des universités locales pour créer certaine partie de l’exposition ; la dimension sociale de toute œuvre puisqu’un travail collaboratif avec le réseau associatif local est mis en place autour du projet d’exposition ; une œuvre nomade et mutante : cette exposition est amenée à voyager et à se transformer au grès de ses pérégrinations.

 

Comment souhaitez-vous la transmettre aux générations futures ?

 

Stéphane Plassier : Il existe encore aujourd’hui des relations fortes de compagnonnage entre les artistes et de jeunes générations de créateurs qui souhaitent se former sur le terrain. La transmission aux générations futures se fait souvent par le biais d’une relation intuitu personae, « on se choisit ».

 

 

A propos de Stéphane Plassier


Né en 1960, Stéphane Plassier intervient dans les domaines de la mode, de l’architecture, du design, et de la mise en scène. Diplomé de l’Université d’Arts Plastiques et d’Histoire de l’Art de Haute-Bretagne, il est particulièrement sensible au manifeste du Bauhaus : Le but ultime de toute activité plastique est la construction ! Cette démarche l’amène à dessiner des collections de vêtements, des meubles, des hôtels à l’instar de la nouvelle aile du mythique Ousteau de Baumanière, la scénographie du Bérénice de Lambert Wilson avec Christine Scott Thomas. Eclectique, il customise la célèbre chaise « langue » de Pierre Paulin à sa demande, conçoit l’architecture intérieure et la signalétique des 9000 mètres carrés de l’École des arts visuels de Marrakech, signe la scénographie de l'exposition "Mariage" au palais Galliera, et de Scarf Dance pour Hermes à NY, dessine une ligne de maroquinerie pour le quotidien « Le Monde », une collection décalée d'art de la table chez le porcelainier Raynaud, revisite le plateau repas dessiné par Raymond Loewy pour le concorde et imagine la dernière campagne du Musée d'Orsay.

 

 

Présentation du Forum d'Avignon


Le Forum d’Avignon a pour objectif d’approfondir les liens entre les mondes de la culture et de l’économie en proposant des pistes de réflexion au niveau international, européen et local. Créé après la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle et soutenu dès l’origine par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Forum d’Avignon organise chaque année, avec ses partenaires, des rencontres internationales qui sont l’occasion de débats inédits entre les acteurs de la culture, des industries de la création, de l’économie et des médias. La prochaine édition aura lieu du 15 au 17 novembre.

 

 


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