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Comment transformer un village fantôme en espace de coworking


Publié le 15/02/2016

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Plus que chic, le coworking est carrément exotique en tour du monde ou à bord d'un catamaran. La tendance à l’espace de travail partagé peut aussi inspirer la création d’un village communautaire où 150 indépendants bossent et vivent ensemble.

 

Pour rappeler que dans freelance, il y a le mot « free », certains programmes de coworking  jouent à fond l’atout liberté. Comme Hackers Paradise qui emmène, chaque mois, à l’aventure dans un nouveau pays des ingénieurs informatiques de Remote Year pour casser leur environnement de travail. Ou comme Outsite, qui organise la vie professionnelle en communauté dans des maisons en bord de mer, aux Etats-Unis. Mieux encore avec Coboat, un catamaran qui déplace le curseur « kiff » du boulot en groupe vers de nouvelles frontières. INfluencia avait interrogé l'un de ses co-fondateurs en octobre dernier. Pourtant, une agence média en Angleterre pousse l’exotisme et l’intimisme du coworking encore plus loin.

 

Depuis avril 2015, Artist Media Agency nourrit un projet dans cet air du temps mais encore plus avant-gardiste : racheter un village abandonné en Espagne pour le rénover en un espace de travail commun et permanent occupé par 150 artistes, développeurs et scientifiques indépendants. Et donc libres de travailler où bon leur semble. « Il y a aujourd’hui énormément de freelancers et un gros marché de location d’espace de travail partagé. Nous pourrions être un exemple d’un co-working exotique de niche », explique Aaron Perlmutter, ingénieur de la data de 27 ans et un des quatre dirigeants de Artist Media Agency.

 

Fonctionnant sur le modèle d’un collectif artistique, cette agence « hybride composée d’ingénieurs informatique et d’artistes », selon Aaron Perlmutter, a eu l’idée de monter Finding Aldea. « Parce qu’on ne peut pas se permettre des bureaux à Londres, qu’on ne veut pas être esclaves des crédits et qu’en Espagne, au moins, on peut posséder notre propre terrain », détaille l’un des chefs de fil du projet.

 

 

Deux mairies intéressées en Espagne

 

Selon l’Institut national statistique espagnol, le royaume ibérique compte presque 3 000 villages abandonnés à vendre. Depuis 2013, le gouvernement de la région de Galice propose même de céder gratuitement des villages médiévaux en ruines à condition de redynamiser les lieux. Malgré tout « ça reste compliqué de le faire seul », argumente Aaron Perlmutter.

 

Finding Aldea cherche donc 150 volontaires pour peupler son village de coworking, dans lequel les élus vivront aussi en communauté. Depuis la diffusion, le 31 janvier, de deux vidéos mettant en scène la recherche du sésame par l’équipe, l’agence assure avoir reçu plus de 300 candidatures. L’installation permanente est prévue pour novembre 2016. Elle devrait coûter entre 1 000 et 5 000 euros pour chaque résident tandis que le projet ambitionne d’investir quelques 800 000 euros sur deux ans, notamment dans les travaux de construction. « Pour l’instant deux maires sont motivés pour nous accueillir près de Almeria et de Murcia. Nous explorons des pistes aussi au Portugal, rien n’est encore définitif », nous confie Paulo Ricca, d’AMA.

 

 

Le deep learning pour filtrer les candidats

 

Si le village sera ouvert à des freelancers ponctuels de passage quelques semaines, l’idée première du projet reste bien de faire cohabiter ensemble 150 pionniers permanents, a priori des millennials hipsters en quête d’exotisme et d’une émulation audacieuse unique. Pour ne pas rater le casting, Artist Media Agency sort la grosse artillerie technologique : un algorithme de deep learning qui sera prêt en mai et une analyse affinée par la data disponible sur les profils Facebook et LinkedIn des candidats. « C’est avant tout une question d’efficacité, cela nous permettra de passer tout le monde en revue sans devoir rencontrer chacun de visu. Nous n’avons pas le temps pour cela, car nous avons un travail au quotidien en parallèle. En plus, il faut être sûr que chaque freelancer choisi aura une carrière qui s’inscrira dans la durée, et non pas une simple envie -certes légitime mais pas suffisante- de vivre une expérience excitante », précise Aaron Perlmutter.

 

 

 

 

 

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