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Instagram toxique pour le corps des femmes ?

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Publié le 02/01/2017

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Chère lectrice, si vous avez déjà comparé votre corps à celui des " bombasses " retouchées vendeuses de rêve sur Instagram, les résultats d'une nouvelle étude australienne ne vous surprendront pas : oui, se comparer sur le réseau social où tout le monde est beau et heureux, ça déprime et altère l'estime de son corps.

 

L'embonpoint et la mauvaise image des femmes qui se trouvent grosses freinent-ils leur vie sexuelle ? Weight Watchers Australie le pense et promouvait le mois dernier le "Love Yourself" dans une campagne flinguée par de mauvaises RP. Construite sur les résultats de sa propre étude, stipulant que 61% des femmes complexées par leur rondeurs étaient sexuellement inhibées par leur image d'elle même, Weight Watchers Black a tiré sur une ficelle complexe: le lien entre obésité et sexe. Est-ce qu'Instagram le distend en accroissant nos complexes physiques ? Trois professeurs australiens en psychologie le pensent et l'ont clamé dans le média en ligne The Conversation. En se basant sur plusieurs études dont la leur, ils estiment que l'eugénisme iconographique des filtres photo fait plus de dégâts sur l'estime de soi que le photoshop des campagnes d'affichage.

 

Publiée le 8 novembre dernier par les trois universitaires Jasmine Fardouly, Rebecca T. Pinkus et Lenny R. Vartanian, une étude ( voir ci-dessous ) sur l'impact des comparaisons d'apparences faites par les femmes sur les médias sociaux, met en exergue la capacité pernicieuse d'Instagram à susciter chez les jeunes femmes l'envie et la jalousie du corps de l'autre. Sur les 150 étudiantes sondées, la plupart ont même avoué être de plus mauvaise humeur et plus mal à l'aise avec leur apparence après avoir comparé leur corps avec celui d'une Instagrameuse. De ce malaise il résulte une envie de perte de poids et de vie plus saine.

 

"Les femmes se comparent plus entre elle sur les médias sociaux que dans les magazines ou sur des panneaux publicitaires dans la rue. Cela est dû au fait que les femmes qui s'y exhibent choisissent non seulement les meilleures photos, mais aussi qu'elles les modifient pour avoir l'air encore plus attractives. Pour les jeunes femmes que nous avons interrogées, la comparaison entre leur corps tel qu'il est au naturel et celui diffusé sur un réseau social comme Instagram peut être particulièrement douloureux", explique le trio d'universitaires. Le constat est intéressant mais on serait tenté de dire qu'il n'y pas besoin d'avoir un doctorat en sociologie ou en psychologie pour l'énoncer avec assurance dans un diner en ville.

 

 

Boycotter des vendeuses de rêves comme les Kardashian

 

Supposer que regarder les avantages tronqués de l'autre sur la Toile ne fait du bien à sa propre estime est d'autant plus évident que les résultats de cette nouvelle étude conforte des recherches sur la corrélation entre la comparaison sur les réseaux sociaux et la dépression ou l'insatisfaction de son propre corps. Une étude de l'université du Texas concluait exactement la même chose il y a déjà deux ans, ajoutant que le mal être engendré pouvait mener à un trouble du comportement alimentaire.

 

Comment donc limiter l'impact de ces comparaisons nocives ? L'étude australienne s'interroge et apporte une vision, pour ne pas se contenter de seulement dresser un constat: "Les jeunes femmes devraient se désintoxiquer des réseaux sociaux si elles se rendent comptent que ça leur porte préjudice. Pour y arriver encore faut-il qu'elles soient conscientes de l'impact négatif que ces réseaux ont sur elles. Il faut qu'elles soient plus critiques sur la véracité des images qu'elles voient. Une autre solution est aussi d'arrêter de suivre des Instagrameuses qui bombardent le réseau social de photos retouchées et qui vendent un faux rêve, comme par exemple les Kardashian. Enfin suivre des comptes parodiques comme celui de la comédienne Celeste Barber peut être utile, comme également ne poster que des photos naturelles de soi."

 

 

De Sports Illustrated à Dear Kate, le corps féminin dans tous ses produits d'appel

 

Pour ramener une touche de cynisme dans le débat, nous devons malheureusement supposer que la femme Barbie aux mensurations faussement parfaites restera sans doute toujours un argument esthétique marketing pour les marques et les médias. Comme nous le relations en février 2014, le magazine nord-américain Sports Illustrated en apporte la preuve avec son ode annuelle à la beauté plastique dans le très populaire numéro spécial maillot de bain.

 

Mais l’exposition publique de la gent féminine dans son plus simple appareil peut aussi servir à lever des fonds pour une bonne cause – comme les rameuses de l’université de Warwick en Angleterre - ou bien éveiller les consciences et faire sauter des tabous sur le sport féminin – à l’instar des joueuses de l’équipe nationale canadienne de rugby. Pour une marque de sous-vêtements comme Dear Kate, elle a même servi à mettre en scène des cheffes d’entreprise de la Silicon Valley pour en dénoncer le sexisme dans une campagne audacieuse. L'étalage de corps est alors sans truquage et sans danger pour le moral. Bien au contraire.

 

 

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