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Marseille, prête à porter la mode en triomphe


Publié le 20/06/2018

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Avec son milliard d’euros de chiffres d’affaires, Marseille s’impose comme la deuxième capitale française de la mode. Pas de haute couture ici, c’est la chasse gardée du gratin parisien, en revanche, du street-wear en veux-tu en voilà.

 

 

« Marseille est un carrefour de cultures. La cité s’ouvre depuis toujours sur le monde. C’est dans son ADN de regarder vers le sud, l’Afrique, et de s’en inspirer. Que l’on soit Belge ou Breton, la mode fonctionne lorsqu’elle fusionne des origines créativités diverses », analyse Sidney Toledano, le Président Directeur Général de Christian Dior Couture et administrateur de la Maison Mode Méditérranée à Marseille (MMM) « Dans nos studios, toutes les nationalités sont ainsi représentées. Je dirais même que l’accès à la mode permet de rentrer dans une culture plus facilement ». Et de prendre pour exemple, Christian Lacroix, le couturier de la couleur qui croise avec brio ses origines arlésiennes et son apprentissage de la mode à l’école du Louvre.

 

 

Style et ADN

 

« Je suis ambassadeur de ma ville et il me parait logique de continuer à développer Kulte ici », affirme Matthieu Gamet, ancien directeur de la griffe et président de la MMM, « Il y a un important potentiel à Marseille et nous revendiquons haut et fort aujourd’hui notre appartenance et ce style méditerranéen ». Kulte, qui comme American Vintage, Kaporal ou encore Chabrand sont nées il y a plus des dizaines d’années dans la cité phocéenne. Des griffes qui ont su s’exporter à l’international, imposer un style, un ADN sans pour autant quitter le cocon. Une génération exemplaire dont le succès et la pérennité ont été des modèles à suivre pour des marques émergentes.

 

 

Le festival OpenMyMed


Pour accroître cette appartenance, La Maison de la Mode a créé en 2016 le festival « OpenMyMed », avec pour premier objectif cette ouverture sur les deux rives. Soit au total dix-neuf pays représentés dont l’Egypte, le Maroc, le Portugal ou encore le Liban. « Le but était de donner carte blanche à un jeune créateur », se souvient Aurélia Vigouroux, l’ambassadrice de la MMM. « On lui laisse sa chance afin de se faire connaître, comme Yacine Aouadi il y a deux ans ou Simon Jacquemus l’an dernier, avec son défilé inspiré des santons ou encore avec « Marseille Je t’aime », son exposition ».

 

 

« Fashion Booster »

 

Précurseur et faisant office d’incubateur pour jeunes talents, la structure a mis en place, il y a huit ans, bien avant le festival OpenMyMed, le prix du même nom. Les candidats, venus de France mais surtout d’ailleurs, sont sélectionnés pour passer cinq jours façon « Fashion Booster ». L’occasion pour les lauréats de développer leurs marques. « On leur donne l’accompagnement et les ressources humaines nécessaires pour mener à bien leur projet, pour la plupart la création d’une collection, d’un site internet mais aussi la recherche de fournisseurs pour d’autres », développe Aurélia Vigouroux.

 

 

Le Chabrand Challenge Création

 

C’est dans cette même lignée que la marque de maroquinerie Chabrand, née dans la cité phocéenne dans les années d’après-guerre, lance le « Chabrand Challenge Création ». Sur le même principe que le prix OpenMyMed, le concours est ouvert à l’international et permettra au gagnant de créer un sac pour la prochaine collection femme automne/hiver 2019. « Il y a double enjeu dans ce challenge, il nous permettra d’exposer davantage la marque en France mais aussi de servir de tremplin pour de jeunes designers en quête de visibilité », dévoile Julien Lin, le propriétaire de Chabrand. « Si ce challenge est un succès je pense à le renouveler chaque année ».

 

 

Des diplômes… une école

 

Mais ces initiatives vont au-delà de l’effervescence des marques. En partenariat avec la Maison de la Mode, l’Université Aix-Marseille a lancé un master de Management des Métiers de la Mode et du Textile en 2010. A l’heure actuelle c’est le seul diplôme d’Etat reconnu dans le domaine de la mode. Un grand pas pour la Métropole Aix-Marseille Provence qui affirme sa position de vivier créatif, avec 75 à 80% d’insertion professionnelle des étudiants avant même la fin de leur stage. « Deux autres diplômes sont d’ores et déjà en préparation et devraient être lancés à l’été 2019 », confie Matthieu Gamet, président de la MMM. « Il y avait une véritable demande de la part des entreprises mais aussi des étudiants dans le Sud. Dorénavant les marques savent qu’il y a des professionnels sur le marché du travail, formés par les plus grands ». Puisque l’enseignement du management de la mode notamment, y est dispensés par des dirigeants d’American Vintage, Sessùn ou encore Dior.

 

Parce qu’à Marseille ce n’est jamais comme ailleurs, des jeunes marques françaises comme Triaaangles ou encore Le Binôme puisent leur inspiration dans l’histoire de la ville. « Le Vallon des Auffes », « La Joliette » ou encore « Les Catalans », autant de quartiers emblématiques de Marseille floqués sur une déclinaison de produits. Les expressions marseillaises ne sont pas en reste : « Je danse le Mia », « Boucan », ou bien « Je crains dégun » sont arborés fièrement sur des tee-shirts 100% marseillais.

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