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Publicité et marketing : comment notre industrie a engendré l’homme vitrine


Publié le 18/05/2017

Image actu

 

Projection symptomatique de l’individu, de la société et de notre industrie, cette installation artistique vivante, engagée et permanente mais éphémère interroge sans concession le passant/shopper à travers son milieu naturel : la vitrine commerciale.


Depuis le 15 mai au matin, #LhommeVitrine, -1,80 mètre, 75 kg mais asexué- s’impose 24h/24 dans ses 9 m2 aux passants/shoppers de la rue de la Ferronnerie. Suscitant intérêt entre rejet et fascination, car telle une statue de musée, visage masqué, le corps figé, vêtu et accessoirisé avec la parfaite panoplie (caddy, smartphone, téléviseur…) de la société de consommation et de notre industrie, il est à voir dans son élément naturel : une vitrine commerciale.

 

Projection symptomatique de notre époque, cette installation artistique, éphémère, sans concession livre une analyse sociologique et contextuelle de l’Homme plus que lucide, taclant son asservissement d’autant plus alarmant qu’il est consenti voire réclamé. « Pour vivre (mal) comme il vit aujourd’hui, l’Homme moderne méritait une exposition à son effigie », raconte ce célèbre artiste qui se cache sous l’homme vitrine et à l’identité encore secrète. Dénonçant autant l’ère marchande que l’homme marchandise qui va avec. « Ce zoo humain éphémère vient rappeler la place de l’homme dans nos sociétés marchandes », insiste-t-il.

 

 

Un zoo humain en plein Paris

 

D’ailleurs la vitrine proclamée ici comme « seul espace de vie et d’expression possibles » est aussi le moyen pour l’artiste de remplacer les habituels slogans publicitaires conçus pour susciter désir et acte d’achat par les « accroches » : « Regardez bien cet homme. C’est une marchandise. Comme vous », « Regardez bien cette vitrine, il n’y a rien à vendre » ou bien « Regardez bien cet homme, le système l’a rendu lisse ». Une antienne reprise sur Twitter, un de nos autres miroirs déformants, grâce auquel, « L’Homme Vitrine », bien vivant malgré tout et solidaire, provoque, communique tout en partageant son vécu, les vies et les vices des spectateurs (« je suis un ado qui se recoiffe », « je m’interroge sur le genre humain », « je vois un couple illégitime… des smartphones qui me shootent ». Réceptacle également de ses impressions au fil des évènements du jour « je suis arrivé par hasard, je crie fort car j’ai déjà envie d’ailleurs », ou de ses opinions avec « j’ingurgite ce que je vois » lors de l’annonce du gouvernement d’Edouard Philippe.

 

Entre cri du cœur et (r)appel urgent ce regard engagé et acide n’a jamais aussi bien illustré la question qui n’a plus rien d’une boutade : « dans quel état j’erre ? ». Si vous osez, allez faire ce lèche vitrine si particulier. Avec en prime, le 20 mai à 19 heures, son auteur qui enlèvera son masque et une autre surprise selon nos informations.

 

 

 

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