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Un billboard pour quitter son mari


Publié le 29/09/2015

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Et si les panneaux d’affichage servaient la quête de supports physiques d’expression des particuliers ? La revanche d’une femme anglaise trahie vient conforter un début de tendance.

 

Que voulez-vous, c’est comme ça : on demande à quelqu’un pourquoi il n’est pas marié, pas les raisons pour lesquelles il s’est marié. On demande à quelqu’un pourquoi il n’a pas d’enfant, pas ce qui l’a poussé à en avoir. On célèbre avec festivité les unions et les diplômes, pas les divorces et les échecs. Paradoxalement les médias d’information généralistes sont plus prompts à couvrir les drames que les joies, comme si le négatif faisait automatiquement mieux vendre. Quand il s’agit d’utiliser des supports médiatiques pour faire passer un message privé, le consommateur préfère les demandes en mariage, les moqueries et les félicitations au fiston diplômé, entre autres. Pour clouer au pilori un compagnon infidèle, le panneau d’affichage peut pourtant être une arme subtile de revanche.

 

Dire que l’adultère sert souvent le dessein créatif de la pub et du théâtre de boulevard relève du doux euphémisme : on ne compte plus les amants et les maîtresses dans les vaudevilles et les campagnes pseudo-sarcastiques. Utiliser l’infidélité pour supporter son contenu demande pourtant une subtilité qu’une petite minorité d’auteurs maîtrise. Visiblement, une madame-tout-le-monde trahie par son bienaimé peut faire partie du club. Les passants, qui la semaine dernière, ont défilé devant le panneau d’affichage digital qu'une femme trompée anglaise s'est offert, pourront en attester.

 

Installé en bordure d’une route très empruntée, entre 6h et 9h du matin, de la ville de Sheffield, le panneau a servi de tribune de représailles à une certaine Lisa. Epuré et ironique, son texte s’adresse à son mari, Paul, qui visiblement est censé passer par là pour se rendre à son travail : « A mon mari infidèle, Paul. Vous êtes faits l’un pour l’autre. Quand tu rentreras à la maison, je ne serai pas là. Profite bien de ton trajet vers le bureau ». Selon Mark Catterall de l’agence Kong Media interrogé par le Guardian, Lisa aurait payé plusieurs centaines d’euros pour ce panneau. Si c’est le cas, c’est une revanche bon marché.

 

En juin dernier, une mère célibataire nord-américaine dépensait 600 euros pour féliciter sur un panneau géant et pendant trois semaines son fils de 18 ans, récent bachelier. Il y a deux semaines, une association de défense des droits homosexuels se payait un panneau pour se moquer de Kim Davis, la nouvelle égérie anti-mariage gay des chrétiens ultras conservateurs aux Etats-Unis. Clairement, ce type de média intéresse de plus en plus les particuliers pour autre chose que demander la main de leur partenaire. Développer un modèle de panneau pour le consommateur en quête de supports physiques d’expression pourrait apporter une nouvelle touche personnelle et émotive à ce média qui, entre réalité augmentée et interactivité sociale, a déjà entamé sa refonte.

 

 

 

 

 

 

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