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Legafrik veut simplifier la vie des entrepreneurs


Publié le 11/04/2018

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Cette plateforme aide les start-upper africains à effectuer leurs démarches administratives grâce à leur smartphone. L'outil par excellence pour cette zone ultra-dynamique sur le plan entrepreneurial.

 

 

La paperasserie est le cauchemar de tout entrepreneur qui se respecte. Les contrats, les démarches juridiques et les formalités administratives représentent un véritable labyrinthe pour de nombreux start-upper. Un papier oublié est souvent synonyme de gros soucis. Redressement fiscal, interdiction de travailler, procès… Cette liste est infinie. Ce casse-tête est souvent compliqué à résoudre et particulièrement en Afrique. Youssouf Ballo l’a compris le jour où son oncle, entrepreneur en électroménager, lui a demandé un coup de main pour préparer un contrat de bail pour un contrat commercial. Ce juriste de formation s’est alors aperçu qu’aucun modèle-type ne pouvait être téléchargé sur la Toile et qu’il n’existait pas de bases de données disponibles pour le grand public. Cet Ivoirien de 27 ans décide alors de s’associer avec un ami informaticien, Daouda Diallo, pour créer une plateforme afin d’aider les PME, les TPE, les start-up et les particuliers à accomplir les formalités juridiques et administratives en ligne dans les dix-sept pays membres de l’Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires. L’OHADA regroupe aujourd’hui le Bénin, le Burkina-Faso, le Cameroun, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, le Congo, les Comores, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée-Equatoriale, le Mali, le Niger, la République Démocratique du Congo (RDC), le Sénégal, le Tchad et le Togo.

 

Lancée le 25 septembre, Legafrik permet aux entrepreneurs de pouvoir créer et gérer leur société de manière totalement dématérialisée grâce à leur smartphone. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui la zone de développement prioritaire de la plateforme qui a déjà accompagné plusieurs dizaines de start-upper depuis l’ouverture de son bureau d’Abidjan en janvier 2018. Pour poursuivre son développement, cette toute jeune société vient de faire entrer dans son capital Legalstart.fr. Depuis son lancement en 2013, le leader français des services juridiques en ligne a aidé plus de 70 000 entrepreneurs à créer et à développer leur entreprise. Sa décision de venir en aide à Legafrik n’a pas été longue à prendre. « L’Afrique est une zone ultra-dynamique sur le plan entrepreneurial et il est donc naturel d'imaginer des solutions technologiques permettant de simplifier les démarches juridiques et administratives », résume Pierre Aïdan, le co-fondateur de Legalstart.fr « Nous sommes très heureux de pouvoir apporter notre soutien à Legafrik et ainsi promouvoir la création d’entreprises dans la zone Ohada. Nous croyons en Youssouf et sommes vraiment ravis de pouvoir l’aider à accélérer la mise en oeuvre de son projet en Côte d’Ivoire et au-delà ».

 

 

Un dynamisme à relativiser

 

Le dynamisme de cette région est impressionnant. Ces trois dernières années, le nombre de créations d’entreprises a augmenté de 30% grâce notamment à l’essor de l’internet et à la hausse annuelle de 20% des connexions sur la Toile. En 2020, 720 millions d’Africains posséderont un smartphone. Dans les 18 pays africains pour lesquels des statistiques sont disponibles, les entrepreneurs qui ont créé leur société représentent 11 % de la population en âge de travailler. Cette proportion est nettement supérieure à celle des pays en développement en Amérique Latine (8 %) et en Asie (5 %) mais encore trop peu de start-up sont lancées dans des secteurs à forte croissance, regrettent la Banque africaine de développement (BAfD), le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans leur rapport annuel sur les « Perspectives économiques en Afrique ».

 

La plupart de ces TPE ne parviennent pas à croître suffisamment pour embaucher et elles introduisent très rarement des innovations sur les marchés. « Les économies africaines ne peuvent pas se permettre de rater la prochaine étape de leur transformation productive », prévient Mario Pezzini, le directeur du Centre de développement de l’OCDE « Les entrepreneurs doivent être des acteurs de premier plan de la quatrième révolution industrielle en Afrique ». En simplifiant les démarches administratives, Legafrik pourrait encourager des jeunes à lancer leur business.

 

 

 

 

 

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