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Et si l'Art remplaçait la publicité ?


Publié le 13/10/2014

Image actu

 

Notre inconscient est-il hautement perméable à l’affichage publicitaire visuel à outrance ? Trois artistes newyorkais en sont persuadés. Pour résoudre ce qu’ils jugent comme un problème publique de santé mentale, ils lancent une application qui remplace les affiches de métro par de l’art.

 

Trop de pub tue la pub ? Le débat sur son matraquage visuel quotidien est aussi vieux que celui sur la réforme fiscale française. Pour les plus zélés opposants au lavage de cerveau qu’ils dénoncent, les annonceurs et leurs bras armés créatifs nous bourrent insidieusement le crâne. Dans leur viseur, le métro et ses espaces souterrains constituent une cible privilégiée. Un artiste de rue newyorkais et deux acolytes apportent une nouvelle arme dans l’arsenal de combat des ennemis de la densité publicitaire : la réalité augmentée !

 

En proposant gratuitement depuis fin septembre l’application NO AD, Jordan Seiler, Jowy Romano et B.C Bierman permettent au chaland connecté de transformer une affiche publicitaire en un contenu artistique. Vous préférez passer 30 secondes à regarder quelques photos de l’exposition de Sebastião Salgado au Centre International de la Photographie, plutôt que passer en vitesse devant l’affiche du dernier blockbuster hollywoodien ou du dernier smartphone en peau de chamois ? Il vous suffira dans plusieurs des 468 stations du métro newyorkais de pointer votre smartphone sur la pub indésirable et hop, vous aurez le droit à de l’art à la place sur votre écran. Pour l’instant ce sont quelque 50 artistes, principalement de rue, qui contribuent au projet, capable jusqu’à fin octobre de remplacer plus de 100 affiches, en attendant que le catalogue de NO AD soit élargi.

 

Dans le New York Times fin septembre, un des deux créateurs de NO AD expliquait la double ambition de l’application, qui comme le raconte le quotidien national dans le même article connaît encore quelques soubresauts dans son fonctionnement. « Jordan (Seiler) incarne l’aspect anti pub du projet, moi sa volonté d’importer l’art dans le métro de New York », confie Jowy Romano, qui défend également sa cause dans un blog de référence. Dans son discours, il est facile de lire celui des soutiens aux alternatives artistiques au contenu publicitaire dans les espaces publics.

 

 

L’Amtrak donne l’exemple à Philadelphie

 

« Je pense que la surconsommation de pub est néfaste pour notre santé mentale. C’est sur cet argument là qu’il faut s’en débarrasser comme d’un déchet toxique », complète en écho l’activiste et artiste Jordan Seiler, sur le site de Fast Company. La plaidoirie est sûrement un peu trop radicale. Mais l’argument de celui qui depuis 14 ans défend une meilleure utilisation des lieux publics via le projet Public Ad Campaign a le mérite de remettre sur le devant de la scène deux débats très intéressants. Lesquels ?

 

Primo celui sur l’efficacité de l’exposition publicitaire sur le processus cérébral inconscient de la décision d’achat. Secundo, NO AD interroge sur la nécessité (ou non) pour la curiosité et l’éveil des citoyens de substituer des contenus plus intelligents aux pubs print classiques, vues, revues, encore revues et devant lesquelles le passant ne s’arrête quasiment jamais. Dans le blog « Subway Ad Sucks », un graphiste anonyme moque d’ailleurs la médiocrité moyenne des affiches publicitaires dans le métro de Big apple.

 

Quand dans la banlieue de Philadelphie offre une expo d’art gratos sur les murs de plusieurs immeubles jonchés le long des rails, elle s’inscrit dans cette mouvance d’élévation intellectuelle. Idem pour l’artiste taïwanais Hsin-Chien Huang avec son expo « The Moment We Meet » dans le métro de Taipei. Et que dire de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil qui depuis huit ans a éradiqué la publicité de ses rues. La quatrième plus grand ville du monde ne s'est jamais aussi bien portée !

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

 

 

 

 

Pour télécharger l'application cliquez sur l'image

 

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