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Le pari de Sarkozy: un acte lourd de la campagne

Le pari de Sarkozy: un acte lourd de la campagne

Annoncer, à moins de 100 jours du premier tour, une hausse de la TVA dans le cadre d’un train de mesures n’est peut-être pas suicidaire. Cela reste néanmoins un pari audacieux… Et très sarkozien sur au moins un aspect. Par Emmanuel Rivière Directeur du Département Stratégies d’Opinion de TNS Sofres...




Personne  auparavant, parmi les gouvernants candidats à une présidentielle, ne l’avait jamais tenté. Le risque était double : choquer les Français en annonçant des mesures importantes comme si les électeurs n’étaient pas sur le point de reprendre la parole pour choisir leur politique, et braquer l’opinion avec des décisions impopulaires.


Gouverner jusqu’au bout avec l’assentiment des Français


En fait, la posture qui consiste à rester président jusqu’au bout et, dans l’action, apparaît légitimée. 56% des Français estiment normal  que dans un contexte de crise le Président continue à prendre des décisions importantes. Sans faire l’unanimité, cette attitude de Nicolas Sarkozy a au moins le mérite d’être approuvée au-delà de ses seuls soutiens : les ¾, des sympathisants du Modem, la moitié de ceux du FN et 1/3 des gens de gauche approuvent ce choix.

 

La rhétorique qui consiste à dire qu’en temps de crise, campagne ou pas, on ne peut pas s’autoriser de temps mort fonctionne. Elle permet au président sortant de continuer à incarner l’implication dans l’action et la capacité de décision, qui constituent ses points forts par rapport à son concurrent socialiste et de retarder l’annonce d’une candidature qui ne fait plus mystère, mais pourrait le faire descendre de son piédestal.


Peu d’espoir, mais pas de sanction


Les Français qui adhèrent à ce principe ne sont pas pour autant convaincus par les  solutions proposées. 2 sondés sur 3 ne croient pas que les mesures annoncées puissent soutenir la croissance ou l’emploi en France. Se pourrait-il, d’ailleurs, qu’une quelconque mesure puisse redonner espoir à une majorité dans ce pays désabusé ? Il faudra des résultats, pas des annonces, pour redonner confiance aux Français. Même les téléspectateurs qui ont regardé jusqu’au bout le Président expliquer ses choix à la télévision ne sont que 43% à croire en leur efficacité. Mais il faut bien constater dans le même temps que l’annonce d’une augmentation de la TVA, décision périlleuse, ne se traduit pas à ce stade par une sanction électorale.

 

Crédité de 26% des intentions de vote , Nicolas Sarkozy est certes devancé par François Hollande, (31,5%) mais il renforce sa position et surtout semble au moins provisoirement à l’abri de la menace Marine Le Pen (16%). En clôturant une semaine très favorable au candidat socialiste, le Président n’inverse pas la tendance générale : il reste très largement devancé au second tour, 42% contre 58%. Mais il rééquilibre un peu les dynamiques et surtout limite les risques d’un décrochage au profit de François Bayrou, capable de lui disputer les voix de centre droit. Le candidat du Modem pourrait bien être la principale victime de cette focalisation de l’attention par les deux principaux candidats, qui semble avoir marqué un coup d’arrêt à sa progression très médiatisée.



Un acte lourd de la campagne   


Ces annonces ne semblent certes pas avoir bouleversé les équilibres préélectoraux. Mais elles constituent assurément un acte lourd de la campagne, qui n’a sans doute pas produit tous ses effets. Il est en effet beaucoup trop tôt pour tirer les leçons de l’intervention du président. L’un des objectifs sans doute atteint était de reprendre l’initiative, de clore très rapidement la séquence ouverte par l’annonce des propositions de François Hollande et de revenir au centre des débats. Le Président a sans doute évité une érosion de sa position en prenant la parole. L’impact de ces annonces sera ensuite fonction de la manière dont le débat va rebondir, y compris durant les travaux parlementaires, et de la place qui lui sera accordée.

 

Nicolas Sarkozy peut en attendre d’autres bénéfices si ces annonces restent au centre de l’attention des prochaines semaines et lui permettent de conforter dans son camp et de nourrir a postériori l’image d’un président courageux qui assume le risque de l’impopularité et reste engagé dans l’action. Mais il suffirait qu’une autre actualité chasse celle-là et détourne l’attention pour aggraver la dévaluation de la parole présidentielle, écoutéé par des millions de téléspectateurs, mais peu suivie d’effets.



 Jusqu’au sens d’une éventuelle défaite


Cette séquence qui s’achève par un succès du candidat socialiste et un demi-succès du président sortant n’enterre donc pas définitivement le scénario du match à quatre. On n’a jamais vu à ce stade d’une campagne que les positions soient figées. Mais elle pèsera certainement au moins jusqu’au prochain acte majeur que sera la déclaration de candidature du président, et peut-être même au-delà.

Ces annonces peuvent en effet modifier jusqu’au sens d’une éventuelle défaite. Le Président donné battu dans les sondages début janvier était un président victime de son impopularité et du mécontentement sur son bilan. Si Nicolas Sarkozy sort vaincu de cette présidentielle, on retiendra qu’il a échoué pour avoir voulu jusqu’au bout prendre des mesures impopulaires.

 

 

Emmanuel Rivière

Directeur du Département Stratégies d’Opinion de TNS Sofres

@emmanuelriviere


TAGS : pari de Sarkozy / TNS SOFRES / France





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