un projet de ferme verticale,
soa architecte















LA VILLE
SOUS
LES PAVÉS,
LA TERRE
ÉVIDEMMENT

Par
Damien
Chivialle
AGRICULTURE URBAINE.
DEUX MOTS A PRIORI
ANTITHÉTIQUES. ET POURTANT
LE NOMBRE DE PROJETS
ET D’INITIATIVES SE MULTIPLIENT
EN VILLE : VERTICAL FARMING,
SERRES ROOFTOP, JARDINS FLOTTANTS…
JAMAIS L’INNOVATION AGRONOMIQUE
N’A ÉTÉ AUSSI PRÉSENTE
ET STRATÉGIQUE EN VILLE.
PLACE AUX « URBANICULTEURS »…

le container
représente une
solution modulaire
de production
alimentaire.
MICRO FARM®
DAMIEN CHIVIALLE















Les Vertical Farms
sont pour bientôt















ENTRANGLED BANK
dallas
VERTICAL FARM















Une multitude de projets urbains
de petite échelle















La « ville de béton » décrite par le romancier de science-fiction James Graham Ballard dans les années 70 est pourtant toujours la même : rapide, violente, sclérosée. Les pressions sont énormes, mais la Nature se fait petit à petit sa place.

En 2050 il y aura 9 milliards d’individus, soit cinq fois plus qu’au début du vingtième siècle : parmi eux 80% vivront en ville ! Ces chiffres donnent le vertige. On ose à peine imaginer les besoins d’une telle quantité d’individus dans si peu d’espace. Comment nourrir ces populations ? Comment acheminer leurs besoins quotidiens ? Un véritable casse-tête logistique est à résoudre pour éviter la congestion et la pollution. Pour simplifier le problème, certains vont au plus court et commencent à cultiver directement en centre ville.
La demande n’étant pas un problème pour les agriculteurs urbains, les deux principales contraintes auxquelles ces « urbaniculteurs » seront confrontées sont d’abord de trouver des terrains disponibles, puis des terres non polluées pour cultiver en toute sécurité.

Ce qui est rare est cher


Le premier problème pour les urbaniculteurs est de trouver l’espace disponible. Toutes les villes ne sont pas sur un même pied d’égalité. Quelques unes comme Manchester ou Detroit dites « shrinking cities » perdent leurs habitants et les champs grignotent de nouveau le béton.

Mais plus généralement, le mètre carré se fait de plus en cher en ville et les urbaniculteurs doivent déployer moultes stratégies.
Lufa à Montréal par exemple accorde beaucoup d’importance aux transactions immobilières, loue les toits des immeubles de bureaux et y pose des serres très légères. D’autres occupent les friches de chantier avant la construction, etc. Le phénomène est largement répandu outre-Atlantique et commence à peine en Europe.
Les architectes sont bien sûr de la partie. De véritables tours potagères sont envisagées, l'empilement des étages augmentant la surface de culture et optimisant les dépenses énergétiques. Même si certains projets de fermes verticales restent pharaoniques et imaginaires, on attend les plus raisonnables pour bientôt.

Élargissement du phénomène


Cependant pour aller plus vite que les décideurs et les lourdeurs administratives, de nombreux impatients se lancent eux-mêmes. Simples citoyens, associations, une multitude de projets urbains de petite échelle voit le jour. Par exemple, qu’à Paris la demande est telle que les jardins partagés sont sur liste d’attente ! Heureusement des solutions très simples comme la jardinière souple Bacsac facilitent la création de potagers dans les lieux les plus inattendus : souples, surélevées, verticales, les classiques jardinières testent aujourd'hui d'autres formes car 40cm de terre suffisent pour cultiver et retrouver une terre vivante.

Le phénomène est suffisamment important pour être mentionné : aujourd’hui, les projets domestiques dépassent en nombre les projets professionnels. L’agro-business urbain ne se joue donc pas qu’entre professionnels.

Pourquoi cet engouement ? C’est que la pratique du jardinage (terme suppléé à agriculture puisque les volumes ne sont pas vendus) a aussi des effets indirects. Il est pédagogique pour les enfants, car ces futurs consommateurs veulent savoir comment sont faits les produits qu’ils achètent.

Il est thérapeutique pour les adultes, car il redonne une temporalité biologique à la vie de bureau et favorise la prise de responsabilités individuelles : en effet la Nature ne transige pas, la moindre erreur du jardinier est fatale. En revanche, les cadeaux de Dame Nature sont inégalables et simplement délectables. Bref les vertus de la culture en ville dépassent les simples enjeux d’approvisionnement alimentaire : elle joue un rôle social et politique indéniable.

Bien entendu le web vient accélérer le phénomène et facilite l’échange des informations. Bien dans son époque, les urbaniculteurs savent autant glaner des astuces sur la toile que s’appuyer sur celles des anciens. Révolution écologique et révolution numérique font marche ensemble.

La solution du hors-sol


Les quelques surfaces non bitumées restantes sont souvent contaminées par des siècles d’activités humaines ou qualifiées de « mortes », la biodiversité qui pouvait la renouveler ayant été anéantie. Les urbaniculteurs sont donc obligés d’innover en créant leur propre substrat. Bacs de terre, hydroponie (technique de culture où les racines sont directement dans l’eau), aéroponie (où les racines sont brumisées de solutions nutritives), aquaponie (où la culture de légumes est associée à la production de poissons, cf encadré p.35)… Les technologies actuelles de culture offrent de multiples possibilités pour transformer la ville grisonnante en une cité verdoyante.

Les rendements sont souvent impressionnants à grand renforts d’éclairages, climatisation et intrants chimiques. Mais le phénomène s’accompagne aussi d’une prise de conscience écologique. Il est clair que les générations futures devront produire de plus en plus avec moins.

L’idée est donc d’améliorer les systèmes, de limiter les pertes, boucler le cycle des matières, alterner les cultures, tout en gagnant en performance. Nombre de pratiques ancestrales circulaires sont remises au goût du jour. Les systèmes sont repensés en entier, en ÉCO-systèmes, où même l'activité humaine et le réseau économique sont pris en compte. Cette conception dite de « permaculture » est très présente dans l’agriculture urbaine.
Pour tempérer le phénomène d’agriculture urbaine, on peut rappeler que les villes ne pourront jamais être des campagnes. Certes les mégalopoles dans les pays du Nord seront de plus en plus végétalisées. Mais l’intégration de la Nature en ville reste un phantasme. Les pressions en milieu urbain sont trop importantes. La Nature s’adaptera et prendra d’autres formes que celle en plein champ.
Quant à la vague du green-washing, elle est passée. Plus personne n’est dupe. Les consommateurs sont de plus en plus avertis et regardants. Des marques comme les Jardins de Gally l’ont bien compris, c’est moins le buzz qui compte, que l’accompagnement et le soutien d’initiatives locales.

Le futur attend ceux qui prennent des responsabilités. Les urbaniculteurs ne sont pas les derniers à le savoir !.
La Micro-ferme :
exemple d’une
design story


Emblème des cultures adaptées en ville, l’aquaponie (contraction d’aquaculture et hydroponie) est la culture simultanée, dite en « symbiose » de poissons et de végétaux. L’eau circule en circuit fermé dans ce type de système : les excréments des poissons servent d’engrais aux plantes. Les plantes filtrent à leur tour l’eau, qui revient propre dans le bassin à poissons.

Cette technique permet un gain d’énergie, l’eau étant plus facile à chauffer que l’air, d’éviter l’évaporation, l’eau circulant dans des tubes. Et de rejeter l'eau usée dans l’environnement. En résumé sur une surface très réduite, on arrive à produire légumes et protéines avec très peu de déchets. Légère, l’aquaponie est idéale pour aménager les toits terrasses.

Afin de communiquer ce process au grand public, Urbanfarmers une jeune entreprise spécialisée dans l’aquaponie, a fait appel à la Microferme pour descendre dans la rue : c’est un équipement très simple qui a pour base un container. La serre posée dessus est ainsi protégée. Par ce biais, 60kg de poissons et 200kg de légumes peuvent être produits sur une place de parking. Tout ceci sous le regard curieux des passants.

Show-room des cultures circulaires, deux Microfermes ont été construites depuis 2010, une à Zürich et l’autre à Berlin. Aujourd’hui trois sont à l’étude, à Lisbonne, Paris et Bruxelles, grâce à leur site internet qui les coordonne et les fédère.
Les autres
domaines concernés


— La qualité de la production dépend de la qualité de l’environnement. Introduire de l’agriculture en ville c’est étudier la biodiversité présente. C’est mesurer la qualité de l’eau, contrôler celle de l’air… Bref l’agriculture urbaine exige une ville vertueuse.

— Produire en ville favorise évidemment les circuits courts. La culture de produits ultra-frais et les produits protéinés (à forte valeur ajoutée) seront privilégiés. En revanche tout ne pourra pas être produit en ville. Plus que jamais la ceinture vivrière en périphérie sera mise à contribution. On peut noter l’émergence d’initiatives dans le transport doux comme Marché sur l’eau qui livre sur Paris les produits des maraîchers de Meaux par bateau.

— Le consommateur veut désormais savoir où vont ses déchets. Les urbaniculteurs expérimentent ce gisement. Les déchets organiques végétaux, très lourds dans notre poubelles, peuvent se dégrader sur place grâce au compostage et lombricompostage (technique hors-sol avec des vers). Réduits, ils peuvent ensuite servir d’engrais en ville ou retourner à la terre en périphérie.

— L’énergie est au cœur de toutes productions alimentaires. Les sources locales sont mises en avant : ensoleillement, récupération de chaleur, irrigation par gravitation, etc. Les urbaniculteurs seront aussi associés aux futures centrales énergétiques installées en centre ville. Le tout nouveau Laboratoire d'Urbanisme Agricole travaille en particulier au procédé de méthanisation qui récupère les gaz issus de la fermentation des déchets organiques comme source d’énergie thermique ou même carburant. De l’énergie à partir des déchets agricoles : là encore un challenge de communication pour designer. À suivre.
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