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Et Google créa sa ville brandée...

Publié le 03 mars 2014
Et Google créa sa ville brandée...

En reprenant le bail de l’aéroport de Mountain View, à quelques kilomètres de son Googleplex, le géant confirme sa main mise sur une ville où elle emploie presque 10% de la population active. Les autorités craignent la naissance d’une Googleville. Le flagcity a-t-il trouvé son porte-drapeau ?


Et si les marques passaient du flagship au flagcity ? Dans sa dernière Revue sur le Contact, INfluencia analysait les prémices, dans un article également publié sur notre site, de la ville entièrement « brandée ». Le phénomène n’est peut-être encore qu’un embryon mais Google semble déjà donner raison aux inspirateurs Bikinis et Urban Outfitters. Dans un récent et passionnant article, The Verge lève le voile sur les ambitions immobilières audacieuses de Google, dont le plan (encore inavoué) serait d’étendre sa juridiction de marque sur deux autres villes voisines, Sunnyvale et Palo Alto, via la construction de nouveaux ponts autoroutiers. Le but ? Unifier un espace de travail et de vie quotidienne étalé sur trois territoires administratifs.

 

La multinationale aux 300 milliards d’euros en coffre multiplie les acquisitions foncières et a déjà prévenu que « garder (nos) employés les uns à côté des autres, épaules contre épaules, est un élément clef de (notre) succès », dixit David Radcliffe, vice-président immobilier du moteur de recherche. Googletown est-il en train de naître ? Les autorités de Mountain View s’inquiètent. En reprenant il y a deux semaines le bail pour la location de l’aéroport de la ville, propriété de l’Etat, Google récupère non seulement des hangars à rénover pour son département R&D, pilier de sa croissance. « Tant que ce n’est pas illégal, ce qu’ils font dans les hangars ne regardent qu’eux », commente Deborah Feng de la NASA. Surtout, en s’installant à Moffett Airfield, Google s’arroge des prérogatives qui en disent long sur sa main mise sur Mountain View. Quand le gouvernement fédéral ou de l’état de Californie aura besoin des infrastructures aéroportuaires, c’est Google qui sera aux manettes opérationnelles.

 

 

10% de la population active chez Google

 

Si le nouveau maître des lieux souhaite utiliser l’espace aérien de l’aéroport pour tester ses drones ou d’autres technologies, il lui suffira de disposer d’une autorisation administrative préalable de la FAA. Autant dire que Google dispose désormais de son propre aéroport de 1000 hectares, à quelques kilomètres de son Googleplex. Pour The Verge, « cette nouvelle acquisition pourrait bien être la pièce manquante dont Google avait besoin pour dessiner la ville à son image. » Spécialiste des fusions et acquisitions depuis février 2001 et le rachat du Usenet de Deja, Google est aujourd’hui le premier employeur de la ville. En 2013, le pionnier de la voiture automatique et des lunettes connectées employait 9,7% de la population active et possédait 10,7% des propriétés taxables. Quinze ans plus tôt, la société classée comme la plus innovante du monde en 2014 par Fast Company, s’installait à Mountain View avec moins de 50 salariés. « Ce qui me fait peur, c’est que Mountain View devienne Googleville », confie le conseiller municipal Jac Siegel à The Verge. « C’est une ville contrôlée par Google. La plupart de leurs employés habitent ici, ils donnent le sentiment de faire ce qu’ils veulent. »

 

Depuis plusieurs années, la ville refuse des permis de construire et s’oppose aux plans de son meilleur employeur, que ce soit pour des hôtels ou plus récemment des bâtiments résidentiels, censés héberger les nouveaux et futurs salariés. La crainte de Jac Siegel et ses acolytes ? Celle exprimée par Jeremiah Owyang dans la Revue sur le Contact : « Historiquement, les marques se sont déjà appropriées des villes par le pouvoir économique de leur industrie. L’essor de l’automobile a par exemple fait fleurir des villes entières, mais ça les rend vulnérables car dépendantes d’une seule richesse. Une ville ne peut pas être contrôlée par une seule marque, cela ne la rend pas résistante au temps et au changement. Le risque d’échec est réel.»

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

 

 

Location des différents batiments de Google dans la Silicon Valley ( cliquez sur l'image )












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