On buzze

La rue désormais soumise au vote du grand public

Publié le 20 avril 2011
La rue désormais soumise au vote du grand public

Et si l’on pouvait voter pour les créations artistiques qui méritent de rester sur les murs de nos villes? Le Los Angeles Museum of Contemporary Art a récemment créé la polémique en publiant un communiqué annonçant la prochaine suppression d’une œuvre murale du célèbre artiste Blu…


 

Les réactions ne se sont pas fait attendre et l’association privée MOCA-Latte a décidé de faire réagir le grand public...

 

Faute de valeur de référence autre que lui-même, l’art suit une logique qui ne peut être prouvée mais seulement acceptée sur la base du génie artistique qui “fait époque”. Ainsi, une œuvre d’art est une tautologie, l’artiste déclare que cette œuvre-ci “est” de l’art, c’est à dire une “définition” de l’art. Autrement dit, le fait que ce soit de l’art est un pur a priori.

 

A ce constat, nous pouvons créer une opposition entre art muséal dominé par les mécanismes de la “culture officielle” et l’art urbain qui s’expose à tous. D’un côté, les réseaux de pouvoir économique lient l’art contemporain à tout un ensemble de considérations d’ordre idéologique.

 

De l’autre, le grand public voit émerger dans son monde urbain des œuvres qui posent des questions.  A l’instar de la publicité qui envahit nos rues, le street art fait débat et l’Art ne cesse de voir sa définition évoluer. Grattés, rayés, balafrés, tagués, nos murs deviennent des livres sur lesquels on peut écrire et lire.

 

Entre le «devenir-art» de la publicité et le «devenir-pub» de l’art, il existe tout un ensemble d'interrelations entre le publicitaire et l’artiste qui opèrent sur des registres différents. Mais la question principale n’est pas de savoir si la publicité est un art, ou si l’art peut s’envisager comme publicité (pour l’artiste), mais bien de s’interroger sur le rôle du grand public. On n’a de cesse de répéter que les consommateurs d’aujourd’hui co-construisent les rapports qu’ils ont avec les marques et que ces dernières sont toujours plus attentives aux commentaires de la “foule”. Et si l’on pouvait envisager le même phénomène pour l’art urbain?

 

L’association MOCA-Latte s’est posé cette question alors qu’une œuvre de l’artiste Blu, graffeur et vidéaste italien d'origine bolognaise célèbre notamment pour sa vidéo Muto, était sur le point d’être effacée. Sur le principe du “Like” Facebook, l’association a édité des milliers de stickers pour créer la “Red Sticker Campaign”. L’idée est simple: des autocollants “Approved” ou “Disapproved” sont mis à disposition du public qui peut les apposer sur les oeuvres qu’il souhaite protéger. Les défenseurs de l’Art urbain sont ensuite invités à les prendre en photo et les poster sur le site de l’association (Cf photos ci-dessous).

 

 

               

 

Ainsi, les clichés viennent agrandir une galerie online sur laquelle les internautes peuvent voter pour élire les meilleures œuvres. Autrefois dénuée de tout code, il semblerait que la rue soit désormais normée et soumise au vote du grand public.

 

Alexandre Ribichesu

CELSA - Marketing Publicité Communication

 



TAGS : Blu / MOCA-Latte / Etats-Unis





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