déjà 2012

Après la primaire, les défis de N. Sarkozy

Publié le 19 octobre 2011
Après la primaire, les défis de N. Sarkozy

Après avoir été contraint de laisser la parole à son principal opposant, le président bientôt sortant connait ses adversaires pour la présidentielle 2012. Décryptage de l’année pré-électorale écoulée et anticipation des mois à venir par TNS Sofrès…

 

Au tour de la majorité

 

L’année préélectorale doit faire le tri parmi tous ceux qui pouvaient prétendre participer à la course présidentielle pour ne retenir que les finalistes. Pour l’essentiel, c’est fait. Exit Besancenot, Hulot, Borloo, fin de partie pour Aubry, Royal et les autres candidats aux primaires. La désignation de François Hollande marque la fin d’une période au cours de laquelle le Parti Socialiste aura mobilisé l’attention des commentateurs et suscité l’intérêt des téléspectateurs et des électeurs de gauche dans une France pourtant peu enthousiaste à l’égard des acteurs politiques.

 

La plupart des acteurs majeurs de la présidentielle ayant été désignés, les regards se tournent à présent vers la majorité, parce qu’elle veut reprendre l’initiative après le succès de primaires qui ont permis au PS de redorer son image, et vers Nicolas Sarkozy, qui connaît son principal adversaire pour 2012.

 

La désignation de François Hollande à ce stade de la précampagne dessine clairement les défis qui attendent le Président de la République : atteindre un double objectif, reconquérir des voix à l’extrême-droite et au centre ; répondre à deux questions : en quoi ferait-il mieux que François Hollande et mieux que lors de son premier mandat ; et gérer les deux temps à venir, celui du président et celui du candidat.

 

 

Un double objectif politique, à droite et au centre

 

Le premier semestre 2011 a été marqué par l’ascension de Marine Le Pen aussi bien dans les enquêtes d’intentions de vote que dans les sondages de popularité. Le scénario électoral que dessinent ces enquêtes signifierait la reconquête par la candidate du Front national de l’électorat capté en 2007 par Nicolas Sarkozy.  Si la stratégie de ce dernier consiste toujours à rassembler le plus largement possible au premier tour, il devra contrer cette poussée à sa droite.

 

L’automne qui commence avec la désignation de François Hollande ouvre un autre front. Le candidat désigné le 16 octobre est considéré par les électeurs du centre avec davantage de bienveillance que sa rivale Martine Aubry, et avant sa victoire il attirait davantage que cette dernière les électeurs auparavant tentés par Jean-Louis Borloo, et dans la perspective du second tour les reports des voix de François Bayrou. La « gauche molle » c’est aussi la gauche moins effrayante pour les électeurs centristes. L’avenir de N. Sarkozy passe donc aussi par la reconquête de cet électorat qui a fait défaut à la majorité lors des scrutins intermédiaires et porte un regard critique sur le Chef de l’Etat.

 

 

Une double question : Sarkozy fera-t-il un meilleur Président que Hollande… et que lui-même

 

Peut-on être sûr que le second tour de la présidentielle opposera Nicolas Sarkozy et François Hollande ? Le passé a déjà montré la fragilité des scénarii les plus évidents. Mais on peut être certain que le débat des prochains mois va se construire, et c’est normal, autour du duel qui oppose les candidats des deux principaux partis. Dans cette perspective, Nicolas Sarkozy, président confronté à des records d’impopularité, a face à lui la personnalité la plus apprécié de toutes celles testées dans le baromètre TNS Sofres/Figaro Magazine. Le match de la popularité est mal engagé pour le Président, qui doit déplacer le duel vers un autre terrain : celui de la comparaison non pas entre deux personnalités mais entre deux présidents possibles. C’est sur ce terrain-là que se joue la bataille pour les voix du centre.

 

 

Evolution de la cote de confiance de Nicolas Sarkozy, Baromètre Figaro Magazine / TNS Sofres – octobre 2011

 

 

La reconquête de voix disputée par le Front national suppose de répondre à une tout autre question : pour l’électorat populaire qui avait placé ses espoirs en Nicolas Sarkozy en 2007, les enjeux de 2012 ne se résument certes pas à un choix entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ce qui importe à ces déçus du Sarkozisme, c’est de savoir comment le Président sortant fera au cours de son second mandant ce qu’il n’a pas accompli, à leurs yeux, au cours du premier, et quel espoir il peut incarner aux yeux de ceux qui se disent les plus inquiets de la situation du pays.

 

 

Le temps du Président et celui du candidat

 

A ce double objectif et à cette double question correspondent deux séquences, celle du président et celle du candidat. S’il fait comme ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy annoncera tardivement sa candidature. D’ici là, il est le président d’un pays confronté à de lourdes inquiétudes, en train de voter un budget élaboré dans la douleur, le président d’un pays plongé dans la crise. Pourtant c’est sans doute pendant cette séquence qu’il lui faut convaincre qu’il est et resterait le meilleur pour gouverner dans ces circonstances. L’argument avait été avancé en 2008 et 2009 : « imaginez Ségolène Royal aux prises avec une telle crise !».

 

A présent les Français peuvent imaginer ce que cela donnerait avec François Hollande, et ce dernier a toute latitude pour dire ce qu’il ferait ou  ne ferait pas à la place de Nicolas Sarkozy. La bataille pour les électeurs centristes, attentifs aux enjeux économiques et européens, commence sans doute maintenant.

 

« Au premier tour on choisit, au second tour on élimine». A en croire la veille maxime on peut gagner un second tour sur le rejet de l’adversaire. Lionel Jospin a cependant prouvé qu’on pouvait perdre un premier tour par excès de confiance en sa valeur par rapport à l’adversaire, et par défaut d’incarnation d’un espoir. S’il veut rattraper son retard et l’emporter en 2012, Nicolas Sarkozy ne pourra pas se contenter d’attaquer son adversaire et de restaurer l’image de son bilan.

 

Au moment où il se déclarera candidat et dans la suite de la campagne, il devra aussi incarner un espoir, comme l’ont fait tous ses prédécesseurs, sortants ou non. La reconquête d’un électorat populaire aujourd’hui tenté par la sanction ou l’abstention l’exigera, et ce défi de Nicolas Sarkozy face à lui-même se jouera dans la dernière ligne droite.

 

 

Emmanuel Rivière

Directeur du Département Stratégies d’Opinion de TNS Sofres

 

 



TAGS : Sarkozy / France / Politique





VOUS POURRIEZ AIMER :

Le pari de Sarkozy: un acte lourd de la campagne
Etes-vous de droite ou de gauche… face aux inégalités
Présidentielle: Le Lab 2012 de TNS Sofrès
Vous préférez avec ou sans grâce?




PAS ENCORE MEMBRE ?

Rejoignez-nous et recevez chaque semaine le meilleur d'INFLUENCIA.
C'est rapide et gratuit !





La France sous le choc


« Choc de compétitivité », « choc de simplification », « choc de moralisation », « choc de confiance »... Décidément, tous les problèmes du pays vont trouver, dans le « choc » qui leur est dédié, leur solution immédiate et radicale. Pas « pépère » pour un sou. C’est même du dernier chic. La nouvelle formule magique, en ces temps de crise, ou plutôt la nouvelle « formule choc »… >>>

TAGS : Choc / société


TV INFLUENCIA
BLOG INFLUENCIA

The Olfactive Project, Acte 1 : et si
>>>


11 idées clés pour l'avenir
>>>


Marque contre marque : une certaine
>>>


RUBRIQUES



Réalisation : Agence internet : Novius Paris