Créé en 1998, Sushi Shop a réussi à créer un univers féérique propre à débanaliser les sushis. La marque a beaucoup misé sur l’innovation culturelle pour devenir le symbole du sushi créatif et de qualité. Décryptage par le sémiologue Odilon Cabat et Daniel Bô, Pdg de l’institut d’études QualiQuanti.
Les sushis s’adressent à un public de plus en plus large, d'où un risque de banalisation. Sushi Shop a choisi une réponse haut de gamme notamment en soignant le design. Le logo représente un poisson « dressé », comme on « dresse » une table. Cela marque l’idée de l’attention apportée à la présentation des produits et la mise en valeur du poisson.
La marque a fait appel à Christofle, référence des arts de la table et de l’orfèvrerie pour créer une édition limitée de baguettes en argent, sur lesquelles les clients peuvent graver leurs initiales.
Sushi Shop a aussi collaboré avec Kenzo qui a créé une boîte à sushis qui reprend le thème de la fleur de cerisier, un des symboles du Japon. Ainsi, le luxe incarné par le couturier se mélange à l’esthétique et à l’esprit nippon.
La marque s’est également récemment associée avec le chanteur et designer américain Lenny Kravitz pour commémorer l’ouverture de son premier magasin à New York. Comme Kenzo, il a aussi lancé sa propre sushi box qui a pour thème la Big Apple.
Grâce à cette collaboration, Sushi Shop conquiert désormais le monde, et le sushi devient un accessoire de mode, un produit mondialisé soumis à diverses influences.

Le triptyque luxe, culture urbaine occidentale et esprit japonais développé par Sushi Shop se retrouve également dans le sushi lui-même, à travers le travail produit entre la marque et de grands chefs cuisiniers.
Le très médiatique Cyril Lignac a par exemple introduit le fruit dans les sushis en créant des recettes telles que le California thon cuit/ citron vert/ pomme/ cresson, le California tartare de bœuf à la coréenne/ poire ou encore le maki saumon/avocat/ ananas.
Le chef étoilé Jean François Piège a lui aussi associé son nom et sa réputation en introduisant les goûts de son enfance dans les sushis. Il a ainsi confectionné des Makis comme un taboulé ou des Spring rolls à la mousse de thon.

Si les chefs apportent une note glamour et tendance, la marque crée d’elle-même des recettes qui mélangent le luxe, le Japon et la nourriture occidentale. Les goûts et les ingrédients se mélangent dans un patchwork multiculturel.
Dans la campagne «Compositeur de saveurs» créée par Les gens de l’atelier, les sushis sont utilisés dans des images arcimboldesques pour susciter une féerisation. Chaque création visuelle a été réalisée à partir de vrais ingrédients composés et mis en scène par Stéphane Goddard.
Dessinant un papillon, un cheval ou un crabe, ces visuels poétiques rappellent le conte de fée d’Hansel et Gretel, dans lequel la maison de la sorcière est entièrement faite de pain d’épice, de caramel et de gâteaux.
Pour coller aux tendances écologiques, Sushi Shop se présente comme producteur de sushis eco friendly.
Pour cela, la marque livre ses sushis à domicile, mais sur des vélos. De plus elle communique sur le fait de protéger les ressources halieutiques notamment le thon rouge, espèce très utilisée dans les sushis, mais en voie d’extinction.

SushiShop est ainsi devenu un lieu de capture et de pêche (décrite dans le logo) où viennent se prendre dans ses filets l’esthétique japonaise de Kenzo, la culture urbaine de Lenny Kravitz, l’orfèvrerie de Christofle et l’art culinaire français avec Cyril Lignac et Jean François Piège. Des innovations culturelles qui lui ont permis de devenir le symbole du sushi créatif et de qualité.
Daniel Bô, PDG de QualiQuanti et auteur des sites brandcontent.fr
et Odilon Cabat, sémiologue
Les différents livres blancs de QualiQuanti sont envoyés sur inscription à partir de ce lien.
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