Depuis peu, il ne peut échapper à personne que les entreprises aiment bien mettre en scène leur personnel dans leurs pubs. Le signe de leur volonté de se présenter sous un jour « social » qui, au passage, nous change des ménagères hystériques du Caddy. Le discours est rodé. Par Patrice Duchemin...
Mettre en scène celles et ceux qui « font l’entreprise », c’est les valoriser, faire passer un message « humain » et venir ainsi nous signifier que, quel que soit le secteur, c’est par le service que les différences se feront.
Conséquence : une avalanche de sourires et de déclarations de bonnes intentions. Ici, ce sont d’impeccables garagistes en blouses, là, d’avenants « chargés de clientèle » qui ont toujours une « solution » pour nous, un peu plus loin, de souriantes caissières. Un monde idéal ne manqueront pas de relever certains à qui il sera vite rétorqué que, dans la pub, c’est toujours comme ça que ça se passe...
Mac Do n’a pas échappé à l’exercice. Dans une première série de spots, l’enseigne est d’abord venue nous rappeler que ses équipiers se lavaient les mains très souvent et que les établissements étaient toujours nickels. Puis vint le temps de la récompense. Aujourd’hui, bien que nous soyons en juin, c’est au Noël des équipiers que nous assistons. Un spectacle assuré par les clients eux-mêmes. C’est peu dire qu’ils sont reconnaissants.
Il y a la famille bobo au complet avec ses deux rejetons, très contente d’elle-même avec son air cool et son yukulele. Il y a aussi l’étudiant à sac à dos, modeste et super sympa. Chacun fait son petit numéro sur scène et, comme dans les comédies musicales, tous ceux qui les entourent se mettent soudainement à danser ou à jouer d’un instrument. « Venez comme vous êtes » continue de nous répéter Mac Do, même si, là, on a un peu de mal à saisir le rapport avec des images… Venir se mettre en scène ?? Venir avec son orchestre ??
Quel message nous livre finalement ce spot : que pour les équipiers Mac Do, « faire c’est être » (apprendre des gestes et un métier pour acquérir un statut) alors que, pour leurs clients, « être, c’est faire » (prouver que l’on est cool en improvisant un petit spectacle).
Les employés font et les clients sont. Ainsi va le monde.
Patrice Duchemin / Planning & Tendances
Réagissez sur redaction@influencia.net
|
|

« Choc de compétitivité », « choc de simplification », « choc de moralisation », « choc de confiance »... Décidément, tous les problèmes du pays vont trouver, dans le « choc » qui leur est dédié, leur solution immédiate et radicale. Pas « pépère » pour un sou. C’est même du dernier chic. La nouvelle formule magique, en ces temps de crise, ou plutôt la nouvelle « formule choc »… >>>
Réalisation : Agence internet : Novius Paris