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60 % des Marocains déclarent ressentir un certain niveau de bien-être au travail


Publié le 19/06/2017

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L’Observatoire marocain du Bonheur publie les résultats de la première étude nationale sur le bien-être au travail. Réalisée par le cabinet OpinionWay, elle mesure le niveau de bien-être des Marocains au travail et analyse les raisons de leur ressenti.

 

Lorsque le cabinet OpinionWay a demandé à 1200 travailleurs marocains entre 25 et 60 ans, tous secteurs d’activités confondus, d’évaluer sur une échelle de 1 à 10 leur bien-être au travail, la note moyenne donnée a été de 6,6/10. Avec plus précisément, 46% des Marocains qui ressentent un vrai bien être professionnel (note de 8 à 10) et 36% qui souffrent de manière significative (note de 1 à 5).

 

Et sans surprise, le bien-être au travail est corrélé au métier exercé, à la rémunération et à la zone habitée. Les hauts fonctionnaires du public semblent les plus satisfaits puisque 56% se considèrent heureux au travail (note de 8 à 10) contre 46% en moyenne de l’échantillon. Idem pour ceux qui habitent dans les provinces du sud du Maroc (54%), tandis que ceux qui souffrent d’un « mal-être au travail » sont surreprésentés en zone rurale (50% très insatisfaits contre 36% en moyenne nationale).

 

Et pour autant, les conditions matérielles du bonheur au travail ne semblent pas si déterminantes au Maroc. Près de la moitié des salariés « heureux au travail » n’ont, en effet, pas de raison tangible qui justifie leur bien-être (rémunération, environnement, condition de travail…). OpinionWay le justifie par une « posture mentale » qui exprime une résilience et une conscience de la chance d’avoir un travail.

 

Un autre point d’éclaircissement qu’apporte l’étude touche à la conception marocaine du travail et les facteurs qui impactent son bon déroulement. Les analyses font ressortir plusieurs éléments qui influencent le niveau de bien-être au travail. Dans l’ordre et de manière non exhaustive : la quête de sens, la maîtrise des tâches, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, la rémunération, le manque d’autonomie…

 

 

Les travailleurs marocains répartis en 6 segments

 

Etant donné que la combinaison de facteurs de bien-être et leur importance relative diffère d’une sous-population de travailleurs à l’autre, l’Observatoire marocain du Bonheur a décidé de créer une segmentation des travailleurs marocains. De cette démarche résulte six segments ayant une « recette » du bien-être ou du mal-être spécifique et unique : les résilients (24%), les dévoués en environnement défavorable (14%), les mieux lotis (30%), les désengagés (10%), les revendicateurs salariaux (13%) et les petites mains (8%).

 

Les « résilients » se classent seconds lorsqu’il s’agit du bien-être au travail et premiers en terme de bien-être. Pourtant, ils ne sont nullement nantis et leurs revenus sont plus bas que la moyenne, tout comme leur niveau d’éducation. Ils sont néanmoins satisfaits de leur condition actuelle de travail et y accordent une grande importance, contrairement aux « désengagés ». Ces derniers, plus jeunes que la moyenne, démontrent le plus faible niveau d’engagement envers l’entreprise et leur travail. Ils n’aiment pas leur métier, ne se sentent pas motivés et vivent le travail comme une fatalité. A l’inverse des « résilients » qui se contentent de ce qu’ils ont et de ce qu’on leur donne, les « désengagés » ont des problèmes d’ordre personnel qui impactent leur travail durablement. Ils voient le travail comme synonyme de stress, de souffrance et de mal-être et ont donc une propension supérieure à changer d’emploi par rapport à la moyenne.

 

De leur côté, les « dévoués en environnement défavorable » aiment leur métier et le considèrent utile à la société. Mais ils jugent leur travail comme source de stress et de mal être, à l’inverse des « mieux lotis » qui sont de loin les plus heureux dans le cadre de leur travail et leur vie privée. Tout semble sourire à ces derniers : l’épanouissement professionnel, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, une bonne rémunération et des perspectives d’avenir. Profitant d’un environnement de travail agréable, ils jouissent d’une meilleure ambiance comparée au reste de l’échantillon et connaissent une meilleure croissance de revenus. Les « mieux-lotis » travaillent d’ailleurs moins en moyenne que les autres, contrairement aux « dévoués en environnement défavorable » qui travaillent beaucoup et manquent de moyen à disposition pour exécuter leur travail. Le stress fait partie de leur quotidien, tout comme le manque de reconnaissance et de reconnaissance de la part de leur hiérarchie.

 

Quant aux « revendicateurs salariaux » et aux « petites mains », ils se ressemblent concernant leur faible niveau d’éducation et leurs revenus limités. Mais alors que les « revendicateurs salariaux » refusent de se satisfaire de leur condition de vie et affichent une posture revendicatrice notamment en termes de salaire, les « petites mains » demeurent des exécutants qui ne comprennent pas toujours la finalité de leurs tâches et souffrent de l’absence d’opportunité, d’augmentation et de valorisation. Les deux groupes se retrouvent cependant autour de la crainte de l’avenir et du manque de formation : les « revendicateurs » comme les « petites mains » souffrent d’emplois mal rémunérés et précaires. Cette crainte de ne pas y arriver leur est commune, bien que les " revendicateurs salariaux " ne soient pas résignés et exigent un système plus juste.

 

 

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