Un soleil comme arme de développement


Publié le 28/06/2012

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Mis en lumière par le Tate Modern Museum dans le cadre d'une exposition créée spécialement pour le Festival de Londres 2012, le projet Little Sun est bien plus qu’une conception originale de l’artiste contemporain Olafur Eliasson : en collaboration avec l’ingénieur Frederik Ottesen, le lauréat 2007 du Prix Joan Miro propose une véritable innovation pour changer la vie des "oubliés" du développement.

 

Lampe à consommation durable en forme de soleil, Little Sun fonctionne avec un module solaire monocristallin de 6 x 6 cm. Une fois chargée pendant quatre heures au soleil, elle donne cinq heures d'éclairage et peut constituer une source de lumière pratique, abordable et sûre pour les quelque 1,6 milliards d’êtres humains privés d’accès à l’électricité.

 

 

 

 

« La lumière est une ressource universelle qui conditionne chacun de nos actes et la façon dont ils peuvent se produire. Elle exerce à l’évidence une influence fonctionnelle et esthétique sur nos vies. Little Sun est un projet solidaire », explique sur le site web du projet l’artiste danois, dont l’œuvre a toujours exploré la relation entre nature et technologie. « Little Sun est une petite œuvre d'art qui offre une large portée. Elle regroupe différentes parties de mon travail dans la création d'un concept nouveau et porteur de sens. Une partie de l'œuvre est la lampe elle-même et les activités que la lumière permet de réaliser ; l'autre partie est l'intégration réussie de Little Sun au sein de communautés non connectées au réseau d'alimentation électrique. En bref, son voyage de la production à l'utilisation », développe Eliasson.

 

Présentée par ses créateurs comme fonctionnelle et spirituelle, cette lampe à énergie solaire naturelle peut se targuer d’aider réellement des populations sous développées à cuisiner, se nourrir, lire et écrire. Créatrice d’échanges sociaux et d’opportunités économiques, Little Sun a surtout le mérite de se substituer au pétrole pour réduire de presque 90% les dépenses en électricité d’une famille du Sud. Le tout en fournissant une lumière dix fois plus puissante!

 

 

 

 

Eliasson n’est donc pas loin d’avoir raison lorsqu’il assure que son projet  « répond à la crise de la fin de l’abondance des ressources naturelles ». « La pénurie et l’inégale répartition de l’énergie obligent à reconsidérer le fonctionnement des systèmes qui rendent la vie possible », ajoute-t-il.

 

Soutien quotidien inattendu au développement, Little Sun espère convaincre 250 000 partenaires, distributeurs et utilisateurs jusqu’à fin 2012. L’ambition est de passer à 500 000 en 2013 et carrément à 50 millions en 2020... A suivre.

 

 

Benjamin Adler

 

 

 

 

 

 

 



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