Elections américaines : la démocratie mobile


Publié le 07/11/2012

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Si la crise et la déception quant au premier mandat de Barack Obama renforcent l’attachement des électeurs à la consistance des programmes comme des valeurs des deux candidats, il est certain que leur stratégie de communication “omnicanale” et participative est clé. Les devices mobiles en sont les premières portes d’entrée et de sortie, pour créer et renforcer l’engagement auprès d’eux.

 

Le sien comme celui de ses proches, ou moins proches. Peu de citoyens n’auront pas été sensibilisés à l’évènement. Et à ses enjeux, en jeu. Le jeu justement, a bel et bien été présent : si les élections sont un temps fort marqué de gravité, c’est aussi une grande fête populaire. Populaire comme peuple. Peuple comme Plèbe.

 

 

Des codes politiques en mutation par l’influence de la culture populaire

 

Comment limiter le risque d’abstention auprès d’individus dont les centres d’intérêt sont aussi variés qu’éloignés du tempo électoral ? C’est ici que les marques et les people interviennent, dont l’engagement n’a rien d’étonnant aux USA. La people-politique, et inversement, est monnaie courante. Marques et people font partie de la culture mainstream. Un vecteur d’engagement qu’ont déjà pu expérimenter les électeurs au travers d’opérations intégrant pour la plupart mobiles et réseaux sociaux.

 

L’émergence de ces nouveaux repères culturels accélère l’évolution des codes de l’univers politique vers les codes 2.0. Et la force d’attractivité de ces acteurs culturels périphériques de générer l’intérêt pour le cœur de l’évènement. Plus accessible et engageant donc. Ce qui justifie l’intégration des mobiles dans la stratégie globale des candidats.

 

 

 

 

Des candidats mobiles et donc agiles : la stratégie du terrain par les écrans

 

Pour maintenir l’enthousiasme populaire, les candidats ont mis en place des stratégies intégrant naturellement les mobiles. Il en va de la nécessité de créer, garder et valoriser le contact avec chacun des électeurs.

 

 

 

 

Applications mobile officielles des deux candidats

 

Il s’agit de relever le challenge de la proximité par la personnalisation et le terrain. D’ou l’enjeu des datas. Les super PAC (comités d’action politique) croisent les données et s’appuient sur les mobiles pour affiner leurs messages et les faire porter par des ambassadeurs locaux. Equipés de mobiles, ces citoyens évangélistes reçoivent en temps réel les propositions d’actions militantes géolocalisées et en rendent compte une fois réalisées. Plus arme de main (tendue) que arme de poing (levé), le mobile est au cœur d’une guerre de position dans la conquête des fameux Swing states.

 

 

Le mobile comme catalyseur de leadership

 

Qui plus est, c’est aussi pour les candidats une preuve de leadership et dont les valeurs sont appréciées pour qui souhaite investir la Maison Blanche et redynamiser le “Destin” d’une Nation désenchantée. Les caractéristiques du mobile permettent cet empowerment propre à la démarche du leader.

 

Et par ailleurs, elles réenchantent le sentiment d’appartenance citoyen : outil tant personnel que commun à ses pairs électeurs, il y a dans son usage un sens de la communauté ou chaque membre est un acteur. Les «grand- messes» des candidats sont génératrices de contenus: chacun y va de son application Instagram pour s’approprier de tels instants, plus émotionnels par leur capture et partage. La trace digitale et le passage de proche en proche de l’enthousiasme par la liesse capturée, esthétisant l’instant, font entrevoir la force du candidat. Et cette réactivité influence la ligne éditoriale des évènements terrain et médias.

 

 

Les écrans révèlent forces et failles des candidats …et les amplifient

 

Miroir révélateur de destins, nul doute que le fantasme de l’écran délivrant la vérité participe de la critique instantanée. Les usages de fact-checking sont particulièrement présents aux USA. Pas une déclaration, pas une publicité qui n’échappe à l’œil avisé des citoyens. Et la consommation multi-screen comme la stratégie éditoriale des diffuseurs de renforcer ce phénomène.

 

 

Les réseaux sociaux : alliés des politiques et créateurs de cocktails explosifs

 

Les Américains considèrent la présence du champ politique comme naturelle sur les réseaux sociaux. Ils s’y connectent de plus en plus depuis leurs mobiles tandis que l’open graph et la place accordée par les médias classiques renforcent leur présence. Enfin, les constructeurs mobiles et les développeurs intègrent leur accessibilité à leurs produits et services intensifiant cette réalité.

 

S’ils ne favorisent pas forcément l’adhésion à un programme, du moins peuvent-ils faire pencher la balance pour un candidat plus que pour un autre. C’est par la sédimentation des éléments d’information à portée de leurs mobiles que les électeurs alimentent leur esprit critique. Un gage de liberté ?

 

Le Washington Post intègre la brique sociale à son écosystème et naturellement sur ces applis dédiées à l’événement : applis, site web,…

 

 

Vers la mobile démocratie ?

 

Liberté, action terrain, et effet d’expérience. Le Printemps arabe, mais aussi les mouvements de militantisme LOL qui caractérisent le “néo-militantisme” et qu’on aura vu s’épanouir avec les Anonymous, les Occupy Wall Street, etc. ont renforcé la crédibilité des individus-citoyens dans leur pouvoir de changer les choses.

 

Au-delà d’un militantisme politique, c’est aussi lors des catastrophes naturelles ou encore d’opérations sociétales que les mobinautes ont éprouvé combien leur action individuelle pouvait mener au bien commun comme au bien individuel. Participer ubiquitairement à un grand moment historique : n’est-ce pas aussi élever l’émotion du corps citoyen dans une société qui agit et se regarde via ses écrans ?

 

Nancy Kattau / @brandinmotion

Planneuse Stratégique pour LesNuages

 

Complèment d'informations :

Découvrez l'infographie, " The Mobile Election " réalisée par  Engine Yard

 


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