La vidéo courte anoblie par la BBC


Publié le 23/01/2014

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Pour les patrons de presse, investis dans la refonte sine qua non de leur modèle économique, les progrès technologiques des supports mobiles constituent une opportunité historique de réaliser des économies d’échelle. Il est donc désormais demandé aux journalistes eux-mêmes de capter l’actualité par le prisme de leur téléphone ! Les plates-formes digitales d’édition et de partage de photos et de vidéos vont-elles devenir les supports privilégiés pour approvisionner le contenu de nos médias traditionnels ?

 

Avec son service expérimental Instafax, BBC News apporte une première réponse à cette question légitime. Mais le géant anglais de la production et diffusion de programmes franchit un pas supplémentaire dans l’intégration du social dans les médias : il invite la vidéo de format court au menu de ses canaux d’information. Présenté comme un projet expérimental, Instafax utilise Instagram pour partager des vidéos de 10 secondes et offrir à ses web-spectateurs une expérience plus adaptée aux nouveaux modes de consommation de l’info.

 

L’ambition du service lancé le 16 janvier est louable : vulgariser des histoires a priori complexes pour permettre au plus grand nombre de mieux comprendre l’actualité ! Afin d’atteindre son objectif pédagogique, la BBC a logiquement choisi le format court, dont le pouvoir d’attraction auprès des citoyens curieux est consolidé au fil des études. « Pour l’instant, c’est juste une expérience. Nous sommes heureux de susciter un débat sain, cela nous aidera à prendre une décision sur l’avenir de ce service », a commenté la BBC sur Instafax après la première vague d’utilisateurs.

 

 

La vidéo de format court, le média du futur ?

 

Si ce n’est pas la première fois qu’un mastodonte de l’info explore les valeurs intrinsèques des médias sociaux pour son contenu, l’audience et l’aura de BBC News donnent à la vidéo sociale ses premières lettres de noblesse. Lancé en septembre 2012 et disponible sur iOS et Android, NowThisNews se plait déjà depuis seize mois à réinventer le journalisme 2.0 au travers d'une nouvelle forme d'écriture dédiée à l'information. « Aucun autre acteur du marché ne produit un contenu vidéo exclusivement destiné aux plates-formes mobiles et sociales », résumait il y a deux mois Ed O’Keefe, son rédacteur en chef. Le jour du lancement d’Instafax, INfluencia s’est également intéressé à l’application PeekInTo, qui à terme ambitionne de faire de la vidéo anonyme de 12 secondes un média d’un nouveau genre. Une vraie tendance s’installe, elle fait déjà des victimes.

 

 

Le smartphone remplace les photographes

 

« Un choc visuel. A la place des photos, une série de cadres vides qui créent un espace de silence, assez inconfortable : c’est flagrant, il y a un manque d’information, comme si nous étions devenus un journal muet. Sans le son, sans cette petite musique intérieure qui accompagne le regard. » Les mots sont de l'écrivaine-journaliste Brigitte Ollier et datent du 13 novembre 2013 dans les colonnes de Libération. Pour la première fois de son histoire, le quotidien national sort ce jour là un journal sans la moindre photo. Une action militante pour conscientiser le public sur la lente disparation (programmée ?) de la photographie professionnelle dans nos journaux.

 

Six mois plus tôt, Le Chicago Sun-Times supprimait son service photo pour installer les smartphones de ses journalistes comme les nouveaux princes de l’iconographie. En octobre 2013, l’Atlanta Journal Constitution virait la majorité de ses photoreporters alors que deux semaines après, un quotidien régional de l’Etat de New York, le Times Herald-Record, renvoyait ses quatre derniers photographes. Triste mais inévitable. A chaque média de se réinventer !

 

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdler

 




 

 

 

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