Le talent, nouveau moyen de paiement ?


Publié le 22/12/2013

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« Si l’argent n’existait pas et que nous n’avions que nos talents ? Nous serions tellement plus riches. » John Lennon n’aurait pas écrit mieux. « Imagine » rêvait d’un monde meilleur, sans guerre ni inégalité. Avec The Merit Shop, Daniel Soares, Pedro Sampaio et Joao Stein ne se contentent pas d’imaginer un monde sans monnaie ni transaction financière, ils posent les fondations digitales d’une alternance inédite à l’argent. Dans leur maïeutique d’achat, la créativité est seule reine !

 

Lancée le 17 décembre sur la Toile, la plate-forme permet de payer l’achat d’un produit sans dépenser le moindre euro. Comment ? Simplement en y postant une vidéo You Tube ou Instagram dans laquelle vous mettez en scène un talent particulier, que ce soit chanter, danser, construire un drone, jouer un sketch de one man show ou bien encore écrire un poème ou une chanson. Les trois fondateurs décident des lauréats – « en donnant la priorité à l’authenticité », dixit Soares, et les premiers arrivés sont les premiers servis. Quand on n’a pas de pétrole, il faut bien avoir des idées non ? « Exactement », rétorque Daniel Soares. « Nous permettons avant tout à des gens qui n’ont pas d’argent mais du talent de pouvoir s’acheter des choses qu’’ils n’auraient normalement jamais pu s’offrir », explique Daniel Soares en exclusivité pour INfluencia. La liste des produits disponibles en échange de votre talent  -cela va de la paire de chaussette, à l’iPod en passant par un ballon de football et un jeu vidéo- confirme que le projet reste encore expérimental, « en quête de fonds et d’aides financières comme matérielles », précise Soares.

 

 

Le public a mordu à l’hameçon

 

Mais depuis une semaine, la réaction du public à cet embryon de talent-commerce conforte les trois fondateurs dans la noblesse et l’utilité de leur initiative. « Nous ne voulons pas foncièrement changer le monde mais juste créer un espace sur cette terre dans lequel l’argent ne vaut rien », nous confie Soares, directeur artistique chez AKQA et auteur en septembre de l’exposition photo « NYC: Down To Earth ».

 

« Nous avons commencé Merit Shop comme une expérience sociale et avons été agréablement surpris par la réponse des gens. Plus de 90% des personnes sollicitées dans la rue ont fait quelque chose », poursuit Soares en évoquant la vidéo promotionnelle de lancement, tournée dans un parc de San Francisco. « Pour une barre de chocolat, mêmes les plus introvertis de nature sont devenus des stars devant la caméra. Nous avons alors voulu créer la même expérience sur la Toile, pour changer la routine quotidienne des gens. »

 

Deux semaines après l’idée originelle, The Merit Shop était donc née, sans modèle financier et après avoir coûté beaucoup d’argent à ses trois fondateurs. « C’est le prix à payer pour une bonne action et pour voir autant de sourires sur des visages », justifie Soares. Pour INfluencia, il s’épanche sur la genèse et la philosophie d’un projet qui aura besoin de l’aide des marques pour se développer.

 

 

Un futur Hub pour talentueux anonymes ?

 

« Nous avons réalisé que l’argent est un des principaux responsables des conflits dans le monde. Il le divise en deux, entre les riches et les pauvres, entre ceux qui peuvent consommer et ceux qui ne peuvent que regarder. Si Merit Shop est avant tout destinée aux plus fortunés, elle peut aussi permettre aux plus riches de réaliser que l’argent n’est pas tout. Nous réinventons le concept même de l’argent », nous raconte Soares, qui profite de l’opportunité pour lancer un appel à des éventuels mécènes français : « Si vous voulez faire des dons de produits qu’on peut mettre sur le site, ou juste nous aider en contribuant au développement du projet, envoyez-nous un email (themeritshop@gmail.com) ».

 

Une des prochaines étapes de Merit Shop pourrait également de devenir un hub pour talents, comme a pu l’être You Tube à ses débuts. « Peut-être le prochain Justin Bieber  se révèlera t-il chez nous», s’amuse Soares.

 

En septembre dernier, INfluencia posait déjà son regard sur le changement en cours dans les processus de production et de paiement de nos produits préférés. Désormais le consommateur s’implique dans la marque et peut payer avec son visage ou de simples mouvements de main. Avec Aplomb & The Creative Conspirancy, un nouveau modèle participatif et d’achat a commencé à se construire. The Merit Shop le consolide !

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA
Rubrique réalisée en partenariat avec ETO

 

 


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