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Diouf et Marseille : saga Africa


Publié le 10/05/2018

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Ici, tout le monde l'appelle Pape mais il est né Mababa. Mababa " Pape " Diouf, Marseillais d'adoption, a déjà vécu plusieurs vies en une seule. Retour sur un parcours.

 

 

Lorsqu'il arrive à Marseille à 18 ans, il prend rapidement ses marques dans la cité phocéenne. Journaliste sportif, agent de joueurs, président de l’Olympique de Marseille, homme politique, homme d’affaires... C’est sa ville. Celle où il a tout construit ! " Marseille est une ville de rassemblement. Beaucoup de populations sont venues de différents horizons pour s’y retrouver ", assure-t-il. Sa réussite, il l’a construite de ses propres mains. Pourtant les circonstances ne lui étaient pas favorables. " Il ne faut quand même pas oublier que c’est ici que le Lepenisme a pris racine ", rappelle-t-il.

 

 

Du journalisme sportif au foot

 

À la fin des années soixante, après des études à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, il commence à « piger » pour le journal La Marseillaise. Rapidement, sa science des mots en fait un personnage incontournable de la rédaction qui mise sur son bagout pour rendre compte de l'actualité quotidienne de l'Olympique de Marseille. Mais le jeune africain a des fourmis dans les mains : il veut tout et rapidement si possible. De journaliste, il devient agent de joueurs en fondant, dès la fin des années 80, Mondial Promotion qui gèrera les intérêts de stars du ballon rond. Il accroche Marcel Desailly, Didier Drogba, ou encore Samir Nasri à son tableau de chasse. " Lors d’un jubilé à Dakar, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de joueurs africains. Ils ont tous souhaité qu’à mon retour, je les aide à poursuivre leur carrière. J’ai entendu l’insistance de certains joueurs et j’ai donc accepté d’être leur agent ".

 

 

 

 

 

Il devient le boss du football européen, et sa réputation grandit au même rythme que son appétit. Il vend pourtant ses parts dans Mondial promotion en 2004. Mais un an plus tard, le Pape touche le Graal. Lui, le Marseillais prend en main l'Olympique de Marseille. Il est par la même occasion le premier, et toujours unique, président noir et africain d’un club européen. " Les circonstances m’ont davantage propulsé que la volonté de quelqu’un, même si bien plus tard le propriétaire du club, Robert Louis-Dreyfus n’a pas trouvé à redire sur le fait que je fusse le président ". Même s'il est évincé du club en 2009, il garde une côte exceptionnelle dans le coeur des Marseillais. Aujourd'hui, quand on l’aborde dans la rue, c’est pour lui parler de ses quatre ans à la tête du club phocéen. " Je suis Marseillais et en tant que tel, même si c’est parfois à tort, je suis étiqueté OM et je n’en éprouve aucune honte ".

 

 

Pape Diouf premier supporter de l'OM

 

Evincé de l'OM, retiré des affaires, Pape Diouf n'arrive cependant pas à prendre sa retraite. En 2010, il devient actionnaire de l’European Communication School et de l’Institut Européen de Journalisme, accompagné de l'animateur TV Jean-Pierre Foucault. Plus surprenant encore, le Franco-Sénégalais se présente aux élections municipales de 2014 à Marseille et représente un collectif d’associations écologiques. Il obtient 5,63% des voix. " Cette candidature n’avait aucun sens. Si un Africain, comme moi, a pu se présenter aux élections municipales, c’est parce que j’ai été président de l’Olympique de Marseille ". Aujourd'hui, Pape Diouf vit toujours entre Marseille et le Sénégal où son influence se veut considérable dans le football, jusqu’à résonner dans toute l'Afrique. " Il y a un lien charnel avec les supporters de football africain parce que beaucoup de joueurs africains sont passés par l’Olympique de Marseille ". L’OM, seul club français à avoir remporté la Champions League, " la Coupe aux grandes oreilles ", attire les étrangers. " Je dirais que c’est une manière de rester dans les mémoires, de justifier la bonne image qui entoure le club ".  Un retour à la tête de l'Olympique de Marseille n'est pas dans ses projets, mais il reste son premier supporter.

 

 

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