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Une solution low-tech pour préserver les éléphants


Publié le 23/11/2018

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L’ECV Digital a organisé les 12 et 13 novembre derniers, en collaboration avec la Fondation de Yann Arthus Bertrand, GoodPlanet, la 3ème édition de son hackathon dédié à la cohabitation entre l’homme et l’éléphant. L’occasion pour la jeunesse et des futurs professionnels de se faire entendre avec pertinence sur la problématique globale de la disparition de la faune.

 

 

En ce bas monde, il y a peu de sujets aussi fédérateurs que celui de la préservation des espèces animales en voie d’extinction. Dans le panthéon de celles menacées, l’une d’entre elle fait figure de proue : les éléphants. Sur le continent africain, l’appétit d’ivoire des braconniers a mis en péril, doucement mais sûrement, une espèce qui comptait 5 millions de congénères au début du XXème siècle. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 415 000, selon WWF.

 

Un massacre organisé, n’ayons pas peur des mots, qui a même induit des changement morphologiques préoccupants : dans le plus grand parc national du Mozambique, 32% des femelles pachydermes naissent sans défenses, contre 2 à 4%, il y a à peine 40 ans. Une évolution à facteur humain évident et qui pourrait entraîner des modifications dans la répartition des éléphants dans le paysage, avec à terme des conséquences sur l’écosystème global.

 

 

 


Adopteunéléphant.com

 

Si Dumbo and co doivent se méfier des braconniers, il leur est difficile de se reposer sur l’aide des populations locales, comme le montre la situation au Botswana, mais pour des raisons complètement différentes. Là-bas, agriculteurs et éléphants n’ont d’autres choix que de partager les terres. Malheureusement, ces derniers se nourrissent parfois des récoltes qu’ils trouvent sur leur chemin et les paysans, à court de solutions durables, finissent par les tuer.

 

Pour oeuvrer en faveur de la coexistence entre l’Homme et la faune, l'école ECV Digital a organisé avec la fondation GoodPlanet sa 3ème édition de son hackathon, évènement où des équipes s’affrontent pour créer une solution viable à un problème concret, rebaptisé pour l’occasion HackForPlanet. L’objectif ? Relever un défi technologique et environnemental et développer une solution numérique low-tech adaptée à la problématique posée dans le brief principal : « Comment améliorer la cohabitation entre l’homme et l’éléphant ? ». Des étudiants de l’école ont même pu interviewer Yann Arthus Bertrand, fondateur de GoodPlanet, pour en savoir un peu plus sur les enjeux de l’événement.

 

 

 

 

Une solution numérique durable

 

Près de 300 étudiants se sont réunis les 12 et 13 novembre derniers au sein du domaine de Longchamp pour développer en 48 heures un dispositif capable de s’adapter aux contraintes terrain mais aussi à celles de la population locale au Botswana : peu ou pas d’accès aux outils numériques, analphabétisme, langage local, sécurisation des données de localisation des éléphants…

 

Deux jours intensifs durant lesquels ils ont été répartis en 45 groupes, à raison de 6 étudiants par équipe, afin de travailler sur 4 thématiques définies en amont par les responsables pédagogiques d'ECV Digital : design global, low-tech et langage visuel, Dataviz et sécurité, et innovation et marketing. De plus, ils ont été accompagnés -tout au long de cette aventure créative- de coachs professionnels, reconnus dans ces différents domaines d'expertise. 

 

 

 

 

La ligne d’arrivée 

 

Les résultats sont aussi surprenants que cohérents. Notre coup de coeur, vainqueur du pôle Low-Tech et Langage Visuel : Loriot, un système de messagerie par le biais duquel les agriculteurs informent leurs confrères de la présence d’éléphants dans le secteur. Cerise sur le gâteau : la possibilité pour des opérateurs de collecter les données sur les aller-retour des pachydermes et in fine améliorer leur cohabitation avec leurs voisins. 

 

Le nom des heureux lauréats sont les suivants : Astrid Trinh, Julie Andriamampianina, Etienne Fournier, Thomas Da Costa, Samuel Boucher et Vanessa Gimbert pour le pôle design Global; Samir Lahal, Camille Robert, Bastien Rémaon, Eliott Skrypczak, Kearvina Sohun et Mathilde Faure pour le pôle low-Tech et langage visuel; Mathieu Nibas, Alexis Porraz, Allan Commelin, Ophélie Alzieu, Sylvain Cabiati et Pierrick Sabatier pour le pôle dataviz et sécurité; et Sofiane Leshaf, Sandra Bar Dominguez, Fanny Auagner, Sara Guerreiro et Laetitia Machado pour le pôle innovation et marketing.

 

 

Une faune à préserver 

 

Si le cas -inquiétant- des éléphants mérite toute notre attention, c’est la problématique de la disparition de la faune dans sa globalité qu’il est nécessaire de traiter.  En effet, cette situation est loin d'être un épiphénomène ponctuel comme en témoigne l'ONG WWF qui dans son rapport « Planète vivante » publié le 30 octobre 2018 et mené tous les deux, révèle un bilan alarmant de l'état de notre planète. Avec comme principal enseignement : 60% des populations d'animaux sauvages qui ont disparu de la Terre depuis 1970. Un chiffre encore plus catastrophique en Amérique Latine et dans les zones tropicales touchées de plein fouet par la déforestation, et où le taux de disparition des espèces est évalué à 89%. Un triste rapport, qui s'ajoute à d'autres preuves scientifiques, et qui incite Marco Lambertini, Dg de WWF International, à militer haut et fort pour trouver en urgence « un nouvel accord global pour la nature et les hommes ».

 

Nos amis aux oreilles décollées ne sont donc aujourd’hui que les portes parole des 12 500 espèces menacées et des 2700 autres en voie de disparition ainsi que les garants de la mémoire des 750 disparues. Mais même si le commerce des défenses d’ivoire a été banni en Chine et aux Etats-Unis, ce qui devrait fortement réduire la demande, les éléphants sont loin de pouvoir se promener en toute tranquillité dans les champs de fleurs en écoutant du James Blunt. Aux jeunes générations de leur garantir un avenir un peu plus radieux...

 

 

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