AccueilLA CONVERSATIONSIR MARTIN SORRELL : « JE SUIS ALLé AU BURNING MAN L’ANNéE DERNIèRE ET J’Y RETOURNE CETTE ANNéE… »

Sir Martin Sorrell : « Je suis allé au Burning Man l’année dernière et j’y retourne cette année… »


Publié le 07/07/2015

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Nous avons profité de leur présence aux Cannes Lions pour interviewer, avec TF1 Pub, 19 grands patrons de la com, français et internationaux, de Sir Martin Sorrell himself à Maurice Lévy en passant par Yannick Bolloré, Jean-Marie Dru, Jacques Séguéla, Natalie Rastoin, le duo Stéphane Xiberras et Bertille Toledano, Hervé Brossard, et bien d'autres.

 

Nous leur avons posé trois questions un peu insolites sur la créativité et sur leur créativité, auxquelles ils ont répondu, pour certains, en se livrant avec une étonnante franchise. Après Maurice Lévy et Yannick Bolloré, pour poursuivre cette série de l'été : Sir Martin Sorrell, PDG de WPP, le numéro 1 mondial de la publicité (Young & Rubicam, Ogilvy & Mather, JWT, Grey, Group M...) . Et demain Jean-Marie Dru.

 

Cannes, le samedi matin dernier jour du festival, Sir Martin Sorrell est très détendu. Ok, l'interview est en anglais, mais si vous faites un petit effort vous en apprendrez plus sur un Martin Sorrell qui accorde peu d'interviews et qui pour une fois n'a pas seulement envie de parler business mais aussi de créativité, de ses coups de coeur et de sa famille. Un moment rare à partager. Voici quelques extraits...

 

INfluencia : votre acte le plus créatif ?

 

Sir Martin Sorrell : mon acte le plus créatif ? Il a consisté à donner naissance à mes enfants. Professionnellement mon acte le plus créatif -certains ne seront pas d'accord et diront que c'est le moins créatif- a été de commencer WPP il y a 30 ans avec deux personnes dans une seule pièce et maintenant d'avoir 188 000 collaborateurs dans 11 pays. Et l'une des choses dont je suis le plus fier est que, si une famille moyenne se compose de 3 ou 4 personnes, alors cela veut dire qu'entre 500 000 et 700 000 personnes dépendent de WPP pour leur vie quotidienne. Et c'est un acte drôlement créatif

 

 

IN : un souvenir des Cannes Lions ?

 

Sir Martin Sorrell : la notion de la créativité a évolué. Autrefois la définition de la créativité selon Don Draper et les Mad Men ou Mad Women était beaucoup plus étroite que lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois : des directeurs de la création, des grosses agences de pub situées à Manhattan, des gros budgets, la pub Coca, des films TV de 30 ou 60 secondes… Aujourd'hui la définition est bien plus large, on parle de santé, de datavisualisation... Et quand j'ai demandé à Terry Savage et Phil Thomas (ndlr respectivement le chairman et le CEO desCannes Lions), « si tout cela n'était pas un peu trop gros », ils m'ont répondu que « cela allait devenir encore plus gros »...

 

Les gens pensent que la taille est l'ennemi de la créativité. Je suis allé pour la première fois au Burning Man l'année dernière et j'y retourne cette année. Il y a 80 000 personnes et ce qui est amusant, et qui fait qu'il garde sa créativité c'est parce que c'est de la destruction créative. Tout est brûlé ; à la fin il n'y a plus de traces. Le paradoxe ou l'ironie est que tout ce qui y est créé est brûlé et sa force est que tout doit être créé de nouveau. Peut-être lorsqu’on devient grand, faut-il tout détruire régulièrement pour reconstruire. 

 

Trois changements majeurs se sont produits : la technologie, la data et le contenu. Aujourd’hui si on se promène sur la Croisette, on est entouré -sans doute trop- de sociétés de technologie, je les appelle « les nouveaux groupes medias »

 

 

IN : on vous dit « créativité », vous « nominez » ?

 

Sir Martin Sorrell : mon père car il a fait de son mieux créativement avec ce qu'il avait comme faibles ressources. Ses parents venaient d'Ukraine en 1899 et ne parlaient pas un mot d'anglais. A 13 ans il a dû quitter l'école, vivait dans l'East End De Londres. Il était violoniste, a obtenu une bourse du Royal College of Music. Jusqu'à son dernier jour il pouvait réciter des pages entières de Shakespeare et du Talmud. Mais il n’a jamais eu la chance qu'il m'a donnée, d'aller à l'école ou à l'université.

 

Sur un plan professionnel il y a un petit livre écrit par l'un des fondateurs de J. W Thompson qui explique comment les grandes ides se développent. On peut le lire en 15 minutes. Il parle du processus de créativité. Il dit que si on a une question ou un problème créatif difficile à résoudre, une fois que vous avez ''absorbé'' les idées, les infos, que vous avez lu le brief… vous devez arrêter d'y penser. Vous laissez tout cela au repos dans votre cerveau, et quand vous êtes dans votre bain, une semaine ou quelques semaines plus tard, quelque chose va surgir. Et ce qui est amusant est que c'est ce qui m'arrive vraiment dans ma douche. C'est là que mes meilleures idées -si j'ai des bonnes idées, ce qui est rare- se produisent. Je n'étais pas particulièrement en train de penser à ce sujet mais quelque chose se produit. Est-ce l'effet de l'eau chaude, ou de l'eau froide, ou du shampooing, du fait de se relaxer ? Mais cela marche. Ce livre devrait être obligatoire.

 

 


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