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« Il faut des seniors pour guider les juniors »*


Publié le 27/01/2019

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Leader de l’éducation en postscolaire, SchoolMouv a bouleversé le secteur. Plébiscitée par plus de trente cinq mille enseignants, qui l’utilisent en classe et obtiennent de leurs élèves 99,4% de taux de réussite au BAC, cette plateforme digitale a à sa tête Shannon Picardo, un Toulousain (ambitieux) de 25 ans qui vise le million d’inscrits d’ici à la rentrée 2019. Il avait largué les amarres à 19 ans, et cette pépite n’est certainement que la première pierre d’un bel édifice.

 

 

IN : quels obstacles avez-vous dû surmonter à la création de la start-up en 2013 ?

 

Shannon Picardo : nous avons ressenti, du moins au tout début de notre aventure, un certain scepticisme de la part des parents. En réalité, ce n’était qu’un simple contretemps, car nos élèves sont aujourd’hui nos meilleurs ambassadeurs, qui leur expliquent les avantages de notre offre vidéoludique. D’un point de vue personnel, je dirais que la première difficulté rencontrée a été d’apprendre à manager. Une aptitude loin d’être innée, contrairement aux idées reçues, mais une case essentielle à cocher pour se sentir légitime. Surtout quand on se retrouve confronté à des professionnels plus âgés que soi.

 

 

IN : votre jeune âge a-t-il induit quelque réticence chez vos collaborateurs ?

 

S.P. : non, jamais. Sinon je ne les aurais pas choisis ! (rires) Certains peuvent être un peu étonnés au départ, mais jamais irrespectueux. La plupart des gens savent que l’expérience vient avec le temps, pas avec l’âge. Plus je travaille, plus je monte en expertise. Je peux être jeune et posséder de meilleures connaissances dans un domaine que quelqu’un de plus âgé, car je connais mieux le sujet que lui. La vitesse à laquelle on apprend joue également beaucoup. En bref, notre manière d’évoluer dans nos fonctions parle d’elle-même.

 

 

IN : faut-il assurer l’équilibre entre seniors et juniors dans l’entreprise…ou cette idée est-elle devenue une chimère ?

 

S.P. : les deux profils ont des avantages différents, c’est difficilement comparable. Mais le fin mot de l’histoire est qu’il faut des seniors pour guider les juniors. Une entreprise ne peut pas se structurer uniquement avec des jeunes. Il est important d’avoir un middle management avec de l’expertise afin de motiver les troupes et les faire monter en compétence. Concernant le recrutement de nos 31 salariés, nous avons d’abord mis l’accent sur des valeurs que nous jugeons essentielles telles que la rigueur, la transparence ou encore l’esprit d’équipe. Ce n’est qu’après avoir détecté ce potentiel humain que nous nous intéressons aux compétences techniques. Le salarié idéal possède un bon équilibre entre les deux, mais si nous avons à faire un choix, il se fera toujours sur les valeurs morales.

 

 

IN : de quel constat sur le système français SchoolMouv est-il né ?

 

S.P. : nous voulions combler le vide du postscolaire, les cours particuliers restant peu accessibles, financièrement parlant. Nous nous positionnons donc comme une alternative, un complément, mais pas comme un remplaçant du système éducatif national. C’est pourquoi nous avons choisi la vidéo, qui déclenche chez l’élève un engagement supérieur aux simples cours en ligne.

 

 

IN : votre envie d’entreprendre était-elle antérieure à SchoolMouv ?

 

S.P. : j’ai toujours eu l’envie de monter mon entreprise. Je n’avais pas encore fini mes études que je cherchais déjà des pistes de réflexion à exploiter. SchoolMouv s’est finalement présenté comme le parfait objectif à atteindre pour canaliser mon ambition.

 

 

IN : que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

 

S.P. : je vais continuer à monter en expertise, gagner en maturité et apprendre grâce à de nouvelles situations professionnelles. J’espère en ressortir grandi pour m’éviter de répéter certaines erreurs. Mais qui dit croissance dit également nouvelle structuration à mettre en place, nouveaux process à assimiler, etc.

 

Malgré notre ascension fulgurante, nous sommes loin d’avoir donné le maximum de notre potentiel. Tout ce que l’on peut nous souhaiter, c’est de mener notre navire à bon port sans nous perdre en chemin.

 

*Shannon Picardo

 

 


© DR

 

Cet article a été tiré du numéro 27 de la revue INfluencia : « Les jeunes, génération paradoxe ». cliquez sur la photo ci-dessous pour la consulter. Et pour vous y abonner, c'est par ici.


 


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