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Start-up et investissement : IBM lance Digital Nation Africa


Publié le 11/05/2017

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En attendant que les gouvernements financent des programmes publics pour le développement des compétences digitales, les investissements viennent du privé. IBM en apporte un nouvel exemple révélateur.

 

Avec son marché de 1,2 milliard, sa classe moyenne de 300 millions et ses quelque 200 millions de jeunes entre 15 et 24 ans, l'Afrique charrie son lot de fantasmes, de convoitises et d'espérances. Sur le continent du futur, le taux de pénétration du mobile est de 80%, et "si la TV n'est pas encore dans énormément de foyers, quasi tout le monde possède un smartphone", explique Souleymane Khol, VP Sales marketing distribution & Revenue management d'Accor Afrique et Océan indien, pendant l'African Cristal Festival.

 

Avec 170 millions d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux, la population connectée croit avec des temps de passage historiques. Mais une adoption de la technologie par la masse ne doit pas faire oublier une condition fondamentale de l'excellence digitale d'un continent décidé à rapatrier ses expatriés et à garroter l'hémorragie de la fuite des cerveaux: le développement du savoir et des compétences digitales par l'éducation. En attendant que les Etats comprennent cet enjeu essentiel, les investissements viennent du secteur privé, à l'image du Digital - Nation Africa lancé par IBM en février dernier.

 

Programme éducatif et de développement des compétences faisant partie de l’initiative globale "New Collar Jobs", "Digital - Nation Africa" va investir près de 70 millions d'euros pour le développement des compétences informatiques autour du numérique, du cloud et du cognitif. Sa plateforme d’apprentissage basée sur le cloud d’IBM hébergera des programmes éducatifs gratuits destinés à 25 millions de jeunes Africains durant les cinq prochaines années. "Pour se former sur les technologies de demain, les jeunes  doivent adopter la culture numérique. "IBM Digital - Nation Africa" a cet objectif, mais vise aussi à permettre aux développeurs et aux entrepreneurs d’exploiter le potentiel de la technologie cognitive pour développer leurs projets autour de solutions innovantes", expliquait la multinationale lors du lancement du programme.

 

La plateforme d’apprentissage en ligne sera basée sur Watson, le système cognitif d’IBM qui a la capacité de s’adapter à tout contexte, à apprendre et à interagir avec ses utilisateurs. Le système pourra analyser les profils des utilisateurs afin de leur proposer la formation la plus adéquate, allant jusqu’à adapter les contenus pédagogiques du programme. Watson aura donc une bonne connaissance des informations recueillies à partir des interactions avec les étudiants.

 

 

Un programme soutenu par le PNUD

 

"IBM considère l’enseignement informatique comme un facteur clé du développement économique en Afrique. A travers l’accès aux meilleures pratiques, aux logiciels libres ainsi qu’aux outils et ressources IBM, ce programme permettra de développer des compétences essentielles. Afin de trouver des solutions adaptées aux problèmes de notre continent et assurer sa croissance, les différentes industries doivent doter leurs effectifs des meilleures compétences technologiques", justifie Hamilton Ratshefola, Directeur Général d’IBM en Afrique du Sud. D’ici 2040, l'Afrique aura la plus grande population active au monde, un milliard d’individus, selon le rapport State of Education in Africa 2015. "Pour accompagner la croissance du continent, il est crucial de développer les compétences technologiques et entrepreneuriales locales", estime IBM.

 

Quelles ressources gratuites offrira le programme du géant nord-américain, soutenu par le Programme des Nations Unies pour le Développement ? Des applications mobiles prêtes à l’emploi; des tutoriels et une évaluation en ligne; des volontaires avec la création d’un programme de volontariat pour promouvoir la culture numérique au sein des différentes communautés; et enfin une plateforme marketplace où les nouvelles applications seront disponibles en téléchargement libre ou à la vente.

 

 

Plus de 360 millions d'euros levés par 77 start-ups

 

Présent dans 24 pays africains et installé sur le continent depuis les années 1920, IBM a déjà collaboré avec de nombreuses institutions éducatives afin de fournir des solutions transformatives à haute valeur ajoutée au secteur de l’éducation. L'ancienne première capitalisation boursière mondiale collabore également avec des centaines de start-up à travers l’Afrique autour de ses plateformes cloud et cognitives. En 2016, les jeunes pousses du continent ont d'ailleurs attiré 360 millions d'euros, soit une hausse de 33 % par rapport à 2015, selon le fonds d’investissement Partech Ventures.

 

Dans le même temps, comme le rappelait Le Monde en avril dernier, à l’occasion des Journées nationales des diasporas africaines à Bordeaux, la recherche de financements relève souvent du parcours du combattant pour les start-up africaines. En cause notamment, un secteur bancaire inadapté et un système d’aide à l’innovation à l’état de chantier. "Sur la zone francophone, les taux d’intérêt des prêts consentis par les banques commerciales oscillent entre 10 % et 17 %. Un tarif prohibitif pour les entrepreneurs qui souhaitent passer d’une idée à un produit sans risquer le surendettement. En Afrique, les subventions nationales à l’innovation restent quant à elles très rares et passent, le plus souvent, par des bailleurs extérieurs", écrivait alors le quotidien du soir.

 

 

     

 

 

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